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Cuba : nouvelle Constitution pour étape nouvelle de la Révolution (Article publié dans « La Marseillaise », samedi 28 juillet) L’Assemblée nationale cubaine vient d’adopter un avant projet de réforme de la Constitution promulguée en 1976. Le débat sur le texte a été retransmis en direct à la télévision. Le projet sera discuté lors d’une consultation populaire à travers tout le pays du 13 août au 15 novembre. Puis, après une deuxième lecture, il sera soumis à référendum. A Cuba, il y a une règle : pas de précipitation dans l’action politique. Un conseil que l’on me donnait dans les rues de La Havane sous forte chaleur en m’invitant à marcher moins vite. Pas de précipitation en se concentrant sur l’objectif. La récente réunion de l’Assemblée nationale confirme la règle. Les changements intervenus ces dix dernières années, dans les domaines économique et politique, avec la transmission progressive des pouvoirs aux jeunes générations se prolongent sereinement. Maître mot : évolution. La révolution cubaine évolue à son rythme, prenant en compte les mutations dans la société, les impératifs économiques et le contexte international, le panorama régional ne lui étant pas particulièrement favorable en ce moment. Nous ne vivons plus en 1976 année de la promulgation de la Constitution actuelle et depuis bien des vagues sont venues frapper le Malecon, le front de mer de La Havane. Nous ne sommes plus au début des années 2000 avec l’émergence de chefs d’Etat et de gouvernement progressistes dans plusieurs pays de la région. Nous assistons en 2018, à une violente contre offensive économique, politique, idéologique et médiatique conduite par l’impérialisme nord-américain et ses alliés oligarchiques locaux et un blocus économique US renforcé contre la Grande Ile. Pourtant, malgré les difficultés de tous ordres et les calamités naturelles, Cuba atteint une croissance de 1,1%. Sur quoi vont porter les changements ou plutôt les ajustements constitutionnels ? La propriété socialiste reste la base du système. Dans le même temps, le champ de la propriété privée s’élargit. « L’avance vers la société socialiste » est stipulée sans faire référence à la société communiste comme précédemment. Les libertés et les droits font débat : le droit à l’expression ou à la parole ? Le rôle des médias? Un Etat socialiste de droit avec notamment l’habeas corpus, garantie pour toute personne arrêtée. La légalisation du mariage entre personnes du même sexe. « Chaque Cubain pourra librement exprimer des opinions et contribuer à la réalisation de la nouvelle Constitution qui reflètera le présent et l’avenir de la Patrie, a déclaré Miguel Diaz Canel Bermudez, le nouveau président cubain, lors de la séance de clôture de la session parlementaire. Cuba ne finira pas de nous étonner. Voici un petit pays par la taille et le nombre d’habitants (un peu plus de 11 millions) réussissant, depuis un demi siècle et malgré vents et marées, à résister à la première puissance mondiale et à assurer l’essentiel à ses habitants. L’essentiel, c’est à dire la santé, l’éducation, l’alimentation de base qui manquent cruellement dans de nombreux pays de la région. Fidel Castro avait pour habitude de rappeler qu’une révolution doit être continuellement en mouvement au risque sinon de disparaître. Le débat sur la nouvelle Constitution entre dans ce cadre : un nouveau départ invitant la population à échanger, discuter, enrichir le texte fondamental du pays Qui dit mieux dans la région et… ailleurs ? José Fort Miguel Diaz-Canel, nouveau président cubain : « Avec l’oreille collée à la terre ». L’après Castro est assuré à la Présidence de la République cubaine par Miguel Diaz-Canel. Extraits de son allocution. « Tout ce que nous avons fait ou tenté de faire au cours de ces derniers mois vise l'objectif premier de servir Cuba, avec l’oreille collée à la terre et les yeux grand ouverts avec à l'esprit une phrase prononcée par Fidel en février 1959, lorsque, s'adressant à la population dans un humble village à l'est du pays, il demanda : « Que feriez-vous, vous qui lancez ces revendications, si vous étiez au pouvoir ? (....) résoudre les problèmes vous-mêmes (....) car vous, c’est nous, et nous, qui sommes vous, nous sommes au pouvoir. » Savez-vous quelles étaient les revendications de ce peuple ? Des maisons, des emplois, des écoles, des enseignants, des hôpitaux, des médecins… La Révolution avait à peine un mois que le plan pour faire face à la misère galopante qui excluait des millions de Cubains des avantages élémentaires d'une société moderne était déjà en cours. Tout effort aujourd'hui semble insignifiant face à l'exploit de ces années-là. Le chemin n'était pas pavé de roses. Il fallait le construire, avec tous les risques que cela a comporté de vivre, de travailler et de créer dans un pays qui a grandi sous la menace. Or, nous avons pu le faire. Avec toutes nos lacunes, nos besoins et nos erreurs, nous avons dépassé les pays dotés d’un potentiel économique semblable dans pratiquement tous les indices de développement humain. Et nous allons plus loin ! C'est ce que nous recherchons avec la réforme profonde de notre Constitution, dans l’obligation d’une mise à jour pour renforcer le cadre institutionnel et par là-même notre modèle économique et social. Une heureuse opportunité qui nous oblige à nous repenser en tant que nation et à nous plonger au cœur de nos essences, avec la participation de tous. »

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A l’Elysée, comme une odeur fétide (Ma chronique sur la radio web Radio Arts Mada, tous les lundi entre 19h et 19h30) Beaucoup a été dit sur l’affaire des hommes de Macron déguisés en CRS chargés « d’observer » (on ne rit pas) la manifestation du 1 er mai dernier. Deux choses quand même : la 5 eme République a été gangrénée par de très nombreuses affaires ; il y a aussi comme un loup derrière (ou devant, comme on voudra) la pitoyable brute appelée Alexandre Benalla mais est-ce son nom véritable? Les plus anciens se souviendront de la milice gaulliste au service du général, le sinistre SAC qui associait des gros bras, des truands et des policiers ripoux. Toujours en activité sous Pompidou avec en plus des fichiers où figuraient des milliers de noms de militants de gauche à surveiller, et l’organisation de milices patronales chargées de casser les grèves et d’agresser les leaders syndicaux. Avec, à ce moment là, Raymond Marcellin au ministère de l’Intérieur, spécialiste de la pose des micros notamment au « Canard enchaîné » et l’utilisation de la division III de la police politique DST plus particulièrement en charge de la lutte contre le communisme. Et puis, il y a eu Giscard d’Estaing et son célèbre ami Poniatowski, l’homme des écoutes à grande échelle, spécialiste des coups tordus. Il y a eu aussi Mitterrand et ses gendarmes babys sitters de sa famille cachée chargés d’écouter artistes et journalistes trop curieux, de la misérable opération contre les Irlandais de Vincennes ou encore le coup foireux contre le Raimbo Warrior. Quant à Sarkozy et Hollande, ils n’ont pas dérogé à la règle, l’assassinat de Kadhafi, ou encore la protection accordée un temps à Cahuzac, par exemple. Macron, lui qui se présente comme le président « exemplaire » et « moderne » a été, vite fait bien fait, pris les mains dans le pot de confiture : ses barbouzes en partie élevées dans le poulailler du Parti socialiste et de la police officielle se sont fait prendre comme de misérables abrutis présentant toutes les caractéristiques de tortionnaires en herbe. La barbouzerie ne date pas d’hier et le déjà vieux président ne fait pas mieux que ses prédécesseurs. Mais dans « l’affaire », il y a un loup qui pourrait sortir du bois. Qui est réellement ce désormais célèbre Alexandre Benamachin qui tiendra une bonne place dans les annales des sales types ? Salaire mensuel à l’Elysée : 10.000 euros. Appartement de fonction dans le 7 eme arrondissement de Paris, voiture officielle, accès jusqu’au cœur de l’Assemblée nationale et, tenez-vous bien, passé par la grâce de son maître du grade de brigadier de la gendarmerie à celui de lieutenant colonel le temps d’une signature. Cette affaire montre la réalité de ce pouvoir : arrogant, menteur, menaçant pour les libertés, serviteur de la caste des privilégiés de l’argent, méprisant les catégories les plus faibles et les couches moyennes. Plutôt que d’afficher une « affaire » Benalla ne serait-il pas plus juste d’évoquer une « affaire » du pouvoir macroniste. Car enfin, ces malfaisants présentent un bilan sordide en seulement une année. Vous n’avez pas oublié la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, la hausse de la CSG pour les retraités et la remise en cause de la réversion. Vous avez toujours à l’esprit la scélérate loi travail, les baisses des APL, la hausse du chômage, la privatisation de la SNCF, le plan banlieue enterré, les hôpitaux à la dérive, les barrages privatisés, le service publique de l’audiovisuel au pain sec, « le pognon dingue » versé aux aides sociales. Sans compter la vaisselle de l’Elysée à 500.000 euros, les voyages en Falcon pour effectuer 100 kilomètres, le fric accordé à Mme Brigitte. Allez, j’arrête la liste est trop longue. Me voici pensant au philosophe grec Aristode et à une de ses citations retrouvées dans mon carnet des bons mots. Aristode écrivait : « Ce sont les prétentions excessives et non les besoins nécessaires qui portent à commettre les injustices les plus graves. » Moi qui ne suis pas philosophe, plus prosaïquement, je pense que ce régime faisandé finira en pourrissant comme les melons par la queue et comme les poissons par la tête. José Fort Chanson « Les Barbouzes » par Les Frères Jacque. Les Prix hebdomadaires Le Prix de la suffisance Tandis qu’une pluie de bombes s’abattait sur Gaza la semaine dernière, l’extrémiste Ayalet Shaked, ministre israélienne de la Justice, connue pour avoir préconisé l’extermination des enfants palestiniens (qu’elle appelle les «petits serpents») ainsi que les mères qui les portent a lancé : « Poutine ferait bien de faire ce qu’Israël lui dit de faire. » Rien de moins. Cette ministre ferait bien, elle, de se méfier : s’en prendre à Poutine est beaucoup plus difficile que d’abattre des femmes et des enfants palestiniens sans défense. Chanson « Vladimir » par Soviet Suprême Le prix de la stupidité Décerné cette semaine à la secrétaire d’Etat belge à la lutte contre la pauvreté Zuhal Demir qui a déclaré : « Si les chômeurs ont davantage de difficultés à payer leurs factures, ils redoubleront d’efforts pour trouver un emploi. » On savait les Belges plein d’humour. Pas à ce point. Bon, vous me direz, elle est membre du parti de la droite flamande. On comprend mieux. Cette Zuhal Demir mériterait bien un aller-retour. Pour elle, la chanson « Une bonne paire de claques » Le Prix de la girouette Attribuée sans contestation possible à Mme Aurore Bergé. Cette dame a le sens du vent. Elle a soutenu Copé, puis Sarkozy, puis NKM, puis Jupé pour finir (pour le moment) chez Macron. Elle est porte parole du groupe en marche mais ne pipe pas mot depuis plusieurs jours. A l’Assemblée nationale, ses collègues surnomment le personnage « l’éolienne du faubourg ». Spécialement pour elle, une vieille chanson toujours d’actualité « Girouette » par Georges Chelon

Le foot, la joie et la « sentinelle » (Ma chronique sur la radio web Radio Arts-Mada) Après cette avalanche médiatique à propos de la Coupe du monde de foot, j’ajoute mon grain de sel. Rassurez-vous, je ne vais pas jouer au commentateur d’après match, au technicien du ballon et encore moins rejoindre les dizaines de millions de Français sélectionneurs en herbe. Comme les feux de la fête vont progressivement s’éteindre, je me permets quelques remarques non définitives avant de passer à autre chose. Les Russes peuvent être satisfaits. Organisation parfaite, aucun incident grave, stades pleins, infrastructures de haute qualité, accueil chaleureux avec en prime la montée d’un engouement populaire pour le foot autour d’une équipe en pleine évolution. Les plus anciens se souviendront du célèbre gardien de but à l’époque de l’URSS, Lev Yachine, mais depuis toujours le sport le plus populaire dans ce pays reste le hockey sur glace. J’aime le foot. J’ai vu les principaux matchs. J’y ai pris du plaisir et je partage la joie des Français. J’avoue que je m’étonne, disons plutôt que je m’attriste à la lecture de certaines réactions comparant l’incomparable, pour s’en offusquer, comme par exemple les luttes sociales et les défilés enthousiastes, la passion pour ce sport, son équipe nationale et la sale politique de Macron et ses boys. Le cheminot en grève depuis des semaines et fana de foot mérite-t-il l’opprobre ? Les personnels de santé en lutte pour la défense des hôpitaux et qui entre deux soins jetaient un œil sur les téléviseurs encourent-ils le déshonneur ? Le retraité hier manifestant contre la hausse de la CSG, décrochant son téléphone et fermant sa porte à double tour pour ne pas être dérangé pendant les matchs de l’équipe de France est-il passible du déshonneur ? Une chose consiste à critiquer les dérives du foot business, les dévoiements nationalistes. Autre chose est le rassemblement joyeux dans la célébration du jeu. A propos des dérives chauvines, xénophobes, racistes, un dernier mot sur la géostratégie de comptoir. Ces dernières semaines, une flopée de nouveaux spécialistes en matière de politique internationale est apparue au grand jour, à faire baver diplomates et commentateurs spécialisés. Nous avons entendu sur les radios, à la télé, dans les bistrots et les rues des vertes et des pas mûres. A pisser de rire même si souvent derrière des propos stupides se cachaient autre chose : la propension à cracher sur l’autre. Vous savez, peut être, que dans le jargon théâtrale « servante » est une lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir entre deux représentations ou répétitions. C’est elle qui veille lorsqu’il n’y a plus personne. Cette veilleuse est parfois appelée « sentinelle ». Au lendemain de cette splendide coupe du monde de foot, rappelons-nous qu’une fois les stades vides, nous avons aussi besoin de « sentinelles ». José Fort Sentinelle en corse se dit Sintineddi. Et la chanson « Sinteneddi » est très populaire dans l’île. Voici une version originale interprétée par A.Filetta et Grand Corps malade. La remise hebdomadaire des prix Le Prix de l’immigré refoulé Attribué au maire de Nice, le benêt Christian Estrosi qui annonce un « plan canicule » et dans le même temps ferme les fontaines d’eau dans le centre ville pour éloigner les SDF. Christian Estrosi, c’est le prototype même du fils d’une famille immigrée italienne passée de l’autre côté de la barrière. Souvent ce sont les pires. Une salve d’applaudissements pour l’ancien Sarkoziste aujourd’hui macroniste avant de passer ailleurs, selon le vent. Le prix de l’ivrogne de la semaine Non et non, Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne n’était pas saoul comme une barrique l’autre jour au sommet de l’OTAN. Son entourage, gêné, évoquait une crise de sciatique qui expliquait sa démarche plus que chancelante. Faudrait que le Luxembourgeois fasse attention : ça lui arrive souvent. Allez un petit dernier pour la route en l’honneur du poivrot avec la chanson des alcooliques. Le Prix de la faiseuse Marlène Schiappa s’ennuie ferme dans son ministère. Secrétaire d’Etat à l’égalité entre femmes et hommes, elle passe l’essentiel de son temps sur les plateaux télés à donner un avis sur tout et sur rien sauf sur ce qui devrait l’intéresser, par exemple l’égalité des salaires. Et comme cela ne lui suffit pas, elle joue les journalistes dans Paris Match en interviewant Claire Chazal. La très humble, si, si, la très humble Shiappa commence, dit-on, à sérieusement exaspérer sa majesté Macron Ier. Quelques conseils dispensés par Giedré et sa chanson « Pisser debout ».

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