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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 12:00

 

Dans la chambre 212 de l’hôtel National à La Havane, Michael Mc Lanay, l’homme de main du chef de la mafia New-Yorkaise Meyer Lansky, s’inquiétait. Il était près de minuit ce 31 décembre 1958. Le gangster avait fait son tour de salle au Casino Parisien situé au rez-de-chaussée de l’établissement où les habitués de la haute société cubaine et nord-américaine ainsi que des diplomates et des touristes fortunés se pressaient autour des tables de jeux. Il s’étonnait d’une absence : celle de Santiago Rey Pernas, un ministre de Batista plein aux as, pour lequel un étage était aménagé avec roulette spéciale, filles et alcools à disposition. Michael Mc Lanay tenait de bonne source que les guérilleros conduits par Che Guevara contrôlaient la ville de Santa Clara, les hommes de Fidel Castro encerclaient Santiago de Cuba, ceux de Camilo Cienfuegos s’approchaient de la capitale.

 

Un employé de l’hôtel nettoyait sa chambre. «  Dis-moi Jorge », lui dit Mc Lanay, « tu sais quelque chose » ?  Jorge haussa les épaules, sans piper mot. Le gangster allait bientôt apprendre les raisons de l’absence du ministre, pourquoi serveurs et croupiers échangeaient des propos à voix basse. Un avion venait de décoller de l’aéroport Columbia dans la proche banlieue de la capitale avec à son bord Batista, sa famille et un groupe de ministres et d’officiers. Le dictateur s’enfuyait vers Saint Domingue avec des valises pleines de 45 millions de dollars. Quant aux gangsters, ils convoquaient Jorge. « Nous avons mis le Casino et un compte de 250.000 dollars à ton nom. Garde-nous tout cela au chaud, nous reviendrons bientôt ». Mc Lanay ne savait pas que Jorge était le représentant du mouvement révolutionnaire à l’hôtel National.

 

Quand La Havane se réveille, le 1er janvier 1959, les premiers barbudos de la colonne d’Ernesto Guevara « Che » s’apprêtent à entrer dans la ville. Très vite la foule descend dans les rues, les drapeaux rouges et noirs du moment révolutionnaire font leur apparition. Au même moment, la colonne de Fidel Castro fonce sur Santiago. Une fois en place dans la capitale orientale, Fidel décide de rejoindre La Havane. La ferveur est telle qu’il lui faudra une semaine pour l’atteindre. Tout au long de son périple, la foule l’acclame. Le 8 janvier enfin, Fidel Castro entre dans La Havane. Il a 32 ans.

 

 

Le véritable coup d’envoi de la révolution cubaine remonte à 1953 après le putsch du général Fulgencio Batista renversant le gouvernement de Carlos Prio Socarras. Le 26 juillet de cette année là le jeune Fidel Castro organise l’attaque de la caserne Moncada. Un échec. Quatre-vingts combattants sont tués. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, Fidel rédige « l’Histoire m’acquittera », un plaidoyer expliquant son action et se projetant sur l’avenir de son pays. Libéré en 1955, il s’exile avec son frère Raul au Mexique d’où il organise la résistance à Batista. Son groupe porte le nom « Mouvement du 26 juillet ». Plusieurs opposants à la dictature rejoignent Fidel. Parmi eux, un jeune médecin asthmatique venu d’Argentine, Ernesto Rafael Guevara de la Serna.

 

Le 2 décembre 1956, Fidel Castro monte  une expédition avec 82 autres exilés. Venant du Mexique à bord d’un bateau  de plaisance, le « Granma », ils débarquent après une traversée mouvementée dans la Province Orientale (sud-est de Cuba). La troupe de Batista les y attend. Seuls 12 combattants (parmi lesquels Che, Raul et Camilo Cienfuegos) survivent aux combats et se réfugient dans la Sierra Maestra. Commence alors une lutte de guérilla. Fidel Castro apparaît au grand jour dans les journaux nord-américains et européens, accorde des interviews, pose pour les photographes, parle sur les radios. A Washington, on ne s’en émeut guère lassés des frasques d’un Batista peu présentable.

La guérilla bénéficie d’un fort appui populaire, notamment parmi les paysans. Elle multiplie les actions contre la troupe de Batista, dispose d’un réseau d’informateurs dans les villes. Elle recrute des dizaines, des centaines, puis des milliers de combattants. L’armée du dictateur est défaite tandis que des opérations se développent dans les villes. Le 1er janvier, la colonne du Che entre dans La Havane. La révolution cubaine vit son premier jour.

 

   

 

 

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