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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 12:10

Hugo Chavez, homme de courage qui restera dans la mémoire collective vénézuélienne et plus généralement latino-américaine un des leaders de la transformation sociale, éthique et souveraine, méritait mieux que finir en momie cireuse. Le projet d’embaumement annulé pour – officiellement – des raisons techniques, Chavez repose désormais dans la caserne la Montagne au cœur d’un quartier populaire de Caracas d’où il lança, en 1992, la rébellion pour la libération de son pays et de son peuple relégué alors dans la misère et l’ignorance.

 

Cela me rappelle deux voyages. Le premier à Hanoï devant le corps embaumé d’Ho Chi Minh, ce personnage dont toute la vie a été faite d’abnégation et d’humilité. Avant sa mort, l’oncle Hô avait clairement indiqué à ses compagnons qu’il souhaitait que ses cendres soient dispersées en différents endroits du Vietnam. Ses dernières volontés n’ont pas été respectées.  Le deuxième voyage cette fois à Santa Clara à Cuba pour une visite du monument glacial consacré à Ernesto Guevara. Un ensemble pompeux bien éloigné de la modestie légendaire du Che et son rejet connu de l’apparat qui l’avait entraîné à choisir la lutte armée et la mort.

 

Chavez a échappé à la déification, cette religiosité qui accompagne souvent la mort d’un leader entraînant un comportement figé et sclérosé, la fascination pour le faste et l’imaginaire prenant le pas sur la réflexion et la reconnaissance. Du Vatican au Kremlin, on sait où mène cette religiosité extrême.

 

Chavez n’aura pas à supporter un projet dont la non application ne relève pas seulement de problèmes  « techniques » ou de « retards » à l’allumage de la coopération russo-vénézuélienne en matière d’embaumement. Au dernier moment, des esprits éclairés ont certainement jugé avec raison qu’il est trop facile de se réfugier derrière une momie et qu’il vaut mieux faire vivre les idées de l’homme intègre en poursuivant son combat.

 

L’Huma Cactus 28 mars

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 00:33

 

Ils sont partout. Sur les plateaux de télé, dans les studios des radios, les pages des journaux et les commissions gouvernementales. Ils savent tout sur tout. Ne se trompent jamais, dispensent des conseils, fixent la ligne de conduite. Et lorsque les vents changent de sens, ils s’adaptent quitte à renier ce qu’ils déclaraient quelques semaines auparavant.

La dictature des experts a pris son envol lors de la première guerre du Golfe. Généraux en retraite et anciens des services commentaient une guerre qu’ils ne voyaient pas. Depuis, les « experts » sévissent sur tous les sujets. En matière économique et sociale, ils se taillent désormais la part du lion avec, à quelques exceptions près, un même discours anti syndical et défaitiste.

L’austérité ? Obligé d’y passer. Le déficit ? Les services publics responsables. Le chômage ? Les diktats européens ? La baisse du pouvoir d’achat ? Les inégalités sociales ? Rien d’autre à faire que subir. Voici qu’ils s’occupent désormais des retraites, une dizaine d’entre eux composant la commission « pour l’avenir des retraites » mise en place par le gouvernement.

La logique voudrait que les premiers intéressés, les représentants des salariés, soient au premier rang de la réflexion. L’efficacité supposerait de débattre sans intermédiaire avec les actuels ou futurs retraités dans un esprit responsable. Le respect exigerait que les organisations syndicales constituent l’ossature d’un groupe de travail pouvant bénéficier, bien entendu, de l’éclairage de techniciens de l’économie, de la sociologie, de la santé… L’inverse a été choisi avec une « commission » de notables d’où sont excluent les forces vives de la nation.

La manœuvre n’échappe qu’aux naïfs. Les   « experts » de la nouvelle commission disposent déjà de leur feuille de route : allongement de la durée d’activité avec départ à 67 ans en ligne de mire, désindexation des retraites complémentaires, hausse de la CSG et une première approche – discrète pour le moment – pour aller vers un bouleversement du système et la « retraite par points ». La dictature des « experts » mérite d’être traitée comme n’importe quel abus de pouvoir. Sans pitié.

 

Publié dans « Vie Nouvelle"

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 15:47

Ses obsèques ont eu lieu vendredi dans la plus stricte intimité. Elle avait longtemps été professeur d’espagnol au lycée de Foix et, avec Jean son mari, avait œuvré au jumelage de son établissement avec celui de Lérida en Espagne en plein franquisme. Elle avait souvent séjourné en Amérique du Sud. Au retour, elle publiait ses reportages notamment dans « l’Humanité » et dans «Le Patriote », l’hebdomadaire de la fédération de l’Ariège du PCF. Marie va laisser un grand vide à Foix et à Lamanère son village des Pyrénées Orientales dont elle aimait rappeler qu’il était « le plus au sud de la France continentale ». Marie et Jean formaient un couple mythique dans la région. Leurs élèves, leurs amis et camarades sont dans la peine et tiennent à le faire savoir à notre Jean.

 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 11:07

José Manuel Barroso affichait la semaine dernière une mine renfrognée. Un million et demi de ses compatriotes avaient manifesté dans les principales villes du Portugal contre l’austérité et le diktat européen. Quelques jours auparavant, les Espagnols avaient fait la même chose tandis que les Italiens liquidaient le liquidateur Mario Monti et que les Grecs menaient une fois de plus une grève générale.

Depuis le début de l’année, cet ancien Premier ministre portugais et partisan d’une Europe libérale dure doit assister à une montée en puissance des opinions publiques hostiles à la politique d’austérité décrétée par Bruxelles. Pire, nombre de ses anciens soutiens adaptent leurs discours allant de « on ne peut pas faire autrement » à « on pourrait peut-être laisser filer un peu les délais » des coupes claires en matière de dépenses publiques. Des proches de Jose Manuel Barroso ont laissé entendre qu’en découvrant les images des manifestations au Portugal, le président de la commission européenne aurait piqué une colère. Pas content le Barroso, flamboyant soutien de Bush père lors de la première guerre en Irak et ancien dirigeant dans sa jeunesse d’un groupe maoïste. Il avait choisi cette voie car, disait-il, « les prochinois  étaient les plus anti communistes. »

Vieille rengaine ? La plupart des anciens guerriers de l’ultra gauche européenne, donneurs de leçons révolutionnaires ont tous ou presque fini dans le confort de la bourgeoisie bancaire ou médiatique, en France notamment. Mais avec Barroso l’affaire prend une autre dimension. Le jeune José Manuel a été repéré par l’ambassadeur des Etats-Unis au Portugal, Franck Carlucci, membre éminent de la CIA, au lendemain de la Révolution des œillets. C’est ce Carlucci qui a détecté, financé puis formaté le jeune Barroso. Ces informations ne datent pas d’hier. Mais ne prennent-elles pas aujourd’hui du relief, certains s’offusquant qu’un ancien proche de la CIA puisse diriger l’Union européenne ?

 

José Fort

l'Humanité Cactus mars

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 13:48

Le pape, on vous le dit sur tous les tons, est l'ami des pauvres. Il voyageait en bus et en métro, on lui a payé de nouvelles godasses et un billet de 2 eme classe pour un Buenos Aires-Rome-Buenos Aires. Les réactions se multiplient. Et je comprends parfaitement que certains (comme la direction du PCF,Castro, Maduro) se livrent à des déclarations disons... jésuitiques. Peuvent pas faire autrement au risque d'ouvrir un nouveau front. Mais nous, les irresponsables, rien nous empêche de témoigner et dire qui est ce pape. Un réactionnaire top niveau complice de la dictature que l'on qualifiait il y a quelques jours encore en Argentine comme chef de file de l'opposition à la présidente Cristina Kirchner. Pour une raison simple: la politique de l'Argentine vise à se dégager de la tutelle des multinationales et de l'impérialisme yankee.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 08:20
Envoyé spécial de "l'Humanité" en Amérique du Sud pendant plusieurs années je peux témoigner. Au lendemain du coup d'Etat de Pinochet, j'ai été reçu à l'archevêché de Santiago et j'ai pu constater combien l'Eglise agissait avec humanité pour défendre les persécutés. Pendant la dictature de Videla et jusqu'à Galtieri, à chaque visite, j'ai été proprement jeté (comme les mères de la Place de Mai) de l'archevêché de Buenos Aires. C'était au temps où avec l'aide du désormais pape François, la dictature pourchassait les prêtres prônant la théologie de la libération, où on balançait en mer les prisonniers politiques.
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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 19:25

 

Jean Rivoual est décédé. 

 

"Mes années de navigation ont été pour moi une véritable école de la connaissance», affirmait Jean Rivoual en présentant son livre "Entre calme et tempête, itinéraire d’un bourlingueur engagé". Jeannot, comme on l’appellait du côté de La Ciotat, était un homme discret. Pourtant, il affichait une vie hors du commun. Du mousse sur le Winnipeg au timonier sur le Wyoming, Jean Rivoual pourrait être le héros d’un film d’aventure. La guerre d’Espagne ? Il en était sur les bateaux de France Navigation, chargeant jusqu’à la gueule à Mourmansk les armes pour la République espagnole puis accompagnant 2 000 réfugiés jusqu’à Valparaiso. 

La Seconde Guerre mondiale ? Il en était sur les navires chargés de fuel ou d’armements qui, de New York aux côtes africaines, pouvaient être à tout moment torpillés par les sous-marins allemands. Aux escales, il avait rencontré l’actrice Edwige Feuillère, le boxeur Marcel Cerdan et pas mal de «charmantes jeunes femmes». Puis, la guerre terminée, il a écumé le monde avec à chaque escale un souvenir marquant, au Vietnam par exemple. Jean Rivoual, c’était aussi l’élu des marins CGT, le membre du Parti communiste français qui a payé cher son engagement, notamment aux chantiers navals de La Ciotat.

Avec Jean Rivoual, nous partions en voyage. Du détroit de Malacca à La Nouvelle-Orléans, d’Odessa à Saigon, du siège du comité d’entreprise des messageries maritimes à Paris au comité d’établissement de Marseille. Des anecdotes à foison, une vie intense, une blessure jamais refermée après la mort de son frère fusillé par les nazis, son amour pour Gisèle, sa femme, et sa forte amitié pour ses camarades d’hier et d’aujourd’hui. 

José Fort


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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 11:34

 

L’arrogance d’une frange de l’élite politico-médiatico française n’est plus supportable. Elle vient de s’exprimer à nouveau avec le décès d’Hugo Chavez : un mélange d’inculture, de bêtise et de haine. La politique de Chavez et du Venezuela peut ne pas être partagée. Mais pourquoi tant de mensonges, de violences ? La politique de répartition de la richesse pétrolière est la raison principale de l’hystérique campagne des médias ignorants et des réactionnaires de tous poils.

 

Une dictature ? Quatorze consultations électorales sur quinze remportées par Chavez et ses compagnons. Aucune manifestation de l’opposition réprimée, aucune arrestation. C’est au mois de février 1989 que remonte la dernière répression de masse dirigée par l’ancien président et vice-président de l’Internationale socialiste, Carlos Andrès Perez, lors des émeutes de la faim. Des milliers de manifestants, la plupart descendus des bidonvilles et des étudiants avaient été abattus par l’armée sur ordre du gouvernement de l’époque.  C’est au lendemain de ces événements que le « chavisme » commença à émerger.

 

La presse bâillonnée ? 80% de la presse écrite, la majorité des radios et des chaînes de télévision restent entre les mains de l’oligarchie vénézuélienne.

 

La pauvreté ? Alors qu’elle augmente en Europe et en France, elle a considérablement diminué depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez, selon les chiffres de l’ONU.

 

La santé ? Jamais les couches déshéritées de ce pays n’avait bénéficié de moyens aussi importants pour se soigner.

 

L’enseignement ? L’analphabétisme a spectaculairement reculé depuis dix ans, selon l’Unesco.

 

La solidarité latino-américaine ? Elle s’est déployée avec tous les pays particulièrement avec Cuba, l’Argentine, l’Equateur, la Bolivie.

 

La souveraineté nationale ?  Le pays n’est plus une colonie yankee.

 

La rente pétrolière ? Elle ne va plus dans les  poches de l’oligarchie corrompue mais finance les plans sociaux.

 

Voilà ce que ne disent pas les médias. Voilà ce que combattent les droites françaises et certains caciques socialistes. Un jour viendra où les peuples vénézuélien et latino-américains nous riant au nez diront à la France : gardez votre arrogance nous n’avons pas besoin de vous.

 

José Fort   

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:02

Sortez vos mouchoirs. Gardez votre calme. Contrôlez une possible montée de tension. Attendez-vous  à une nouvelle bouleversante. Stéphanie de Monaco a avoué sur France 5 :   « Nous souffrons de la même manière de la crise. » La fille cadette de Rainier a révélé que le plan d’austérité mis en place dans la principauté provoquera des baisses des dépenses publiques affectant notamment les subventions culturelles. La princesse, celle qui fit, à l’époque, les délices des Inconnus, portait sur son visage les stigmates de la douleur lorsqu’elle a prononcé ces mots qui resteront gravés à jamais dans la mémoire collective de la principauté.

Une première mondiale, sans conteste. Car si on sait tout ou presque des problèmes de cœur et de cul des Grimaldi, la discrétion absolue du clan reste la règle dès qu’on s’intéresse à leur cassette où plutôt au déluge d’argent déversé sur le Rocher. Stéphanie, fine mouche, fait pleurer dans les chaumières. Mais la règle de conduite princière demeure intacte : touche pas au grisbi… de la famille.

La fortune des Grimaldi estimée à un peu plus d’un milliard d’euros s’alimente des commissions versées par les banques bénéficiant de considérables avantages fiscaux, des sociétés anonymes, des immeubles, casinos et jusqu’aux boutiques à souvenirs pour les gogos de touristes. La liste civile – un peu plus de 100 millions d’euros  votée chaque année par le Parlement monégasque – sert  d’argent de poche au clan qui dispose en France de plusieurs propriétés. Belle et généreuse famille dont les racines, dit-on, relèvent de la rubrique des faits divers, certains allant jusqu’à fouiller dans des histoires de cabarets datant du siècle dernier.

Tranquillisez-vous. Pour la famille Grimaldi, comme pour leurs amis exilés fiscaux qui pullulent sur le Rocher ce n’est vraiment pas la crise. Mais prononcer ce mot en ce moment fait chic chez les fortunés en mal d’amour et de reconnaissance.

José Fort

L’Humanité cactus 28 février

 

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 13:56

 

Raul Castro a été réélu, pour un mandat de cinq ans non renouvelable, président du Conseil d’Etat par l’Assemblée nationale cubaine. La plupart des observateurs retiennent cette seule information. Pourtant, l’essentiel est dans le profond renouvellement des institutions cubaines.

Miguel Diaz-Canel (51 ans, ancien ministre de l’Enseignement supérieur) devient premier vice-président. Le Conseil d’Etat a été largement renouvelé avec 54% de nouveaux membres, 42% de femmes et 39% de noirs et de métis pour une moyenne d’âge de 57 ans. Esteban Lozo Hernandez remplace l’historique Ricardo Alarcon à la présidence de l’Assemblée nationale.

Les nouveaux responsables cubains, enfants de la révolution, affichent tous des formations universitaires de haut niveau. Ils sont ingénieurs, scientifiques, intellectuels formés à l’école cubaine. Du top dans leurs domaines respectifs.

Cuba se prépare tranquillement, sereinement aux changements. Les dirigeants historiques de la révolution vont progressivement laisser la place aux plus jeunes. Et peut-être plus vite que l’on croit, Raul Castro (81 ans) déclarant à des journalistes que l’on ne pouvait exclure son départ avant la fin de son mandat.

La nouvelle génération des dirigeants cubains arrive aux affaires. Elle a été soigneusement  préparée pour éviter, selon les «  anciens »  des transitions chaotiques. Ce sont avec ces hommes et ces femmes qu’il va falloir désormais compter.

José Fort 

 

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