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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 18:32

Le goujat, la tambouille et la plus grande fête populaire de France

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h)

 

Le mal élu à la présidence de la République française, 8 Français sur 10 n’ont pas voté pour lui, le déjà défraichi  Macron, peut être assuré au moins d’une chose : il figurera au Guinness des records de la muflerie.

Souvenez-vous de quelques-uns de ses bons mots :

« Si j’étais chômeur, j’essaierai de me battre d’abord » ;

«  Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » ;

Et encore «  femmes illettrées  », « libéralisme valeur de gauche », «  je n’aime pas ce terme de modèle social », «  la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler » et plus récemment « faignants et  cyniques ». Avec une petite dernière sur les «  grincheux ».

 

 J’en arrive à penser qu’en sortant du ventre de sa mère, la première chose que Macron s’est demandé c’est combien de gens il pourrait emmerder au cours de sa vie. Macron est un expert en matière de goujaterie. Pas seulement.

 

Il est aussi le produit de ces « gagneurs », ces «  compétiteurs », bref cette génération accouchée par les banques et la grande bourgeoisie qui lui ont confié trois objectifs : casser les conquêtes sociales au nom de la «  réforme » et du « modernisme », installer durablement l’ultra libéralisme, tenter une opération rassemblant les ventres mous du spectre politique français dans une formation « en Marche » qui bat, déjà, sérieusement de l’aile.

 

Il est aussi le produit d’une stratégie du spectacle de la communication contrôlée au millimètre près frisant le ridicule comme récemment sur l’ile ravagée de Saint Martin. Son entourage avait laissé croire que le président avait dormi sur un lit de camp et s’était lavé avec un seau d’eau, alors qu’il avait  été hébergé et avait dormi dans la chambre d’ami d’une gendarmette.

 

 

Il y a aussi les copains et les coquins à recaser. Dernier exemple, la nomination de  Stéphane Bern à la défense du patrimoine national. Un bouffon de la télévision venu du « Figaro », comme s’il n’y avait pas des spécialistes notamment les architectes des bâtiments de France pour assurer une telle fonction. Mais peut être existe-t-il un lien entre le lourd endettement contracté par M. Bern après l’achat d’un château en Eure et Loir et sa nouvelle mission.

 

Au beau milieu de ce marigot, un moment de fraternité : la fête de « l’Humanité ». Un beau succès cette année, malgré le temps incertain et des mesures d’organisation obligatoires par ces temps troublés. Du monde partout à La Courneuve le week-end dernier. La foule devant la scène centrale, la foule dans les avenues  de la fête, la foule aux dizaines et dizaines de débats. Et retenez bien un fait prometteur : une foule jeune, très jeune.

 

Comment expliquer le succès de la fête de l’Huma  que certains veulent inscrire au patrimoine national. Il s’agit en fait d’un cocktail mêlant la lutte contre les injustices, pour le progrès social et la solidarité internationaliste ; un cocktail aux multiples ingrédients allant de l’envie de faire la fête aux besoins de se retrouver, de dialoguer, de confronter, de s’aimer. Bref, une folle envie de communisme, au sens plein du terme.

Avez-vous remarqué que dans ce rassemblement à plusieurs centaines de milliers de personnes aucun incident n’est à déplorer ? Avez-vous noté que le succès de cette fête repose sur le bénévolat de milliers de militants communistes ? Avez-vous observé que les sans-grades deviennent harangueurs de foules tandis que les intellos s’agrippent aux fourneaux des cuisines ? Avez-vous aussi regretté que d’une phrase banale de Pierre Laurent  sur le thème « personne n’a le monopole de la vérité », une vague médiatico-politico-mélenchoniste ait voulu réduire la fête à leur sport préféré : la tambouille politicienne ?

 

 

 

Le succès de la plus grande fête populaire de France donne des couleurs aux communistes et plus généralement à toute la gauche. Ce qui aurait ravi un de ses fidèles, le regretté Jean Ferrat, dont on ne se lasse pas d’écouter la chanson  « Camarade ». Ecoutons.

 

José Fort

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:05

Cyclone : émotion et interrogations

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h)

 

Les images de Saint Martin, Saint Barthélémy et  de plusieurs autres îles des petites Antilles ravagées par le déchaînement du cyclone Irma confirment l’ampleur du cataclysme. Qui pourraient être insensibles à  ces scènes de  désolation, de désespoir, d’insécurité et  d’abandon ?

 

Le bilan final sera très lourd en pertes humaines et en dégâts matériels. C’est d’abord vers toutes les victimes de ce cataclysme que vont nos pensées et notre solidarité.

 

Le dépassement du traumatisme prendra du temps. La reconstruction aussi. Mais l’émotion ne doit pas estomper quelques questions incontournables. 

 

Alors que le cyclone était annoncé depuis plusieurs jours « ravageur » et «  sans précédent », pourquoi des mesures exceptionnelles n’ont-elles pas été prises avant le déchaînement des éléments ?

Pourquoi les malades, les femmes enceintes, les personnes handicapées n’ont-elles pas été évacuées alors qu’il suffisait de quelques rotations aériennes pour les mettre à l’abri ?

Pourquoi ne pas avoir envoyé des renforts en pompiers, gendarmes, personnels médicaux et de la sécurité civile à temps ? Bref, avons-nous affaire à la tête de l’Etat non pas à des fainéants mais plutôt à des amateurs incapables ?

 

Il faudra aussi interpeller tous ceux qui, à l’instar du mal nommé président, l’ineffable Trump, refusent de reconnaître la nécessité d’une action concertée afin de préserver la planète. Les cyclones ont toujours existé dans les Caraïbes surtout au mois de septembre. Mais la multiplication du phénomène et son intensité dépassent toutes les prévisions. En cause, le réchauffement des mers et de l’air. Si des mesures drastiques ne sont pas prises au niveau de la planète, la planète se vengera.

 

Quant au traitement médiatique, il s’est une nouvelle fois distingué par l’indigence et des«  oublis » ciblés. Haïti et Cuba n’ont pratiquement pas existé, Miami et la Floride restant le point de repère phare.

 

Cuba a subi de plein fouet le cyclone. Vous savez ce pays où les commentateurs occidentaux faisant référence aux décisions officielles n’évoquent pas un « gouvernement » mais un «  régime ». Ce pays depuis lequel en plein milieu de la tragédie une de mes correspondantes écrivait sur internet je la cite:  

 

 

 

 

« Bonjour! L'ouragan Irma continue sa trajectoire destructrice. A La Havane, le vent a commencé à souffler dès 18h vendredi. Au 24e étage, on se serait cru dans un bateau. La télévision informe en continu. Les jeunes journalistes cubains font un travail formidable sur le terrain. Quant à Rubiera, le météorologue, il fait de tous ses auditeurs des spécialistes en météorologie. Je suis devenue incalable sur les hectoPascals et les vents cycloniques. »

 

 

Comment expliquer que contrairement aux autres nations victimes de la fureur de la nature, Cuba n’a eu à déplorer que peu de victimes, une dizaine dit-on ?

Comment expliquer cette spécificité cubaine sans pillage, sans violence ? Elle se résume, selon l’universitaire Salim Lamrani, « en deux phases : la « phase informative » et la « phase d’alerte cyclonique ». Tout d’abord, l’ensemble de la population est parfaitement informée des dangers représentés par les cyclones et les ouragans et sait parfaitement comment réagir en cas d’alerte de la Défense civile. Les médias jouent un rôle fondamental et la discipline sociale des citoyens est remarquable. Dès le déclenchement de l’alarme cyclonique, les autorités organisent minutieusement les déplacements des habitants et des touristes en zone sûre. Rien n’est laissé au hasard. Les services sociaux et les comités de Défense de la Révolution, qui sont présents dans chaque quartier, disposent de listes des personnes à mobilité réduite et viennent à leur secours dans les plus brefs délais. »

Ainsi, plus d’un million de personnes ont été évacuées ces derniers jours en prévision de l’arrivée du cyclone Irma. À Cuba, aucune personne n’est abandonnée à son sort par les autorités.

 

Ce pays d’un peu plus de onze millions d’habitants subit une double peine : le déchaînement des éléments et le blocus économique dont M. Trump vient de signer la reconduction sans réaction indignée de la France, de l’Europe et de leurs soutiers médiatiques. Malgré les énormes dégâts, Cuba digne, rebelle et solidaire vient d’envoyer, au lendemain du passage du cyclone,  par pont aérien, plusieurs centaines de médecins et de personnel médical à Antigua, La Barbade, Saint Kitts, Nevis, Santa Lucia, le Bahamas, la Dominique et Haïti. Qui fait mieux ? Il y a ceux qui parlent, il y a ceux qui agissent.

 

 

En écrivant ces lignes, je pensais à Ernesto Guevara. Il a fait beaucoup de choses  Che. Figurez-vous qu’il a aussi participé aux premières réunions de prévention contre les cyclones et autres ouragans à Cuba au début des années 1960.

L’occasion pour moi de vous annoncer une «première » : le spectacle musical d’une amie de notre radio Mireille Riva. En hommage au Che, ne loupez pas «  Lorsque s’allument les brasiers » qui sera présenté vendredi 15 septembre à 21h à la Fête de l’Humanité sur la scène Jazzhuma. En attendant, je vous propose d’écouter cette version originale de la chanson «  Hasta siempre ».

 

José Fort

 

 

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 23:16

Le docteur Jean-Yves Follézou est mort

 

 

Le docteur Jean-Yves Follézou est décédé  à l’âge de 68 ans dans la nuit de jeudi à vendredi à l’hôpital du Kremlin Bicêtre (94). Breton et très fier de l’être,  ce natif de Guingamp était fils d’une déportée. Le nazisme, le fascisme, la Résistance, l’histoire parfois dramatique de sa famille ont marqué et déstabilisé sa vie.

 

Il aimait rappeler son parcours : fils de gardienne d’école élevé sans père et modestement, il a été un élève et un universitaire de pointe pour devenir  docteur en Médecine puis ensuite Maître en biologie Humaine, Chef de Clinique, Maître de conférences et  Professeur associé à l’Université de Ho Chi Minh Ville et de Phnom Penh. Cancérologue de renom, il avait également travaillé sur le Sida.

 

Jean-Yves était un homme aux multiples facettes. A l’hôpital, le médecin au diagnostic toujours précis et rigoureux cachait une humanité souvent camouflée par une dose de cynisme et un humour pas toujours partagé. Il en voulait à la terre entière et à ses camarades dont il se considérait mal compris ou pas assez apprécié. Mais lorsque chez lui, une fois tranquillisé et revenu à la sérénité, entre deux whisky,  il jouait sur son piano une nocturne de Chopin, alors qu’il n’avait aucune connaissance du solfège, et nous faisait lire sa dernière poésie ou découvrir son dernier tableau, nous retrouvions Jean-Yves celui qui recousait le coup tranché à la machette d’un jeune guérillero sur une route du Salvador

 

Le docteur Follézou a irrité pas mal de gens ici et là. Ils ne percevaient pas la douleur qui minait Jean-Yves depuis son enfance. Nous sommes nombreux à lui être redevables de femmes et d’hommes chers à nos coeurs qu’il a soignés ou accompagnés vers la fin avec une extrême délicatesse.

 

Jean-Yves aux multiples diplômes universitaires avait un rêve : le journalisme. « l’Humanité » lui a souvent ouvert ses colonnes. Il en était fier. Ce soir, ses vieux copains du journal et d’ailleurs le pleurent.

 

José Fort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 18:24

Mercato politico-médiatique

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h)

 

Ce soir, je vais faire dans le people. Ou plutôt dans les copains comme coquins à paillettes. Ceux qui hier aux manettes du pouvoir rejoignent aujourd’hui la sphère médiatique détenue en France par quelques milliardaires. Et oui mes amis, entre ces gens là c’est copains-copains. Au nom du pluralisme, de la démocratie et de l’objectivité, je te passe les plats, tu me les repasseras un peu plus tard.

 

 

Le mercato politico-médiatique semblant en voie de conclusion, je vous propose un premier bilan en m’excusant auprès des quelques postulants braillant encore aux portes des rédactions. Le transfert des politiques de droite, de l’ex PS et des soumis, pardon des prétendus insoumis, a marché à fond au cours de l’été.

 

En tout bien tout honneur, la palme revient à Mme Roselyne Bachelot.

Cette femme à l’approche des soixante dix ans, encore dotée d’attributs que le vaste décolleté de sa robe rose bonbon n’arrive  pas à camoufler des désirs à satisfaire, a su prendre le virage dès 2012. C’est, comme on dit dans le milieu, « une bonne cliente ». Ancienne porte parole de Chirac, devenue ministre, perfide à ses heures elle avait glissé en sortant d’un conseil des ministres : «  le vieux est sourd comme un pot. » Elle sévit depuis cinq ans sur les ondes, donne des conseils y compris pharmaceutiques en oubliant de rappeler qu’elle est  l’origine d’un énorme fiasco en 2011 dans l’affaire des vaccins contre la grippe qui nous a coûté la bagatelle de 350 millions d’euros. Elle sera sur LCI pour commenter l’actualité.

 

Et voici Raffarin. L’ancien Premier ministre, celui qui apercevait «  le bout du tunnel » affirmant  « notre route est droite mais la pente est rude », un interlocuteur privilégié de la Chine, dit-on sans rire sauf à Pékin, perdant sur tous les coups sauf dans l’imitation de son idole Johnny. Il devient « chroniqueur » sur France2.

 

Et voici, Henri Guaino, l’ancien conseiller «  spécial » de Sarkozy, recalé aux dernières législatives, pour qui les électeurs de sa circonscription sont «  stupides à vomir ». Il a choisi Sud Radio.

 

Et voici Julien Dray, l’ancien copain de Mélenchon et toujours celui de Hollande, l’homme aux montres rutilantes, mêlé à des affaires pas trop claires. Destination de l’ancien de SOS racisme : la chaîne LCI.

 

Et voici Mme Garrido. Ancienne du PS, ex-vice présidente de SOS racisme, actuellement porte parole de Mélenchon. Elle sera sur C8, la chaîne de Bolloré, celui qui déclare : «  Je ne mets jamais mes œufs dans le même panier. »

 

Et voici Gaspard Gantzer, ancien conseiller de Hollande et Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture que les intermittents connaissent bien. Ils s’installent sur RTL.

 

J’arrête là.  Sans oublier pour les accompagner deux aigles qui oeuvrent pour favoriser le  développement des intelligences. Je pense à M. Morandini et le spécialiste de l’état permanent d’érection intellectuelle, le sémillant Cyril Hanouna

 

Vous allez me dire, y a pas de quoi rigoler. Vous avez raison. Ces transferts de femmes et d’hommes politiques vers les radios et les télés visent plusieurs objectifs : maintenir en laisse l’information ; la cadenasser avec la complicité de ceux qui depuis des années font l’actualité et ont plongé notre pays dans une montée des profits capitalistes et une descente vertigineuse aux enfers pour des millions de Français au chômage et dans la précarité ; réduire encore plus le pluralisme et la liberté d’expression. Bref, entrer dans la spirale de la dictature éditoriale menée par un petit groupe qui revendique un rôle d’élite.

 

 

L’élite ? Celle qui dirige, rappelons-le, à sa convenance et pour les intérêts de la haute caste avec un saint mépris de ses contemporains. Ces mêmes contemporains qui courent parfois comme des enfants après les hochets qu’on agite devant leurs yeux naïfs avides de rogatons.

 

Alors, question : l’avons-nous dans le ba ba ? Ecoutons Henry Salvador et faites-vous, vous mêmes, votre opinion.

 

 

 

 

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 07:42

Jules Dumont, l’oublié Pourquoi Jules Dumont, croyant pratiquant, militant anticolonialiste, dirigeant communiste, combattant internationaliste en Espagne, résistant de la première heure et fusillé par les nazis, figure-t-il trop discrètement dans les mémoires? Même sa famille a gardé le silence sur ce personnage avant que sa petite-fille, Françoise Demougin-Dumont trouve une lettre de Jules écrite avant son exécution et qui contenait un secret de famille, un « accident » dans la vie d’un couple. L’auteure a « remonté » la vie de son grand-père qu’on lui avait cachée. Jules Dumont, fils d’une famille modeste du Nord de la France, fidèle à Maria jusqu’à la fin de sa vie malgré l’ « accident », ouvrier puis journaliste au « Journal de Roubaix affiche un riche parcours : la dite « Grande Guerre », sa condamnation puis son expulsion du Maroc, son combat contre la colonisation en Ethiopie, la guerre d’Espagne (colonel Dumont dans les Brigades internationales) et enfin la Résistance jusqu’à son exécution au Mont-Valerien et sa dernière lettre : « Je sais au moins pourquoi j’ai souffert et pourquoi je vais mourir, tant d’autres souffrent et meurent sans savoir pourquoi. » « En un sens, la vie de Jules fut une tragédie », écrit sa petite fille. « L’accident » familial, ses luttes, sa mort ? Certainement, mais cela ne suffit pas. Le PCF lui confia en 1940 les éditions communistes clandestines. Il participa à une rencontre avec Otto Abetz représentant de l’armée d’occupation. C’est certainement cette entrevue dont il n’était pas directement responsable qui lui a valu un temps d’être soupçonné. Après six mois de « vérification », Jules Dumont repris des responsabilités dans la Résistance, notamment dans le Nord. Arrêté, torturé, avant d’être fusillé, il écrivit à sa famille : « Je vais tomber comme un soldat, sans peur et sans reproche, que cela au moins vous réconforte. Vive la France. » Françoise Demougin-Dumont s’interroge : « Pourquoi le PCF ne fit-il pas de Jules un de ses martyrs ? » Elle évoque plusieurs raisons: le passé catholique, voire colonial, son rôle dans la demande de reparution de « Ce Soir », la chute d’une cache d’armes. Les deux dernières hypothèses semblent plausibles. Pas les deux premières, l’auteure ne connaissant peut-être pas suffisamment l’action des communistes en direction des catholiques et contre le colonialisme. Jules Dumont reste une figure du combat libérateur. Grâce à sa petite-fille, justice est rendue. José Fort « La promesse de l’oubli, mon grand-père Jules Dumont ». Editions Tirésias-Michel Reynaud. 127 pages. 13 euros

Jules Dumont, l’oublié

 

Pourquoi Jules Dumont,  croyant pratiquant, militant anticolonialiste, dirigeant communiste, combattant internationaliste en Espagne, résistant de la première heure et fusillé par les nazis, figure-t-il trop discrètement dans les mémoires? Même sa  famille a gardé le silence sur ce personnage avant que sa petite-fille, Françoise Demougin-Dumont trouve une lettre de Jules écrite avant son exécution et qui contenait un secret de famille, un «  accident » dans la vie d’un couple.

L’auteure a «  remonté » la vie de son grand-père qu’on lui avait cachée. Jules Dumont, fils d’une famille modeste du Nord de la France, fidèle à Maria jusqu’à la fin de sa vie malgré l’ « accident », ouvrier puis journaliste au «  Journal de Roubaix affiche  un riche parcours : la dite «  Grande Guerre », sa condamnation puis son expulsion du Maroc, son combat contre la colonisation en Ethiopie, la guerre d’Espagne (colonel Dumont dans les Brigades internationales) et enfin la Résistance jusqu’à son exécution au Mont-Valerien et sa dernière lettre : «  Je sais au moins pourquoi j’ai souffert et pourquoi je vais mourir, tant d’autres souffrent et meurent sans savoir pourquoi. »

 

« En un sens, la vie de Jules fut une tragédie », écrit sa petite fille. « L’accident » familial, ses luttes, sa mort ? Certainement, mais cela ne suffit pas. Le PCF lui confia en 1940 les éditions communistes clandestines. Il participa à une rencontre avec Otto Abetz représentant de l’armée d’occupation. C’est certainement cette entrevue dont il n’était pas directement responsable qui lui a valu un temps d’être soupçonné.

Après six mois de « vérification », Jules Dumont repris des responsabilités dans la Résistance, notamment dans le Nord. Arrêté, torturé, avant d’être fusillé, il écrivit à sa famille : « Je vais tomber comme un soldat, sans peur et sans reproche, que cela au moins vous réconforte. Vive la France. »

Françoise Demougin-Dumont s’interroge : «  Pourquoi le PCF ne fit-il pas de Jules un de ses martyrs ? » Elle évoque plusieurs raisons: le passé catholique, voire colonial, son rôle dans la demande de reparution de «  Ce Soir », la chute d’une cache d’armes. Les deux dernières hypothèses semblent plausibles. Pas les deux premières, l’auteure ne connaissant peut-être pas suffisamment  l’action des communistes en direction des catholiques et contre le colonialisme.

Jules Dumont reste une figure du combat libérateur. Grâce à sa petite-fille, justice est rendue.

 

José Fort

 

« La promesse de l’oubli, mon grand-père Jules Dumont ». Editions Tirésias-Michel Reynaud. 127 pages. 13 euros

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 18:41

Les mots et la réalité

 

 

(ma chronique sur Radio Arts-Mada en direct tous les lundi à 19h)

 

Vous n’avez pas pu échapper ces derniers jours au matraquage médiatique à propos de la prétendue « communauté internationale », la « démocratie », la « générosité » et le « terrorisme ».

 

 

Communauté internationale ?

 

 

Mais que fait la « communauté internationale » ? Face au spectacle chaotique du monde, cette question est reprise à l’infini par les commentateurs paresseux. Réponse: rien. Comment pourrait agir une communauté internationale qui n'existe pas ? L'expression « communauté internationale » est tellement courante, écrit Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, qu'elle en est presque devenue « un tic de langage dans les médias, la classe politique, les ONG et les communiqués des sommets multilatéraux… Pourtant, elle correspond bien peu à la réalité. »

Moi, je vous le dis sans détours : la dite «  communauté internationale », dans les faits, ce sont les Etats-Unis et leurs alliés.

 

 

Démocratie ?

 

Ah, combien ce mot est utilisé à longueur d’antenne. C’est quoi cette « démocratie » que Trump, les dirigeants européens et la fausse gauche française aimeraient exporter à Caracas et ailleurs ?

 

Celle qui permet d’élire des dirigeants à coups de millions de dollars ou d’euros soutenus par une presse propriété de l’oligarchie, le pluralisme, dans les faits, jeté aux orties ? Celle qui en France permet d’élire un Président par défaut, 8 électeurs sur 10 n’ayant pas voté Macron ou encore celle qui a permis à Trump d’être élu par seulement 28%  des électeurs ?


Mais puisque la démocratie est proclamée et exigée avec tant d’ardeur, observons ce qui se passe dans certains des pays d’Amérique du Sud ceux qui de manière frénétique réclament le respect de la démocratie au Venezuela.

 

Au Honduras, le président Juan Orlando Hernández a annoncé qu’il cherchait à obtenir un nouveau mandat aux élections de 2018. Or, la constitution du Honduras interdit à toute personne ayant été chef de l’État d’occuper à nouveau cette charge. Faut-il rappeler que le parlement du Honduras a destitué  le président Zelaya en Juin 2009 pour avoir proposé une consultation populaire sur la possibilité de changements constitutionnels ? Au Honduras, sans que cela provoque des réactions, près de 300 syndicalistes, militants de gauche et écologistes, étudiants, journalistes, et avocats ont été assassinés ces dernières années.

 

Au Paraguay – autre pays promoteur de sanctions contre le Venezuela – la réélection y est aussi interdite.  Et pourtant une majorité de 25 sénateurs ont approuvé un projet d’amendement constitutionnel qui la rendrait possible. Selon le journal « La Nacion », la session durant laquelle la proposition a été adoptée a eu lieu en catimini dans un bureau pour éviter l’opposition du président du Sénat dans l’enceinte du congrès. Le même groupe a modifié le règlement interne de la chambre pour permettre que n’importe quel projet de loi soit rapidement approuvé.

 

Au Brésil, plusieurs centaines de députés qui ont voté la destitution de Dilma Rousseff sont actuellement poursuivis pour corruption tout comme l’actuel Président.

 

 

Et ce Mexique qui ose prononcer le mot «  démocratie »  alors que les violations des droits humains atteignent des sommets, que la corruption politique maintient au pouvoir des féodalités assassines.

 

Et que dire de l’Argentine de Macri qui gouverne avec des décrets ignorant les lois en vigueur en manipulant la justice pour écarter les candidats dangereux comme l’ex présidente Fernández de Kirchner. Un dossier similaire à celui utilisé au Brésil pour éviter que Lula puisse être candidat en 2018.

Ce sont ces pays là qui osent parler de «  démocratie » et faire la leçon au Venezuela. 

 

Enfin, que dire des Etats-Unis, défenseur à feu et à sang de « l’ordre démocratique » : les pays que ce pays a bombardé, en Irak par exemple, sont en ruine et dans le chaos absolu.

Aux Etats-Unis, le trafic d’influence est légal. Les groupes de pression des grandes sociétés sur les parlementaires sont une pratique courante. De la même façon, l’argent investi dans l’un ou l’autre candidat présidentiel détermine quel est l’aspirant le plus indiqué pour défendre les intérêts du patronat.  Et que dire aussi, des Noirs tirés à vue par la police, des manifestants antiracistes tués ou poursuivis? Ce pays a-t-il le droit de donner des leçons de «  démocratie » ?

 

A propos de démocratie, je vous propose d’écouter les notaiRes chanter «  Dans ma démocratie ». Ecoutons.

 

 

 

 

 

 

 

 

Générosité ?

 

Elle existe bel et bien. Mais généralement ce sont les plus humbles qui font preuve de générosité.  Un exemple parmi tant d’autres.

 

Le célèbre footballeur riche à ne plus savoir qu’en faire, Léo Messi s’est marié il y a quelques semaines à Antonella Roccuzzo à Rosario en Argentine. À cette occasion, le couple avait demandé aux 260 invités, parmi lesquels figuraient de nombreuses stars de la chanson, du cinéma, des sports, de la finance et de la politique de ne pas leur faire de cadeau, mais plutôt de verser un don à une œuvre de charité, l'association Techo qui construit des hébergements d’urgence pour les défavorisés en Argentine.

 

Bilan de la soirée 200 000 pesos soit seulement 9 500 € (36,50 € par invité). Une somme qui fait scandale en Argentine car jugée ridicule compte tenu du statut des invités. Le quotidien argentin « Clarin » souligne que le footballeur Gerard Pique et son épouse la chanteuse Shakira, ont dépensé ce soir-là 15 000 dollars au casino qui était spécialement réservé pour les invités

 de la noce.

 

Terrorisme ?

 

Faudra-t-il encore longtemps, comme après le carnage de Barcelone, pleurer les victimes du terrorisme? Ecrire les mêmes mots de dégoût, de colère, de tristesse? Prononcer les mêmes discours? Suivre les mêmes émissions spéciales rabâchant les mêmes infos provoquant le phénomène de mimétisme chez des déséquilibrés, comme à Marseille ce matin? Entendre des commentaires insipides? Organiser des cérémonies sans lendemain?
 

Combattre les intégristes assassins, les mettre hors d'état de nuire est une priorité. Mais est-ce seulement ainsi qu'il faut agir? Les seuls Etats-Unis ont dépensé 17 milliards de dollars en bombardements et actions militaires diverses dans la région au titre de combats entre les djihadistes. Combien les Européens? Pour quel résultat? Ces sommes colossales n'aurait-elles pas été mieux utilisées pour l'éducation, la santé et la sécurité des populations asséchant ainsi le terreau dont se nourrit le terrorisme ?

 

Pour terminer, un peu d’optimisme avec Enfantastiques et une
chanson extraite de l'album « Elle me plaît bien comme ça la France » qui contient 16 chansons sur les thèmes de la citoyenneté, la laïcité, l’éducation, la liberté d’expression... Elle est interprétée par 500 élèves d'écoles élémentaires. Ecoutons.

 

José Fort

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 15:15

Faudra-t-il encore longtemps pleurer les victimes du terrorisme? Ecrire les mêmes mots de dégoût, de colère, de tristesse? Prononcer les mêmes discours? Suivre les mêmes émissions spéciales rabâchant les mêmes infos provoquant le phénomène de mimétisme chez des déséquilibrés? Entendre des commentaires insipides? Organiser des cérémonies sans lendemain?
 

Combattre les intégristes assassins, les mettre hors d'état de nuire est une priorité. Mais est-ce seulement ainsi qu'il faut agir? Les seuls Etats-Unis ont dépensé 17 milliards de dollars en bombardements et actions militaires diverses dans la région au titre de combats entre les djihadistes. Combien les Européens? Pour quel résultat? Ces sommes colossales n'aurait-elles pas été mieux utilisées pour l'éducation, la santé et la sécurité des populations asséchant ainsi le terreau dont se nourrit le terrorisme ?

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:41

Venezuela : plus les jours passent…

 

 

Plus les jours passent, plus les menaces nord-américaines et celles de leurs relais locaux s'accumulent sur le Venezuela dont - faut-il le rappeler- le président a été élu par une majorité d'électeurs, plus je pense qu'il faut tout faire pour éviter le renouvellement de l'expérience chilienne. Jusqu'au bout le président Allende a joué la carte institutionnelle. Jusqu'au bout, il a cru en la bonne foi du chef de armées, le sinistre Pinochet. Jusqu'au bout, il a cru que les Etats-Unis n'interviendraient pas. Jusqu'au bout, il cru que la solidarité internationale se manifesterait pour éviter le putsch. Jusqu'au bout, avec en fin de parcours, le coup d'Etat, la répression, des milliers de morts et de disparus, le pays plongé pendant des décennies dans la terreur fasciste. L'heure n'est pas (et de quel droit en France?) de regretter des " erreurs" ou des " dérives" du gouvernement Maduro. L'heure est à dire haut et fort  « non » à une possible intervention impérialiste, « non » à une oligarchie revancharde et « oui » à la solidarité sans réserve avec les progressistes vénézuéliens qui ont commis le « crime » de s'inscrire dans une autre perspective que la voie de l'exploitation et de l'abandon de la souveraineté nationale.

 

José Fort.

 

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 20:31

Venezuela : la grande manip

 

 

 

 

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

 

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne.

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

 

Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

 

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

 

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

 

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.

 

José Fort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 20:30

Emission spéciale sur Radio Web Arts Mada

 

Mardi 8 août de 19h à 20h

 

Venezuela, d’autres voix

 

Avec en direct

 

Pierre Barbancey, grand reporter, envoyé spécial de «  l’Humanité » à Caracas.

 

Jean Ortiz, universitaire, journaliste, spécialiste de l’Amérique latine. Vient de faire paraître « Vive le Che »

 

Bassirou Diara, homme politique malien, journaliste, la voix de l’Afrique, depuis Niamey

 

Et José Fort, journaliste

 

Radio Arts Mada sur un simple clip internet.

 

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