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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 22:54

Donald Trump est-il fou ? Ma chronique sur Radio Arts Mada (tous les lundi, en direct, à 19h) Cinglé, le président des Etats-Unis? Des psychiatres nord-américains posent publiquement la question. Plusieurs journaux, à l’instar du « New York Times » laissent entendre que l’homme serait dérangé. Il faut bien reconnaître que le personnage prête à ce genre d’interrogations : comportements étranges, approximations permanentes, sorties médiatiques souvent incompréhensibles, et un entourage recruté dans les mouvements sectaires. Trump, fou ? Telle n’est pas mon opinion. Donald Trump n’est pas fou. Il est plutôt le reflet d’une partie de la société nord-américaine, celle de l’argent, du racisme, du sexisme, de la vulgarité, de l’ignorance, bref celle de la bêtise, comme celle que chantait Jacques Brel dont je retiens… « Salut à toi dame bêtise, Toi dont le règne est méconnu Salut à toi dame bêtise Mais dis-le moi comment fais tu Pour avoir tant d’amants et tant de fiancés Tant de représentants et tant de prisonniers Pour tisser de tes mains tant de malentendus Et faire croire au crétin que nous sommes vaincus. » Qu’on ne s’y trompe pas : Donald Trump, requin du monde des affaires, a un projet de société : celui d’une Amérique nostalgique, blanche, patriarcale, fermée sur elle-même, quasi auto-suffisante. Un projet accueilli favorablement par une partie des classes populaires qui rejettent pêle-mêle le multiculturalisme, les élites intellectuelles, politiques et économiques, jugées responsables de leur déclassement social et culturel. Les deux tiers des Américains blancs sans diplôme n’ont-ils pas voté pour lui ? La perspective Trump, c’est aussi celle d’une vision conservatrice sur les mœurs et surtout très libérale en économie saluée il y a quelques jours par la Bourse à New York lorsque le Down Jones a franchi la barre historique des 20.000 points. Trump n’est pas fou. Il s’attaque à l’étranger avec papier ou pas, aux droits des femmes, aux homosexuels, à la presse. Il flatte les plus bas instincts. Il y a chez lui comme une combinaison des pires caractéristiques de Silvio Berlusconi et de Marine Le Pen. Sans aucun doute, il est mégalo. La Trump Tower, le steak Trump, le parfum Trump, le jeu de société Trump, l’empire immobilier Trump, les casinos Trump… L’amour de Trump pour son nom est incommensurable. Mais on a vu d’autres originaux à la Maison Blanche. Le trait de personnalité y est si commun que des psychologues ont classé en 2013 les présidents en fonction de leur trouble narcissique. A défaut d’être considérés comme fous, de nombreux présidents peuvent au moins être qualifiés d’excentriques. Exemples : Herbert Hoover (président de 1929 à 1933) avait deux alligators en guise d’animaux de compagnie. Son prédécesseur, Calvin Coolidge (de 1923 à 1929) occupait la Maison Blanche avec deux lions, un raton laveur domestiqué et Billy, son hippopotame pygmée. Trump, lui, a ses évangélistes et ses voyants illuminés. On va vite s’apercevoir que la vision de Trump et de son équipe c’est comme un puzzle qu’ils mélangent et dont risque de sortir le pire. Car il y a une logique dans les tweets et les interviews de Trump. Cette logique ne se limite pas aux attaques contre la presse. Elle vise surtout le financement de la santé, les services publics, en préservant les impôts des plus riches. Bref, une logique de violente politique de classe à la manière de la mafia : en tirant sur tout ce qui peut résister à l’entreprise Trump. On voit pour l’instant le dessus de l’iceberg alors qu’il s’agit d’un projet dont on ne connaît pour le moment… que le brouillon. José Fort

Donald Trump est-il fou ?

 

Ma chronique sur Radio Arts Mada (tous les lundi, en direct, à 19h)

 

 

Cinglé, le président des Etats-Unis? Des psychiatres nord-américains posent publiquement la question. Plusieurs journaux, à l’instar du « New York Times » laissent entendre que l’homme serait dérangé. Il faut bien reconnaître que le personnage prête à ce genre d’interrogations : comportements étranges, approximations permanentes, sorties médiatiques souvent incompréhensibles, et un entourage recruté dans les mouvements sectaires. Trump, fou ? Telle n’est pas mon opinion.

 

Donald Trump n’est pas fou. Il est plutôt le reflet d’une partie de la société nord-américaine, celle de l’argent, du racisme, du sexisme, de la vulgarité, de l’ignorance, bref celle de la bêtise, comme celle que chantait Jacques Brel dont je retiens…

 

« Salut à toi dame bêtise,

Toi dont le règne est méconnu

Salut à toi dame bêtise

Mais dis-le moi comment fais tu

Pour avoir tant d’amants et tant de fiancés

Tant de représentants et tant de prisonniers

Pour tisser de tes mains tant de malentendus

Et faire croire au crétin que nous sommes vaincus. »

 

 

 

 

Qu’on ne s’y trompe pas : Donald Trump, requin du monde des affaires, a un projet de société : celui d’une Amérique nostalgique, blanche, patriarcale, fermée sur elle-même, quasi auto-suffisante. Un projet accueilli favorablement par une partie des classes populaires qui rejettent pêle-mêle le multiculturalisme, les élites intellectuelles, politiques et économiques, jugées responsables de leur déclassement social et culturel. Les deux tiers des Américains blancs sans diplôme n’ont-ils pas voté pour lui ?

La perspective Trump, c’est aussi celle d’une vision conservatrice sur les mœurs et surtout très libérale en économie saluée il y a quelques jours par la Bourse à New York lorsque le Down Jones a franchi la barre historique des 20.000 points.

 

Trump n’est pas fou. Il s’attaque à l’étranger avec papier ou pas, aux droits des femmes, aux homosexuels, à la presse. Il flatte les plus bas instincts. Il y a chez lui comme une combinaison des pires caractéristiques de Silvio Berlusconi et de Marine Le Pen.

 

 

Sans aucun doute, il est mégalo. La Trump Tower, le steak Trump, le parfum Trump, le jeu de société Trump, l’empire immobilier Trump, les casinos Trump… L’amour de Trump pour son nom est incommensurable. Mais on a vu d’autres originaux à la Maison Blanche. Le trait de personnalité y est si commun que des psychologues ont classé en 2013 les présidents en fonction de leur trouble narcissique.

 

A défaut d’être considérés comme fous, de nombreux présidents peuvent au moins être qualifiés d’excentriques. Exemples : Herbert Hoover (président de 1929 à 1933) avait deux alligators en guise d’animaux de compagnie. Son prédécesseur, Calvin Coolidge (de 1923 à 1929) occupait la Maison Blanche avec deux lions, un raton laveur domestiqué et Billy, son hippopotame pygmée. Trump, lui, a ses évangélistes et ses voyants illuminés.

 

On va vite s’apercevoir que la vision de Trump et de son équipe c’est comme un puzzle qu’ils mélangent et dont risque de sortir le pire. Car il y a une logique dans les tweets et les interviews de Trump. Cette logique ne se limite pas aux attaques contre la presse. Elle vise surtout le financement de la santé, les services publics, en préservant les impôts des plus riches. Bref, une logique de violente politique de classe à la manière de la mafia : en tirant sur tout ce qui peut résister à l’entreprise Trump. On voit pour l’instant le dessus de l’iceberg alors qu’il s’agit d’un projet dont on ne connaît pour le moment… que le brouillon.

 

 

José Fort

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 19:27

En France, c’est (aussi) ça…

 

Ma chronique sur Radio Armada ( tous les lundi en direct à 19h)

 

En France, vous pouvez participer à une opération frauduleuse de plus de 400 millions d’euros, être reconnue coupable et… dispensée de peine.

 

En France, vous volez un fromage dans un super marché et vous allez directement en prison pour trois mois.

 

En France, vous pouvez insulter un dirigeant syndical sur une chaine de télé sans risquer la moindre remarque mais poursuivi pour insultes à l’égard de l’autorité en protestant contre des violences policières.

 

En France, vous pouvez être condamné à des mois de prison avec sursis pour avoir déchiré une chemise et votre ancien patron prendre le large avec des primes de plusieurs millions d’euros après avoir vanté, au nom de la rentabilité, le travail des enfants dans le Tiers monde.

 

 

En France, la police des polices invente le concept – vite retiré - de viol par « accident », un responsable dit « syndical » de la corporation s’accommode sans problème du mot «bamboula», les forces dites de l’ordre, comme lors des manifestations contre la loi sur le travail, laissent faire les casseurs ouvrant ainsi la voie à Mme Le Pen. Pendant ce temps, les jeunes de Bobigny nettoient les rues souillées par les casseurs dans la ville.

 

En France, la préfecture de police revendique une action de sauvetage d’une enfant de six ans enfermée dans une voiture incendiée par des casseurs alors que l’acte courageux a été accompli par un jeune de 16 ans.

 

En France, des individus imbéciles et dangereux, responsables de dégradations et de jets de pierre sur des policiers, sont très rapidement condamnés à des peines de prison.

 

En France, des policiers accusés de violences et de viol restent libres de leurs mouvements.

 

En France, un ancien Premier ministre rémunère, dans « la plus grande légalité » et avec de l’argent public, femme et enfants, conseille une grande compagnie d’assurance grâce à son carnet d’adresses bénéficiant en retour d’un bon paquet d’euros participant ainsi à la « fillonnade ». Vous ne connaissez pas la « fillonnade » ? Il s’agit d’une méthode consistant à se servir dans les caisses publiques pour ensuite, tardivement, s’excuser sans pour autant rembourser.

 

En France, vous pouvez être placé en garde à vue puis condamné à 3000 euros d’amende pour avoir hébergé, nourri et protégé des enfants en errance délaissés par les services de l’Etat.

 

 

En France, un avionneur peut «normalement» voler le trésor public, acheter «normalement» des voix lors de plusieurs élections ; un couple sous le coup de plusieurs plaintes pour corruption peut rester à la tête d’une grande ville proche de Paris.

 

En France, il est normal aussi d’être marginalisé(e) dans une administration ou dans une entreprise pour avoir dénoncé des abus.

 

En France, à l’approche de l’élection présidentielle, la coupe se remplit d’une néofasciste, d’un voleur, d’un cinglé ancien de l’Elysée et du gouvernement qui tient des propos d’évangéliste sectaire, un ex du gouvernement qui ne pratique toujours pas le devoir de mémoire récente, un gourou défroqué et illuminé, les Français assistant, consentant en partie, à ce spectacle nous livrant à la risée dans le monde.

 

Alors, plus rien à espérer ? Plus rien à construire ? L’opinion publique est-elle à désespérer ? Tel n’est pas mon avis car comme l’écrivait Louis-Philippe de Ségur, poète, chansonnier, diplomate élevé au rang de maitre des cérémonies par Napoléon : « l’opinion publique est un ressort faible, mais puissant en réalité, et d’autant plus redoutable que sa force ne peut jamais être calculée. » Les sondeurs apprécieront.

 

José Fort

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:36

Les chiens de garde décernent un prix à Fillon.

 

 

Je vous assure ce n’est pas une blague mais un gag qui mérite une mention spéciale au prix de l'humour politique. François Fillon a reçu jeudi dernier (il s’est fait représenter à la cérémonie préférant Charleville-Mézières, craignant surtout les quolibets) le prix de la personnalité de l'année par la revue le «Trombinoscope » qui récompense chaque année, je cite « l'action et le professionnalisme de personnalités politiques ».

 

Il ne s’agit pas d’une plaisanterie. Des journalistes connus et, dit-on, « reconnus », - reconnus par qui on se le demande, sinon par le microcosme d’une bande discréditée - ont attribué cette distinction au candidat de la droite, quelques jours avant le déclenchement de la tornade «fillongate ». Je dis bien « fillongate » et non « pénélopegate », la femme de Fillon dans ce sordide épisode semblant plutôt jouer le rôle de potiche.

 

Une affaire de gros sous, de mépris, d’arrogance. Voici donc M. Fillon à qui ses fermiers doivent notamment livrer chaque année au titre d’un contrat de fermage 218 kgs de viande de bœuf de la meilleure qualité et je ne sais combien de quintaux de blé, voici donc M. Fillon distingué par des journalistes « reconnus ».

 

Des pros de l’info, des analystes de première qualité, des spécialistes hors norme, bref des grands du métier sont à l’origine de ce qui pourrait être un canular ou une erreur de vieillesse. Mais non. Les mêmes s’étaient déjà distingués en célébrant Steeve Briois, le maire FN d’Hénin-Beaumont ou encore le ministre Hervé Gaymard impliqué dans une combine d’appartement loué aux frais de l’Etat. Bref, nos « spécialistes » de l’info ont, une fois encore, démontré leur qualité de visionnaires en choisissant une planche vermoulue. Pas de quoi s’étonner qu’un peu plus de 50% des Français ne fassent pas confiance aux médias.

 

Qui sont ces Thénardier de l’information qui monopolisent TV, Radios, presse écrite et décernent le prix à Fillon? Allez, citons-en trois sur une liste trop longue à énumérer : Laurent Joffrin, le patron de Libération ancien trotskyste passé au social libéralisme, Christophe Barbier l’ancien de l’Express au foulard rouge ayant une opinion sur tout et se trompant à peu près sur tout, Arlette Chabot ancienne de tout ou presque qui s’accroche pathétiquement à LCI comme Elkabach vexé d’avoir été viré d’Europe 1 qui pantoufle au titre de conseiller de Boloré, l’affairiste reconverti dans les médias.

 

Ce sont ces gens là qui «font l’info» comme aussi, allez une petite fournée supplémentaire, Jean-Luc Mano, l’ancien communiste reconverti dans la lèche de tout ce qui brille, Alain Duhamel le passe-muraille qui a tout vécu depuis près de 50 ans. Ce sont ces gens là qui depuis des années et des années occupent les antennes, se plantent magistralement dans leurs analyses et pronostics.

 

Ils ont vieilli ces « chiens de garde » mais résistent encore à leurs enfants naturels, les plus jeunes aux dents longues prêts à manger pères et mères, qui pointent leurs nez et les poussent peu à peu dans le fossé.

 

En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait « Les chiens de garde » pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque, ainsi que leur pseudo-neutralité intellectuelle qui s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.

Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social.

 

Sous couvert d'exalter le pluralisme et l'objectivité, ils sont les porte-parole de la pensée unique au service de la classe dominante.

 

Le film « les nouveaux chiens de garde » sortis en salle en 2015 montraient excellemment la réalité sur cette caste obséquieuse à l'égard des puissances qui gouvernent, la commune origine sociale des journalistes et des politiques, transitant par les mêmes écoles et fréquentant les mêmes cercles, ou encore le nombre relativement restreint d'experts économiques tournant dans les médias sans qu'on précise jamais leur affiliation aux groupes financiers qui les emploient. Le spectacle est affligeant. Malheureusement, il marche et trompe encore.

 

José Fort

 

 

 

 

 

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:20

Trump et ses « tueurs » : menace sur le monde. Depuis son insta Trump signe décret après décret confirmant l’ampleur de la dangerosité de ce personnage. Démantèlement des premières et timides avancées d’une sécurité sociale en faveur des plus pauvres ; arrêt des subventions aux ONG agissant pour le respect des femmes, pour le droit à l’avortement ; construction où plutôt extension du mur avec le Mexique sous les applaudissements du premier ministre israélien Netanyahu, spécialiste en la matière; interdiction aux voyageurs de sept pays arabes d’atterrir ou de débarquer aux Etats-Unis ; autorisation de polluer la terre indienne avec un projet d’oléoduc il y a peu annulé… Le nouveau président des Etats-Unis est atteint d’une telle frénésie de la rupture que sa première décision a été de faire remplacer les rideaux du Bureau ovale pour les remplacer par d’autres, d’un or criard. ‬ Derrière les effets d'annonce et son slogan phare « Repeal and Replace » - « abroger et remplacer » -, quelques garde-fous demeurent. Certaines institutions qui pourraient, espérons-le, contenir le furieux. Plus sûre, la mobilisation des progressistes nord-américains, surtout des jeunes, entrés, comme ils le clament, en « résistance ». Pour eux, ça sera dur. Très dur. Donald Trump ne va pas s’arrêter de sitôt en appliquant à la lettre son programme exposé tout au long de la campagne électorale. Quant aux relations internationales, il vient clairement d’indiquer son objectif : l’Amérique first, l’Amérique d’abord, celle du Nord bien entendu, avec un allié privilégié, le Royaume Uni dont il salue le retrait de l’Union européenne, le « vieux » continent, comme on dit outre-Atlantique, étant le cadet de ses soucis, la Russie la Chine lui semblant d’un intérêt bien supérieur aux bouffeurs de patates, de grenouilles et de spaghettis. Le Monde de Donald Trump est angoissant d’autant qu’il s’est entouré d’un cabinet de « tueurs » composé de grands patrons et autres milliardaires souvent racistes et belliqueux qui se foutent de l’environnement, du Tiers monde, des guerres, des famines. Pour ces gens là, seul compte l’argent, le fric, les affaires, le business. « L’Amérique d’abord » crient-ils à tous les vents. On peut s’attendre au pire avec ces sectaires. Le pire pour le peuple nord-américain, le pire pour la paix dans le monde. Donald Trump risque-t-il d’exploser en vol ? Pour l’instant, rien n’indique une telle fin. Mais à force d’en faire trop, à force de provoquer son peuple et le monde entier, un accident est vite arrivé. José Fort

Trump et ses « tueurs » : menace sur le monde.

( Ma chronique sur radio Arts-Mada en direct tous le lundi à 19h) 

 

 

Depuis son installation à la Maison Blanche, Donald Trump signe décret après décret confirmant l’ampleur de la dangerosité de ce personnage. Démantèlement des premières et timides avancées d’une sécurité sociale en faveur des plus pauvres ; arrêt des subventions aux ONG agissant pour le respect des femmes, pour le droit à l’avortement ; construction où plutôt extension du mur avec le Mexique sous les applaudissements du premier ministre israélien Netanyahu, spécialiste en la matière; interdiction aux voyageurs de sept pays arabes d’atterrir ou de débarquer aux Etats-Unis ; autorisation de polluer la terre indienne avec un projet d’oléoduc il y a peu annulé…

 

Le nouveau président des Etats-Unis est atteint d’une telle frénésie de la rupture que sa première décision a été de faire remplacer les rideaux du Bureau ovale pour les remplacer par d’autres, d’un or criard.

 

 

 

Derrière les effets d'annonce et son slogan phare « Repeal and Replace » - « abroger et remplacer » -, quelques garde-fous demeurent. Certaines institutions qui pourraient, espérons-le, contenir le furieux. Plus sûre, la mobilisation des progressistes nord-américains, surtout des jeunes, entrés, comme ils le clament, en « résistance ». Pour eux, ça sera dur. Très dur.

 

Donald Trump ne va pas s’arrêter de sitôt en appliquant à la lettre son programme exposé tout au long de la campagne électorale. Quant aux relations internationales, il vient clairement d’indiquer son objectif : l’Amérique first, l’Amérique d’abord, celle du Nord bien entendu, avec un allié privilégié, le Royaume Uni dont il salue le retrait de l’Union européenne, le « vieux » continent, comme on dit outre-Atlantique, étant le cadet de ses soucis, la Russie la Chine lui semblant d’un intérêt bien supérieur aux bouffeurs de patates, de grenouilles et de spaghettis. Le Monde de Donald Trump est angoissant d’autant qu’il s’est entouré d’un cabinet de « tueurs » composé de grands patrons et autres milliardaires souvent racistes et belliqueux qui se foutent de l’environnement, du Tiers monde, des guerres, des famines. Pour ces gens là, seul compte l’argent, le fric, les affaires, le business.

 

« L’Amérique d’abord » crient-ils à tous les vents. On peut s’attendre au pire avec ces sectaires. Le pire pour le peuple nord-américain, le pire pour la paix dans le monde.

 

Donald Trump risque-t-il d’exploser en vol ? Pour l’instant, rien n’indique une telle fin. Mais à force d’en faire trop, à force de provoquer son peuple et le monde entier, un accident est vite arrivé.

 

José Fort

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:40

Progrès et optimisme

 

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h)

 

 

Vous croyez, peut-être, que je vais commenter ce soir l’intronisation du sinistre président des Etats-Unis, Donald Trump.

 

Vous croyez, peut-être, que je vais ironiser sur le public rassemblé devant la Cour suprême à Washington composé de blancs, aucun noir ou latino apparaissant sur les écrans.

 

Vous croyez que je vais m’indigner des premières déclarations et décisions de ce sordide personnage qui a, désormais, le droit d’appuyer sur le bouton nucléaire pouvant déclencher l’apocalypse. Et bien non. J’en ai trop entendu.

 

Vous croyez, peut-être, que je vais exprimer une opinion sur la primaire du parti socialiste.

Non, j’en ai trop entendu.

 

Vous croyez que je vais m’indigner des magouilles en préparation en vue des prochaines élections législatives, mêlant ambitieux et aigris, visant la création d’un parti socialiste bis et la poursuite sous une forme soft d’une même politique.

Non, là aussi, j’en ai trop entendu.

 

Ce soir, j’ai envie d’être optimiste, confiant dans le progrès humain. Ce soir, place à l’espoir. Avec un type bien, un homme, un vrai, un exemple pour les jeunes et ceux qui le sont moins : je veux parler de Thomas Pesquet, le spationaute français.

 

Thomas Pesquet a effectué il y a quelques jours et en direct sur nos écrans de télévision une sortie extravéhiculaires pendant 5 heures et 58 minutes avec un objectif : remplacer des batteries afin d’améliorer l’approvisionnement en énergie de la station spatiale ISS. Une tâche réalisée bien plus vite que planifiée, de sorte que les deux astronautes – Thomas Pesquet était accompagné d’un collègue nord-américain -

ont pu procéder à des activités dites « complémentaires » dont le remplacement d’une caméra et des prises de vue. Avec en prime, selon Thomas Pesquet et sous contrôle depuis la Terre, un moment de bonheur, seul dans l’immensité de l’espace, qui marquera sa vie à jamais.

 

Un tel exploit, tout comme celui d’Armel Le Cléac’h dans le Vendéeglobe, confirme la force propulsive des intelligences et de courages dont dispose notre pays. Nous ne sommes pas voués à l’échec, aux reculs, à la petitesse. Notre pays a les moyens de la modernité, du progrès dans tous les domaines. Regardez, par exemple, dans la seule ville de Villejuif avec l’IGR Gustave Roussy et Paul Brousse, deux établissements qu’on nous envie dans le monde entier.

 

Ces progrès scientifiques au service de l’humain ne bénéficient pas suffisamment de l’engagement de l’Etat. Nous disposons de talents comme Thomas et Armel, de dizaines de milliers de chercheurs, d’ingénieurs, de savants. Ce sont eux qui préparent l’avenir du pays. Il doivent bénéficier des efforts prioritaires de l’Etat car comme l’écrivait l’économiste et démographe français Alfred Sauvy « l’humanité est vouée au progrès… à perpétuité. »

 

Je vous propose d’écouter Bernard Lavilliers interpréter la célèbre chanson de Boris Vian « la complainte du progrès ».

 

 

 

José Fort

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 09:40

Il y a 40 ans, le massacre d’Atocha

à Madrid

 

Madrid, 24 janvier 1977, 22h30. La capitale espagnole est plongée dans la nuit froide de l’hiver. Au 55 de la rue Atocha, plusieurs avocats communistes spécialisés dans la défense des droits des salariés, un étudiant en droit et un assistant administratif ont au menu plusieurs dossiers en instance.

 

En1972 déjà, en pleine dictature, ils avaient ouvert un peu plus loin un bureau où se pressaient des victimes d’accidents du travail, de licenciements, de salaires non payés… Il n’était pas rare que les escaliers menant au bureau soient embouteillés jusqu’à l’entrée de l’immeuble. Il n’était pas rare non plus que des policiers en civil surveillent ce « repère de rouges ».

 

En 1976, après la mort de Franco, les jeunes avocats louent d’autres bureaux, toujours rue Atocha, cette fois au numéro 55. Ils se sont connus sur les bancs de l’université où lors de réunions clandestines du parti communiste d’Espagne et des Commissions ouvrières toujours interdits.

 

  1. 24 janvier 1977, à 22h30, Luis Javier Benavides, Angel Rodriguez Leal, Javier Sauquillo, Serafin Holgado, Enrique Valdelvira, Luis Ramos, Miguel Sarabia, Dolores Gonzalez, Alejandro Ruiz-Huerta conversent en attendant la fin de la réunion des représentants des grévistes des transports madrilènes avec Joaquin Navarro, le leader des commissions ouvrières de cette branche.

 

 

 

Un peu plus tard, trois hommes arrivent à la hauteur du 55 rue Atocha plongée dans l’obscurité. Ils grimpent jusqu’au quatrième étage, patientent un instant, puis descendent au troisième.

José Fernández Cerrá, Carlos García Juliá y Fernando Lerdo de Tejada sonnent à la porte. Luis Javier ouvre. Les agresseurs le poussent violemment. Deux d’entre eux, l’un masqué l’autre pas font irruption dans la salle principale armés de révolvers tandis que Julia se précipite dans les bureaux attenants pour arracher les fils téléphoniques. Cerra pointe les sept personnes, les oblige à se placer visage face au mur.

 

« Vos petites mains bien en l’air », lance un des assassins qui demande « où se trouve Navarro » parti un peu avant. Julia revient des bureaux et pousse vers le groupe deux autres personnes.

 

Juliá tire le premier. Puis Cerrá. Les corps tombent les uns sur les autres tandis que Lerdo surveille l’entrée et prépare la retraite. Les trois criminels s’enfuient alors que les survivants depuis les fenêtres appellent au secours. Le massacre fait cinq morts et quatre blessés. La nouvelle se repend rapidement dans Madrid puis dans toute l’Espagne.

 

Le Parti communiste est toujours illégal. Son secrétaire général Santiago Carrillo a été arrêté quelques semaines plus tôt puis relâché. Les autorités de transition déclarent ne pas pouvoir assurer la sécurité des blessés et des obsèques. Des groupes fascistes lancent des appels à « combattre le péril rouge ». La menace d’un retour à la nuit noire de la dictature plane sur l’Espagne.

 

 

Deux avocats, Manuela Carmena rescapée par hasard du massacre car elle avait un rendez-vous à proximité, aujourd’hui maire de Madrid, et José Maria Mohedano jouent un rôle important dans les négociations pour l’organisation des obsèques. Objectif : assurer la sécurité et éviter tout débordement. Le Parti communiste d’Espagne (PCE) fait à cette occasion la démonstration de sa maturité et sa capacité à maitriser un événement qui aurait pu mal se terminer. Plus de 100.000 personnes accompagnent les victimes. Aucun incident n’est à déplorer grâce à l’efficacité du service d’ordre du PCE.

« Quelques jours après, raconte Manuela Carmena, lorsque nous sommes retournés à l’étude, une chaîne de travailleurs volontaires s’était installée pour nous protéger depuis la rue jusqu’à l’entrée des bureaux. Cela dura plusieurs mois. »

 

 

Les assassins ne prennent même pas la peine de fuir Madrid, confiants dans leurs protecteurs. Or, la police arrête José Fernández Cerrá, Carlos García Juliá et Fernando Lerdo de Tejada en qualité d'auteurs des faits, et Francisco Albadalejo Corredera, secrétaire régional du syndicat franquiste dit « vertical » des transports, comme la tête pensante de cette tuerie. La police arrête également Leocadio Jiménez Caravaca et Simón Ramón Fernández Palais, ex-combattants de la « division azul » ( unité militaire partie combattre en URSS aux côtés des nazis) pour avoir mis à disposition des armes, et Gloria Herguedas, fiancée de Cerrá, comme complice.

En 1980, le procès condamne les accusés à un total de 464 années de prison. Depuis, plusieurs sont morts. Un a réussi à s’enfuir avant d’être arrêté et emprisonné en Bolivie pour trafic de stupéfiants.

Miguel Ángel Saraiba, un des rescapés de la tuerie commente ainsi les sentences : « Le jugement des assassins d'Atocha a constitué la première occasion de mettre sur le banc des accusés l'extrême droite, de la juger et de la condamner ». Et d’ajouter : « l’ADN de la démocratie est dans Atocha. »

 

José Fort

 

 

Echec de l’engrenage de la violence

 

Au lendemain des obsèques des victimes de la tuerie d’Atocha, Antoine Acquaviva, envoyé spécial de « l’Humanité », rapportait l’entretien qu’il avait eu avec Santiago Carrillo, secrétaire général du parti communiste. Extraits.

« L’Espagne traverse un moment difficile et complexe. L’extrême droite ultra sent qu’elle est en train de perdre de manière irréversible le contrôle de l’Etat. Aussi essaie-t-elle de créer un climat d’anarchie, de coup de force, de terreur afin de provoquer une réaction de l’armée et des forces de police contre le processus de démocratisation ; de susciter dans la classe ouvrière et dans la jeunesse un sentiment de frustration

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 18:05

Alain Guérin, ancien journaliste de « l’Humanité » est mort

 

Alain Guérin est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris à l’âge de 85 ans. Journaliste, historien, écrivain, poète, Alain était un personnage atypique. Il avait été « repéré » par Louis Aragon et avait démarré sa carrière journalistique à « Ce Soir », à l'âge de 18 ans, parcourant un peu toutes les rubriques du sport à la rubrique des faits divers. A « l’Humanité » , deux ans plus tard, il débutera au service judiciaire.

 

Très rapidement, à la demande de la direction du journal, en pleine guerre colonialiste française en Algérie, il avait été chargé d’enquêtes délicates puis avait consacré reportages et analyses à l’OAS, l’organisation terroriste responsable de nombreux attentats des deux côtés de la Méditerranée.

 

Plus tard, il consacrera des articles et des livres au monde de l’espionnage comme « Camarade Sorge » (avec Nicole Chatel), « Qu’est-ce que la CIA », « Les commandos de la guerre froide » ou encore « Le diable est-il bulgare ». Pendant des années, Alain a travaillé sur le thème de la Résistance avec pour résultat six volumes vendus à des milliers d’exemplaires. Une oeuvre magistrale. Il a publié plusieurs recueils de poésie obtenant en 2003 le Prix Paul Verlaine de l’Académie française. Son premier poème a été publié dans « Les Lettres Françaises ». Il avait 16 ans.

 

J’ai bien connu Alain Guerin lorsque je dirigeais la rubrique internationale de « l’Humanité ». Il était rigoureux avec lui-même. Il demandait le même comportement à ceux avec qui il travaillait. Mais combien il était difficile de lui arracher une coupe dans un « papier ». Il fallait négocier dur avant de finir autour d’un verre.

J’ai eu le plaisir aussi de partager sa table dans son appartement des Lilas où on rencontrait avocats, écrivains, poètes, journalistes et responsables politiques. Les débats étaient toujours vifs mais combien enrichissants. Une grande signature de « l’Humanité » vient de disparaître et toute notre affection va à Monique, sa femme.

 

José Fort

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 10:03

Etonnant, il fait froid en hiver

 

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h)

 

 

Il fait froid. Et il fera encore plus froid ces prochains jours. On pense d’abord à tous ceux qui vivent dans la rue, à ceux qui limitent leurs dépenses de chauffage faute de moyens. Avant de s’interroger sur les questions d’énergie, c’est vers cette frange de la population que doit aller notre solidarité en exigeant des mesures immédiates avec notamment l’ouverture de structures chauffées comme les gymnases et l’arrêt des coupures d’électricité.

 

 

 

 

Le temps promettant d'être particulièrement vigoureux, le réseau électrique va être sollicité à un niveau exceptionnel. Et cela tombe au mauvais moment. Les capacités de production ne sont pas au top : cinq centrales nucléaires sont actuellement débranchées pour des opérations de maintenance.

 

 

Cette situation n'a rien d'exceptionnel et elle se reproduira dans le futur, dans un contexte de dérèglement climatique, affirme la CGT qui ajoute: « Elle met en évidence la fragilisation du secteur énergétique. A l'instar du système hospitalier, nous ne pouvons avoir la certitude que le secteur énergétique saura encaisser des variations de température ou des aléas climatiques et fournir aux usagers, aux industriels un produit vital pour la nation qu'est l'énergie. »

 

Pourquoi de telles incertitudes?

 

 

 

Il y a la spéculation sur le marché européen de l'énergie qui met en danger notre capacité nationale à assurer l’équilibre production/consommation à chaque instant. Il y a plus. « A force de ne raisonner que par le prisme du marché et pour les rentabilités financières amenées par ce grand monopoly de l'énergie », indique la CGT, « nous sommes tous simplement entrain de perdre la main sur ce secteur stratégique. » La centrale syndicale souligne

« la fuite en avant » avec le paquet énergie climat européen, la fragilisation d'EDF, l’affaiblissement d'Areva....

Les problèmes d’alimentation électrique sont le fruit des politiques passées en matière d’énergie. La fermeture anticipée de moyens de production servant à passer les pointes, le recours massif à l’importation, l’abandon d’une logique de gestion des réseaux pour une gestion des risques, la perte de vue du service public pour un bien vital… nous amènent aujourd’hui là où nous en sommes ! D'ailleurs, et toujours selon la CGT, un an après la COP21, le recours à la production à base de charbon et fuel est revenue au niveau de 1994 !

 

Le débat sur les énergies frise souvent l’irrationnel. Il faudrait, selon certains, fermer les centrales nucléaires et le tour serait joué. La solution ne passe-t-elle pas d’abord par une sécurité renforcée des centrales pour ensuite assurer progressivement une transition énergétique vers le solaire, le vent, la mer en rejetant la privatisation des barrages hydrauliques ?

 

La CGT propose depuis longtemps la mise en place d'un pôle public de l'énergie. Voilà un thème qui mériterait de figurer dans le débat en vue de l’élection présidentielle.

 

José Fort

 

 

 

 

 

 

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:46

Cédric Herrou, ma grand-mère et la « famille » de Mazamet Le sort des réfugiés et de leurs soutiens en France me rappelle les durs moments passés par ma grand-mère et ses deux filles. Leur mari et père, leur fils et frère étaient morts au combat pour la défense de Madrid pendant ce qu’on qualifie encore et encore de guerre civile espagnole alors qu’il s’agissait d’un putsch fasciste commis contre une République démocratiquement élue. Passons. Ma grand-mère et ses deux filles avaient trouvé refuge à Barcelone. Peu de temps avant que la ville tombe aux mains des troupes franquistes, comme des centaines de milliers d’autres Espagnols, elles prirent le chemin de la France. C’était en février 1939. Il neigeait. Elles n’avaient comme seul bagage que deux baluchons. En arrivant au Perthus sous un froid glacial, à la frontière française, les gardes mobiles encadraient, bousculaient, insultaient ces hommes et ces femmes qui croyaient en la France solidaire. La plupart d’entre eux étaient dirigés vers les camps de concentration d’Argelès et de la région. Sauf quelques chanceux au nombre desquels ma grand-mère et ses deux filles. Elles comptaient, bien entendu, des complicités locales. L’espace d’un instant, le cordon des gardes mobiles s’écarta laissant passer les trois femmes. Un homme les attendait, les entraîna vers une voiture, leur donna trois billets de train. Et il leur dit : « Vous allez jusqu’à Mazamet sans prononcer un mot ». Un couple vous attendra sur le quai. J’insiste pas un mot ». Jusqu’à la fin de leur vie, ma grand-mère et ses deux filles ont évoqué avec tendresse la « famille » de Mazamet chez qui elles ont trouvé réconfort, amitié, solidarité. De la chaleur humaine, tout simplement. Pourquoi vous raconter cette histoire ? C’est le comportement de Cédric Herrou qui me pousse à le faire. Ce jeune agriculteur de la vallée de la Roya près de la frontière franco-italienne est menacé de huit mois de prison avec sursis pour avoir nourri, hébergé, soigné des réfugiés. Vendredi, quatre de ses voisins ont été arrêtés pour les mêmes raisons. Cédric Herrou est un citoyen généreux, comme la famille de Mazamet Cédric Herrou est un homme courageux, comme la famille de Mazamet. Cédric Herrou est l’honneur de la France, comme la famille de Mazamet. Cédric Herrou, élu par 4000 internautes « Azuréen de l’année », donne à voir une autre France que celle représentée par le très mussolinien président du conseil général des Alpes maritimes, Eric Ciotti. Il y a bien deux France : celle qui peut voler en toute impunité la République, pourchasser les malheureux et celle qui au prix de sa propre liberté refuse l’injustice et fait simplement preuve de générosité. José Fort

Cédric Herrou, ma grand-mère et la « famille » de Mazamet

 

 

Le sort des réfugiés et de leurs soutiens en France me rappelle les durs moments passés par ma grand-mère et ses deux filles.

 

 

Leur mari et père, leur fils et frère étaient morts au combat pour la défense de Madrid pendant ce qu’on qualifie encore et encore de guerre civile espagnole alors qu’il s’agissait d’un putsch fasciste commis contre une République démocratiquement élue. Passons.

 

Ma grand-mère et ses deux filles avaient trouvé refuge à Barcelone. Peu de temps avant que la ville tombe aux mains des troupes franquistes, comme des centaines de milliers d’autres Espagnols, elles prirent le chemin de la France. C’était en février 1939. Il neigeait. Elles n’avaient comme seul bagage que deux baluchons. En arrivant au Perthus sous un froid glacial, à la frontière française, les gardes mobiles encadraient, bousculaient, insultaient ces hommes et ces femmes qui croyaient en la France solidaire. La plupart d’entre eux étaient dirigés vers les camps de concentration d’Argelès et de la région. Sauf quelques chanceux au nombre desquels ma grand-mère et ses deux filles. Elles comptaient, bien entendu, des complicités locales.

 

L’espace d’un instant, le cordon des gardes mobiles s’écarta laissant passer les trois femmes. Un homme les attendait, les entraîna vers une voiture, leur donna trois billets de train. Et il leur dit : « Vous allez jusqu’à Mazamet sans prononcer un mot ». Un couple vous attendra sur le quai. J’insiste pas un mot ».

 

Jusqu’à la fin de leur vie, ma grand-mère et ses deux filles ont évoqué avec tendresse la « famille » de Mazamet chez qui elles ont trouvé réconfort, amitié, solidarité. De la chaleur humaine, tout simplement.

 

Pourquoi vous raconter cette histoire ?

 

C’est le comportement de Cédric Herrou qui me pousse à le faire.

 

Ce jeune agriculteur de la vallée de la Roya près de la frontière franco-italienne est menacé de huit mois de prison avec sursis pour avoir nourri, hébergé, soigné des réfugiés. Vendredi, quatre de ses voisins ont été arrêtés pour les mêmes raisons.

 

Cédric Herrou est un citoyen généreux, comme la famille de Mazamet

 

Cédric Herrou est un homme courageux, comme la famille de Mazamet.

 

Cédric Herrou est l’honneur de la France, comme la famille de Mazamet.

 

Cédric Herrou, élu par 4000 internautes « Azuréen de l’année », donne à voir une autre France que celle représentée par le très mussolinien président du conseil général des Alpes maritimes, Eric Ciotti.

 

Il y a bien deux France : celle qui peut voler en toute impunité la République, pourchasser les malheureux et celle qui au prix de sa propre liberté refuse l’injustice et fait simplement preuve de générosité.

 

 

José Fort

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:38

 

ma chronique sur Radio Arts Mada (tous les lundi en direct à 19h15)

 

Les terribles images en provenance d’Alep entraînent une émotion et une colère largement partagées. Mais pourquoi les mêmes images enregistrées à Aden ou à Mossoul ne provoquent pas la même épouvante ? Choix des lieux de massacres, choix des intérêts de chacun.

 

 

A Paris, on éteint la Tour Eiffel par solidarité avec Alep. Avec tous les habitants d'Alep ? Le million d'Alépins réfugiés dans les quartiers Ouest n'existent pas. Les tirs obus qui se sont abattus sur eux pendant des mois et des mois tirés depuis le camp dit « rebelle » étaient-ils à blanc sans provoquer de victimes ?

 

Question. On connaît le dictateur en place à Damas. Mais qui sont ces courageux « rebelles » ? Des opposants à Bachar ? Certainement, en partie. Des djihadistes, compagnons de ceux qui ont tué nos compatriotes au Bataclan ? Certainement, en partie, aussi. Tous les opposants à l’ancien protégé des occidentaux ont reçu matériel et conseillers militaires nord-américains, français et autres européens au nom de la lutte pour la « démocratie ». Simplement pour cette raison ?

 

Quoi qu’on puisse penser de MM Poutine et Assad, et je n’en pense pas du bien, une constatation s’impose : les actuels dirigeants nord-américains et européens viennent de subir un cinglant camouflet au prix fort de milliers de victimes. Quant à François Hollande, comme d’habitude pathétique, croyant pouvoir encore jouer un rôle, il apparaît comme incapable de tenir son rang.

 

 

 

Une chose est certaine. Des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants sont morts sous les bombes russes, celles de l’armée d’Assad, des rebelles, des djihadistes. C’est aux victimes que vont nos pensées. Ce sont eux que nous pleurons, ce sont eux que nous devons sauver de la folie meurtrière. D’où qu’elle vienne.

 

La désinformation, l’intoxication médiatique, les manipulations sont la règle dans ce monde hors contrôle. Tenez un exemple récent. Après la mort de Fidel Castro, vous avez entendu des tonnes de commentaires sur le « goulag cubain », sur les prisonniers politiques. Avez vous entendu des informations sur les 300 avocats, syndicalistes, militants des droits de l’homme, des mouvements associatifs assassinés ces deux dernières années au Honduras ?

 

Avec-vous entendu évoqué le sort des Palestiniens emprisonnés en Israël notamment des enfants ? Voici quelques chiffres.

 

 

On comptait, au mois de juillet 2016, 7.000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes parmi lesquels

350 mineurs de moins de 18 ans, plusieurs dizaines de moins de quinze ans.

 

1 700 prisonniers palestiniens sont malades, 25 d’entre eux dans un état critique et ne recevant pas les traitements appropriés.

 

Ainsi va la liberté d’expression et la défense des droits de l’homme à géométrie variable.

 

Une chanson sur la liberté me vient à l’esprit. « Libertad » par Manu Chao. Ecoutons, un régal.

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