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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 20:05

M. Macron, la main sur le coeur ( à la manière yankee) avait déclaré pendant la campagne électorale qu'il n'accepterait aucune dérive financière de ses collaborateurs. Et voici que le secrétaire général de son mouvement "en Marche" et ministre de la Cohésion des territoires, M. Richard Ferrand vient d'être pris la main dans le sac façon Fillon. Des paroles, il faut passer aux actes ( comme dirait Bayrou): M. Ferrand doit démissionner.

 
 
 

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 19:46

La presse à la botte ?

 

Ma chronique cette semaine en deux parties et deux chansons.

(En direct sur Radio Arts-Mada, tous les lundi à 19h)

 

 

La communication élyséenne, la com dit-on quand on veut faire branché, ne fait pas dans la dentelle. Déjà, lors de la campagne électorale, les images et le son du candidat d’« En marche » étaient passés à la moulinette avant de nous être resservis sur les écrans télé et sur les radios. Ce n’était qu’une mise en bouche avant le plat principal. Le voici. Désormais, ce ne seront plus les directions des rédactions qui choisiront le ou la journaliste chargé de « couvrir » un événement présidentiel. C’est la « dir com » du patron, comme au bon vieux temps où il exerçait à la banque Rothschild, qui donnera le feu vert ou pas. Cette mesure, une première en France, entraîne une vague de protestations dans toutes les rédactions.

 

Une première ? En effet, et j’en témoigne. Accrédité auprès de la presse présidentielle pendant plusieurs années, les temps n’ont pas toujours été… roses. Avec Mitterrand, par exemple, le mépris qu’il portait à « l’Humanité » se traduisait par des remarques désagréables, par mon exfiltration d’une conférence de presse un jour, la coupure du micro un autre. Mais jamais, ma candidature à un voyage présidentiel, à un sommet européen ou à un G7 a été discutée par la com élyséenne.

 

Avec Chirac, je n’ai jamais été victime d’une quelconque discrimination bénéficiant comme mes collègues des mêmes services avant et pendant les déplacements. On me dit qu’avec Sarkozy et Hollande, malgré le peu de sympathie portée par les deux anciens présidents à l’égard de « l’Humanité », les directions successives de la communication élyséenne ne sont jamais intervenues dans le choix des journalistes. Et bien, c’est Macron qui inaugure cette com new look: il choisira lui même ses journalistes. On ne manquera pas de noter que Macron va ainsi fonctionner comme le sinistre président nord-américain Trump. Tous les deux veulent des larbins de la presse à leurs bottes, les autres étant jetés aux chiens.

 

 

 

En écrivant cette première partie de chronique, j’avais à l’esprit « journalistes en danger » interprété par le chanteur ivoirien Alpha Blondy. Ecoutons-le.

 

 

 

36 eme jour de grève de la faim

 

Les nouvelles reçues sur l’état de santé des prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes sont extrêmement préoccupantes. Marwan Barghouti, celui qu’on appelle « le Mandela palestinien », et d’autres grévistes ont entamé une « grève sèche », c’est à dire sans eau. Leur vie est en danger avec de possibles conséquences graves en Palestine et en Israël.

 

La grève de la faim des prisonniers palestiniens s’explique par les terribles conditions de détention imposées par le gouvernement de Tel Aviv et l’administration pénitentiaire israélienne. Elle rappelle le sort subi par plusieurs patriotes irlandais, il y a maintenant près de quarante ans.

Les plus anciens se souviennent de Bobby Sands et de ses camarades. Bobby Sands est mort à l’âge de vingt sept ans après avoir mené une grève de la faim de soixante-six jours dans la prison de Maze en Irlande du Nord. Victime de l’intransigeance de Margaret Thatcher, alors Premier ministre britannique, il était devenu un héros de la cause républicaine et de la défense de la dignité des prisonniers politiques. Mme Thatcher, « la Dame de fer », celle qui qualifiait Mandela de « terroriste », celle qui sert encore de modèle à bon nombre de politiciens français, à commencer par M. Macron, avait dépassé les frontières de l’abject en réagissant en ces termes devant le parlement britannique : « Monsieur Sands était un criminel condamné. Il a fait le choix de s’ôter la vie… »

 

Au bout de 36 jours de grève de la faim, le processus de fin de vie est engagé. Et tout semble indiquer que le gouvernement israélien restera sourd à moins qu’une puissante vague de protestations venue du monde entier déferle sur Tel Aviv. Savez-vous que des groupes ultras religieux israéliens organisent des barbecues à proximité de la prison tandis que le ministre de la « Défense » ose déclarer à propos des grévistes palestiniens: « affrétons des bus pour aller les noyer dans la mer morte ?»

 

Le silence politico-médiatique est total à Paris et dans toutes les capitales européennes. Cela n’est plus supportable. Il faut sauver la vie des grévistes de la faim palestiniens et celle de leur leader Marwan Barghouti.

 

Je veux terminer cette chronique en reprenant une information communiquée par notre ami Taoufiq Tahami. Mohamed Beker vivait à Gaza. Il était pêcheur et le 15 mai au matin son bateau a été pris pour cible par la marine israélienne car il serait « sorti » de la zone définie arbitrairement par Israël. En imposant, en toute illégalité, un blocus sur la bande de Gaza, l’Etat israélien pille les ressources palestiniennes, notamment maritimes, et cantonne les pêcheurs gazaouis à des zones de pêche très peu productives. Il s’appelait Mohamed Baker et il a été enterré ce matin.

 

 

Ecoutons « Une chanson pour Gaza et la Palestine » interprétée par Raja Touta Jeridi.

 

 

José Fort

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 11:05

Macron et la spirale non vertueuse

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

« En marche », le parti politique du nouveau président de la République a investi ses candidats pour les prochaines élections législatives. Des femmes et des hommes « neufs », des représentants de « la société civile », ont claironné les membres de l’équipe Macron en se livrant au dernier moment à un exercice digne des arrières cuisines électorales avec un François Bayrou proche de ses sous ou plutôt de ceux revendiqués pour chaque voix par un Modem à la recherche de reconnaissance, notamment pécunière.

 

Alors qui sont ces candidats de la « société civile » emmenés par le tout nouvau Premier ministre, député maire Les républicains du Havre, Edouard Philippe confirmant ainsi que la formule chère à M. Macron ni de gauche ni de droite aboutissait en fait à droite toute ?

 

57 patrons, 17 avocats, 13 médecins, une majorité de professions libérales et quelques stars anciennes ou actuelles de la tauromachie, de la police avec en attente quelques membres de l’ancien gouvernement et quelques recalés comme Manuel Valls humilié à un point tel, dit-on, qu’il en crèverait de rage.

 

En matière de « neuf » on fait mieux, le plateau proposé se présentant comme une entreprise de recyclage. En adressant leurs CV aux DRH de « En marche », 17.000 postulants ont passé leur temps pendant plusieurs jours à enchaîner autour des représentants du nouveau souverain plus de génuflexions que la liturgie n’en exige. De quoi pouffer de rire. Mais les objectifs de la bande à « en marche » sont trop dangereux pour esquisser le moindre sourire.

 

Vous me direz qu’au FN on recrute souvent des gens peu reluisants, que chez les Républicains c’est pas mieux, que les socialistes se spécialisent dans le changement de vestes et qu’ailleurs souvent le carriérisme n’arrive pas à se camoufler sous un fond de teint insoumis. Il reste toutefois des candidats honnêtes, enracinés dans leurs circonscriptions, prêts à mener le combat contre l’ultralibéralisme macronien. Ils ont bien du mérite dans ce contexte délétère où prévaut l’intérêt personnel, l’image et le fric.

 

 

Le concept de « société civile » brandi ici et là pourrait séduire. Mais, comme le souligne Amar Bellal, rédacteur en chef de la revue « Progressistes », ce concept aujourd’hui « sert à dénigrer, ringardiser encore un peu plus l’engagement dans un parti politique. Comme si les militants de parti politique n’étaient pas dans la société, salariés, adhérents dans des syndicats, dans des associations. » Et Amar Bellal de s’interroger : « Quelqu’un qui ne serait pas issu de la société civile, cela voudrait donc dire qu’il provient d’une société non-civile ? »

 

L’autre soir, je dînais avec une amie cadre qui sortait d’un stage de management. Elle m’a dispensé un cours sur « les méthodes d’accompagnement du management des compétences » qualifiée de « spirale vertueuse ».

 

Je vous l’a fait courte : pour dynamiser les salariés dans l’entreprise il faut, selon cette méthode, prendre en compte les données essentielles suivantes :

Tirer vers le haut les « inconscients, incompétents » pour leur permettre d’accéder à la deuxième phase qui les rendra « conscients incompétents ». Arrivé à ce stade, il s’agit, toujours selon mon interlocutrice, de les faire passer au stade de « conscients complets » qui permettra d’exploiter toutes leurs capacités. Puis, après utilisation, ils redeviendront « incompétents » et il faudra reprendre depuis le début. D’où la formule « spirale vertueuse ». Du cynisme à l’état pur.

 

En l’écoutant, je pensais à la situation politique actuelle et à cette mascarade de choix des candidats macronistes. La France risque de sombrer au cours des cinq prochaines années dans le management entreprenariat. A moins qu’après les prochaines élections législatives, un nombre suffisant de députés communistes et progressistes puissent organiser la résistance à l’Assemblée nationale et dans la rue.

 

 

José Fort

 

 

En choisissant une chanson pour accompagner cette chronique, je suis tombé sur « C’est pas Macron qui prend la mer » interprétée par Frédéric Fromet sur France Inter lors d’une émission de Charline Vanhoenecker. Ecoutons-le.

 

 

 

 

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 22:45

Lettre à mon petit fils,

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h)

 

L’autre dimanche, j’ai eu une pointe d’émotion en apprenant que tu avais pour la première fois pris le chemin des urnes. Quelques jours avant le scrutin, nous avons eu un échange et, respectueux de ta liberté, je m’étais interdit de t’imposer, même d’une manière indirecte, mon propre choix. Tu as bien raison, cette décision t’appartient à toi et à toi seul.

 

Je dois te le dire puisque je sais maintenant que tu as voté Mélenchon : quoi que je puisse penser du personnage et ses finalités politiques, je suis fier qu’à l’occasion de sa première consultation électorale mon petit fils ait déposé dans l’urne un bulletin marqué à gauche. Tu fais partie des 7 millions d’électeurs, pour beaucoup jeunes comme toi, venant d’horizons politiques et sociologiques divers qui ont voulu ainsi exprimer leur rejet de la politique ultralibérale, leur ras le bol d’une élite politique engluée dans les affaires, prête à tous les mauvais coup contre le monde du travail, bien éloignée de la dure réalité des millions de chômeurs, des millions de pauvres, des jeunes diplômés galérant pour trouver du travail, des jeunes insultés et réprimés parce que de couleurs de peaux différentes. Un électorat, ou mieux dit, plusieurs électorats non homogènes, qui se sont retrouvés sur le nom de Mélenchon. Ce ras le bol et cette énorme colère, mon cher petit fils, je la partage avec toi. Je sais qu’elle n’est pas prête de s’atténuer.

Pourtant, je te mets en garde. Certains découvrent la politique comme Christophe Colomb découvrait l’Amérique en croyant ou en feignant de croire que rien ne s’était passé avant et qu’ils allaient tout conquérir après.

 

Dimanche prochain aura lieu le 2 eme tour qui opposera Macron à Le Pen. J’entends bien tous ceux qui n’en peuvent plus, ne veulent pas choisir « entre la peste et le choléra ». Mais je ne peux pas accepter d’entendre « qu’ils se démerdent » se réfugiant dans l’abstention et le vote blanc. Pour une raison simple : le fascisme, mon cher petit-fils, c’est comme la mort, on en fait l’expérience une fois. Pas deux. On ne tergiverse pas avec la peste brune.

 

Je fais partie d’une génération qui n’a pas directement souffert de fascisme. Mais ma famille, la nôtre, a payé durement la note. Toi et tes copains vivent cela - et c’est normal - de plus loin. Mais n’oublies pas que nombre de mes proches, donc les tiens, ont subi la terreur et sont tombés sous les balles fascistes. Je ne veux surtout pas de cela pour toi et tes cousins.

 

Je ne me fais aucune illusion sur Macron. C’est l’homme de la finance et de l’élite oligarchique, l’homme de la loi dite sur le travail, l’homme des petits boulots pour les jeunes, l’homme qui va faire franchir une nouvelle étape au prétendu « social libéralisme ». Un homme jeune pour une vieille politique. « Il symbolise à lui tout seul ce que ce quinquennat a charrié de pire », écrit Laurent Mauduit dans Médiapart qui explique son choix de dimanche prochain comme un « supplice chinois ». Chaque jour de la campagne de Macron, par ses dérives comme celle de faire la fête indécente dimanche dernier au soir dans un grand restaurant parisien ou encore ses déclarations à l’emporte pièce et sa morgue, chaque jour est marqué par une baisse dans les intentions de vote. Bref, Macron c’est l’adversaire idéal pour Mme Le Pen.

Lui, nous l’avons dans le collimateur. Dès le 8 mai, s’il est élu et c’est loin d’être fait, il devra compter sur toi, sur nous pour combattre sa politique dans les entreprises, dans ton université, dans la rue.

 

Avec Mme Lepen, tu pourras ranger tes baskets. Là, on ne plaisante plus. C’est de liberté dont on parle. Liberté de parler, de s’organiser, de publier, de contester, de penser. Alors, je me permets de te dire qu’il faut malheureusement utiliser le bulletin Macron pour éviter le désastre. Et je t’invite à réfléchir sur ce que déclarait Dolores Ibarruri, la célèbre Pasionaria, pendant la guerre d’Espagne au cours de laquelle sont morts ou sont revenus gravement blessés plusieurs membres de notre famille : « Contre les fascistes nous nous allions jusqu’avec le diable et ensuite nous combattrons le diable. »

 

José Fort

 

Il y a quelques années, Michel Fugain chantait « La bête immonde », Katerine, lui, chantait « Marine Le Pen ». Ecoutons-les.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 19:25

Et maintenant ?

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Les lampions sont éteints. La clameur des meetings s’est tue et la gauche ne sera pas présente au 2 ème tour de l’élection présidentielle. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon portent une lourde responsabilité dans la voie ouverte à la droite et à Le Pen : leurs ambitions personnelles ont pris le pas sur l’intérêt général.

 

Une constatation s’impose : une élection sans union de la gauche ouvre grandes les portes aux forces de l’argent et de la haine.

 

Macron et Le Pen, ont désormais les mains libres pour rivaliser, sans contestation possible pendant les deux prochaines semaines, dans la poursuite et l’aggravation de la politique d’injustice sociale, de rejet, de tensions.

 

Les deux responsables de l’effacement de la gauche au second tour auraient pu trouver le chemin de l’unité. En vain. Le premier, Benoît Hamon, ancien ministre, ex frondeur n’a jamais clairement pris ses distances avec François Hollande. Lâché par les siens, quel sera son sort ? Le second, Jean-Luc Mélenchon a suscité un large engouement populaire rassemblant sur son nom des citoyens d’opinions diverses, la grande majorité de l’électorat communiste siphonnant une partie du vote socialiste mais pas suffisamment pour accéder au second tour.

 

Au lendemain de ce 23 avril, force est de constater que dans tous les cas de figure la note sociale sera salée, la confusion des esprits durera un long moment et la déception pourrait se traduire par la démoralisation.

 

La gauche affiche sa faiblesse. Le Parti socialiste sort laminé affichant d’un côté une tendance ultralibérale prête à toutes les compromissions avec le patronat et la finance, et de l’autre une composante qui a démontré son positionnement à gauche lors de la « primaire » plaçant Manuel Valls hors jeu. C’est avec cette gauche là qu’il faudra travailler en faveur de l’union. Quant aux fumeux discours sur la disparition du clivage gauche/droite, ils sont démentis par les urnes. La gauche, la vraie gauche existe et continuera d’exister.

 

Quant au parti communiste qui a loyalement mené campagne pour le candidat qu’il s’était majoritairement donné, il lui faudra analyser le nouveau contexte une fois les législatives passées. Une réflexion sereine, constructive et fraternelle est nécessaire, surtout pas dans la précipitation, d’autant qu’une urgence nous est infligée à tous : la menace le Pen. Pour la combattre, pour éviter le pire, que cela plaise ou non, ceux qui ont vécu dans leur chair familiale le fascisme me comprendront : nous ne disposerons malheureusement que d’un seul bulletin de vote. On ne transige pas avec le fascisme.

 

  1. 1 er mai sera notre premier rendez-vous de lutte. Puis, lors des législatives, au mois de juin, il s’agira d’ériger un rempart face à la politique réactionnaire qui s’annonce. Sa construction passe par l’élection de nombreux députés communistes et progressistes. Sans groupe communiste et républicain dans la future assemblée nationale, la droite et son extrême pourraient avoir les coudées franches pour casser les conquêtes sociales et installer un pouvoir autoritaire.

 

José Fort

 

 

Je me suis interrogé sur mon choix musical de ce soir. Lorsque je traverse des moments délicats, je choisis souvent d’écouter « Just rigolo » par Luis Prima. Allez on se fait un petit plaisir, on écoute.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 19:35

Les Sahraouis, le Maroc et Cuba

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h)

 

 

Depuis quarante ans, un peuple vit sous occupation étrangère. Je veux parler du peuple sahraoui toujours sous le joug du Maroc.

 

Un retour en arrière s’impose. Dès 1966, l'Assemblée générale de l'ONU avait acté le droit du peuple de cette ancienne colonie espagnole à l'autodétermination. En 1975, la Cour internationale de justice précisait qu'aucun document n'établissait la souveraineté du Maroc sur les territoires du Sahara occidental.

 

Le Sahara occidental c’est 266 000 km2 situé au Nord-Ouest de l’Afrique, bordé par la province marocaine de Tarfaya au nord, l’Algérie au nord-est, la Mauritanie à l'est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l’Atlantique. Ce territoire est revendiqué par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique proclamée en 1976 par le mouvement de libération le Front Polisario qui pouvait et peut toujours s’appuyer sur un accord massif des Sahraouis en faveur de l’indépendance, en opposition à l’intégration avec tout pays. L’argumentation du Maroc se limite à de prétendus accords passés avant la décolonisation avec des tribus. Quant au référendum préconisé par l’ONU sur le droit de chaque peuple à l’autodétermination, il n’a toujours pas eu lieu, le Maroc s’y opposant.

Le Sahara occidental vit donc toujours sous occupation sur un territoire dont la souveraineté du Maroc n'a été reconnue par aucun Etat. On notera que la France, quel que soit les gouvernements en place, privilégie ses relations avec Rabat la conduisant à déconsidérer les résolutions de l’ONU.

 

Rien de nouveau, allez-vous me dire. Peut-être, peut être pas.

Figurez-vous que le roi du Maroc vient de séjourner en vacances à Cuba, un pays avec lequel Rabat a rompu ses relations diplomatiques depuis près de quarante ans, lorsque la Havane avait reconnu officiellement la République arabe sahraoui démocratique. Mohammed VI ne s’est certainement pas limité aux plages idylliques de Cayo Santa Maria. Il aurait, dit-on, rencontré plusieurs dirigeants cubains sans autre précision. Alors que se passe-t-il ? Les Cubains lâcheraient-ils les Sahraouis ?

 

Une autre hypothèse me semble plus plausible. A l’instar de leur rôle essentiel joué lors des pourparlers entre les Farc de Colombie et le gouvernement de Bogota, les Cubains pourraient bien s’apprêter ou seraient déjà impliqués dans des pré-négociations entre le Maroc et le Front Polisario.

 

Cuba, un pays d’un peu plus de onze millions d’habitants nous a habitué à des réalisations considérables dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’environnement, de la culture, des sports, dans lutte contre le terrorisme importé au non de la défense des droits de l’homme par les Etats-Unis. Dans la coopération latino-américaine et des Caraïbes également. Dans la solidarité internationaliste aussi. Il faudrait ajouter au bilan de la Grande Ile, une diplomatie astucieuse, fine et intelligente. De quoi donner des idées à des grandes puissances comme la France engluées dans une diplomatie ringarde alignée sur des vieilles lunes.

La lutte pour la liberté des peuples devrait figurer en bonne place de nos préoccupations. En disant cela, je pense à la chanson interprétée par l’extraordinaire Aretha Franklin, un vibrant appel à la liberté, freedom, en anglais. Ecoutons Aretha Franklin.

 

José Fort

 

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:31

Le monde est fou

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Ce soir, je n’ai pas envie de sourire. Les tirs de missiles en fin de semaine dernière sur une base syrienne décidés par Donald Trump constituent un sérieux avertissement : la paix mondiale est en danger. Et rien n’est plus important que la la guerre et la paix.

 

Avant d’aller plus loin dans mon propos et afin d’éviter les interprétations malignes - telles celles lorsqu’on s’inquiète des dérives mélenchoniennes - une précision : le régime de Bachar el-Assad est une dictature sanguinaire. Rien ne peut justifier les bombardements massifs, les dizaines et centaines milliers de victimes et la répression féroce exercée depuis trop longtemps par l’ancien chirurgien oculaire de Damas.

 

J’ajoute que j’ai moi même eu à connaître la réalité du pouvoir syrien. En 1982, j’ai été arrêté puis expulsé de Syrie m’étant approché trop près de la ville de Hama en pleine révolte dont l’inspiration n’incombait pas seulement aux Frères musulmans. A cette époque déjà, plusieurs villes révoltées, comme Alep, avaient été réprimées dans le sang par Assad père entraînant de nombreuses victimes. Les massacres étaient passés sous silence ou presque dans le monde. En France, les présidents Mitterrand puis plus tard Chirac et Sarkozy n’ont-ils pas rivalisé de relations courtoises avec Assad père et fils ?

 

L’obligatoire précaution prise, revenons au propos liminaire : les missiles nord-américains balancés sur la Syrie menacent la paix.

 

Alors qu’une commission d’enquête de l’ONU était mandatée pour enquêter sur le massacre au gaz toxique survenu à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie et alors que les instances des Nations unies s’apprêtaient à en débattre, le président Trump décidait de déclencher le feu. On savait l’homme imprévisible. On sait désormais, même si on s’en doutait un peu, que ses propensions naturelles pourraient nous entraîner dans une aventure guerrière aux conséquences incalculables d’autant qu’il vient d’envoyer un porte avion dans la péninsule coréenne.

 

Le président nord-américain si méprisé par la classe politico-médiatique française et européenne est devenu soudainement fréquentable. Fillon qualifie la décision de Trump de « humaine et compréhensible » ; François Hollande et le candidat à l’élection présidentielle de ce qui reste du parti socialiste en perdition trouve la décision du cinglé de la Maison blanche de « normale » et « tardive ». A se demander si l’émotion affichée après le massacre de la semaine dernière ne relève pas du calcul purement politicien.

 

Il faudrait rappeler au sinistre Trump que la guerre n’est pas un show télévisé. Qu’à jouer avec le feu, si de l’autre côté on s’amuse à en rajouter, sa propriété dorée de Floride pourrait bien partir en fumée. Et quand en France, au milieu de ce monde fou, on délire sur l’énergie pacifique nucléaire sans trouver dangereux les missiles français qui se trimballent sous les mers, un conseil : si vous voulez faire la guerre, merci de ne pas compter sur nous.

 

José Fort

 

Ecoutons Pauline Ester qui chantait il y a déjà un moment « Le monde est fou ».

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 19:29

La bonne nouvelle venue de l’Equateur

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas savoir que le premier tour de l’élection présidentielle en France aura lieu le 23 avril, le second étant fixé au 6 mai.

 

Mais la France n’est pas le monde. D’autres consultations électorales ont eu lieu ce week-end ou vont avoir lieu prochainement. Serions-nous devenus tellement égocentriques pour ne pas les évoquer ?

 

 

 

Tenez, par exemple, les élections générales à Niue. Merci de prononcez NIUO Hé. Vous ne connaissez pas ? Niue est une île de l’océan Pacifique sud située à 2.400 KM au nord-est de la Nouvelle-Zélande, au centre d’un triangle formé par les îles Tonga, Samoa et Cook et découverte par James Cook en 1774. Sur ses 260 Km2 vivent environ 1600 personnes dont un peu plus de 500 dans la capitale Alofi. Sachez que le 6 mai prochain, 20 députés vont être élus au suffrage universel. La campagne électorale se déroule sans débordement, sans ralliement, sans coup fourré, sans sondage, sans cris, bref dans la bonne humeur, sauf dans quelques familles qui ont des comptes à régler.

 

Pourquoi parler de Niue? Rien, sauf qu’un peu d’exotisme ne nuit pas à la santé. Ce soir, nous aurons appris au moins une chose en géographie : Niue existe bel et bien.

 

Une autre élection, cette fois plus importante, a eu lieu hier. Cela se passait en Equateur pour une présidentielle se déroulant dans un contexte latino américain tendu. Au lendemain des dictatures, puis des politiques ultralibérales qui avaient ravagé le continent, plusieurs pays autrefois chasse gardée des Etats-Unis ont choisi la voie de la souveraineté, du développement, de la justice sociale. Un choix insupportable pour les dirigeants nord-américains qui ont mis au point une contre offensive économique et idéologique avec trois premières prises : le Brésil, le Honduras et le Paraguay, trois pays victimes de coups d’Etat institutionnels montés par les oligarchies locales soutenues activement par les Etats-Unis.

 

Le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur sont actuellement dans la ligne de mire de l’impérialisme yankee, la courageuse Ile de Cuba sous blocus économique US depuis plus d’un demi siècle ne baissant pas la garde, car durement expérimentée face aux agressions terroristes.

 

Hier, l’Equateur votait pour élire le successeur du charismatique président Rafael Correa qui ne se représentait pas.

 

Le candidat de la gauche, Lenin Moreno, affrontait lors du second tour de la présidentielle, la droite ultralibérale du banquier Guillermo Lasso. Militant révolutionnaire depuis le début des années 1970, Lenin, sans e SVP, s’est frotté à toutes les luttes émancipatrices de la société équatorienne.

En 1998, il a été victime d’un attentat. Gravement blessé au dos, il est devenu tétraplégique. Face au candidat de la droite, Lenin Moreno n’a cessé d’interpeller les Equatoriens sur deux visions pour le pays : « une patrie de citoyens ou un pays où nous ne sommes vus que comme des clients ».

 

Lenin Moreno a bénéficié du bilan de son prédécesseur. Deux millions d’Equatoriens sont sortis de la pauvreté, le pays s’est considérablement modernisé, s’est ouvert au monde, écoles et universités ont été construites, le patrimoine culturel a été valorisé et surtout, surtout, les Equatoriens ont retrouvé dignité et fierté.

 

Ses détracteurs se moquaient de Lenin Morano et de son handicap. Il a été élu président de l’Equateur avec près de 52% des suffrages au terme d’une sale campagne où toutes les droites et les services nord-américains ont joué la carte de la déstabilisation.

 

La gauche équatorienne a gagné. Et nous en sommes ravis.

 

José Fort

 

Pour célébrer cette victoire écoutons Sash !Ecuador.

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 14:08

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada. En direct tous les lundi à 19h)

Ce soir, en sortant de la gare St Jean à Bordeaux, j’ai été pris sous une grosse averse. En regardant la pluie tomber, je me suis posé la question suivante : à combien s’élève la vitesse d’une goutte ?

Un ami, savant, m’affirme que quels que soient la hauteur du nuage et le poids de chacune des gouttes, elles arrivent toutes sur le sol à une vitesse comprise entre 8 et 10 km/h. Cela est dû, me précise-t-il, à leur forme qui augmente l’effet de frottement dans l’atmosphère et empêche leur accélération.

Ca vous en bouche un coin, n’est-ce pas ? Mais pourquoi poser une telle question ? Mon léger désordre prostatique du moment explique-t-il ma réflexion sur la vitesse d’une goutte d’eau tombant du ciel? Il y a une autre raison.

Dans le train qui me menait à Bordeaux, un de mes compagnons de voyage s’est interrogé longuement sur la vitesse de l’information, sur la rapidité des changements politiques, sur la promptitude des réactions au moindre pets des omniprésents du commentaire, sur la célérité des retournements de veste. Bref, sur cette société qui au rythme effrayant imposé risque de dépasser une vitesse raisonnable comme celle de la goutte de pluie pour aller se fracasser à la vitesse, cette fois grand V, dans le piège tendu par les droites musclée filloniste, camouflée macroniste et néofasciste lepéniste.

Il ne s’agit plus seulement de rapidité mais d’une précipitation moutonnesque aveugle et mortifère. Serions nous condamnés à nous enfermer nous mêmes dans l’impasse ? Serions nous disposés à baisser les bras alors que la mobilisation populaire pour éviter le désastre est une affaire de jours ? Serions nous à la merci de ces prétendus responsables politiques aux égos démesurés qui nous mènent directement dans l’abime refusant de construire le nécessaire et large rassemblement permettant de résister aux forces de la réaction? Je ne le crois pas. Et je fais miens les propos des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot qui viennent de déclarer, je les cite :

« Nos enquêtes menées depuis trente ans auprès des dynasties familiales les plus fortunées démontrent une violence de classe et un appétit de richesses et de pouvoirs insatiable auxquels il est urgent de mettre fin avant qu’il ne soit trop tard. C’est pourquoi nous sommes atterrés devant l’impossibilité d’une dynamique entre la France insoumise, les communistes et tous les militants qui se reconnaissent dans la gauche radicale. Ne jamais oublier que nous sommes dans une guerre de classes dans laquelle l’ego des petits chefs n’a pas sa place et que c’est seulement dans la solidarité, la fraternité et le collectivisme que nous gagnerons cette guerre, qui, sinon, détruira la planète et l’humanité. » 

Vous et moi, amis auditeurs, nous ne sommes pas des courtisans évoluant autour des ayatollahs de la politique bien informés de l’ultime destination des derniers infidèles enfouis au plus profond de la mémoire oubliée. Nous sommes plus simplement des citoyens lambda qui veulent vivre mieux, dans un pays libre, démocratique et de justice sociale. Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons l’unité face au péril qui plane sur la France.  
José Fort

J’ai commencé cette chronique avec la vitesse des gouttes d’eau et la pluie. Je la termine ici à Bordeaux, comme le chante Zaz, je la cite,« sous un ciel gris et la pluie s’invite ». Ecoutons Zaz.

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 02:38

Hollande, la scoumoune

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Alors que sur toutes les ondes et sur tous les tons, le seul nom de Fillon revient inlassablement, je veux ce soir m’intéresser à celui qui a déjà disparu des radars de la politique, M. François Hollande. On l’aurait presque oublié, même s’il tente d’exister ce lundi soir avec un entretien publié dans le quotidien « Le Monde ».

 

Pourquoi cet intérêt allez-vous soupirer craignant pour ma santé mentale ? Et bien, parce que je me pose une question. Elle me taraude depuis cinq ans. Cet homme porte-il la scoumoune, la guigne, la mouscaille, bref la poisse ?

 

On peut raisonnablement s’interroger tant, depuis son élection, se sont abattues avec force et constance la pluie et la foudre sur ses défilés, ses commémorations, ses voyages. On pourra écrire dans les manuels d’Histoire que François Hollande a battu tous les records en matière… de calamités naturelles.

 

Ses fonctions présidentielles à peine prises, bonjour la poisse. Des tombereaux de flotte tombent lors de sa première sortie protocolaire à l’Arc de Triomphe. Un peu plus tard, la foudre frappe l’avion présidentiel en route pour Berlin.

 

Son déplacement à l’île de Sein, en Bretagne, est marqué par un déchaînement des éléments au point qu’un journaliste commentant le voyage s’exclame «Qui voit Sein voit sa fin».

 

Pour Hollande, le ciel est un ennemi puissant. En voyage au Maroc, où le temps est généralement clément, la pluie s’abat sans discontinuer sur les cérémonies officielles. Pour dérider la communauté française qui patauge sous la pluie, le chef de l'État masque ses déboires en citant le maréchal Lyautey: «Gouverner, c’est pleuvoir».

 

Il est accueilli par une pluie torrentielle à Tahiti. Deux jours plus tard, c'est l’avion présidentiel, qui reste cloué sur le tarmac de l'aéroport de Lima à cause d'une panne de la servocommande. «Peut-être à cause de l'humidité», soupirait un membre de la délégation concluant : «C'est rare. C'est pas de chance».

François Hollande change d’avion et arrive à Buenos Aires sous la grêle au milieu d'une grève générale.

La veille, à Lima, Hollande avait rencontré au plus fort d’un violent orage son homologue Ollanta Humala qui, le jour même, était accusé d'avoir reçu des pots-de-vin.

 

François Hollande porte la poisse. Jusqu’au chameau qui lui a été offert lors de son passage à Tombouctou, un cadeau du Mali lors de sa visite dans ce pays à l’occasion de l’opération « Serval ». La bête ne cessait de pousser des cris quand Hollande s’en approchait. Il avait d’abord été envisagé de la transporter en France après l’avoir fait vacciner, mais finalement il avait été décidé de le laisser sur sa terre natale dans une famille d’accueil.

On dit que Hollande a été très affecté en apprenant que l’animal avait été mangé lors d’une tajine-party géante.

 

Pas de chance avec le climat, le président. Pas de chance surtout pour nous et peut être demain pour les Européens puisqu’il briguerait, dit-on, la présidence de la Commission de Bruxelles.

 

Contrairement à ses promesses électorales, il a lâché sur tout : sur l’Europe, sur la finance, sur le social, sur la santé, sur le travail mais répondant, comme on dit familièrement, « à fond la caisse » aux exigences du patronat. Le chômage est au plus haut, la pauvreté atteint des sommets et pendant ce temps les riches n’ont jamais été aussi riches, les actionnaires empochant des dividendes de montants inégalés. Il s’est aligné sur la politique du gouvernement israélien, ignoré le terrible sort du peuple palestinien. Il a mené une politique atlantiste et renforcé la présence de la France dans l’Otan.

 

Sa malchance climatique, on s’en moque royalement. En revanche, la poisse qui tombe sur la majorité des Français nous regarde au premier chef. Jacques Chirac avait une formule savoureuse : « Les emmerdes ça volent toujours en escadrille. »

François Hollande qui remballera ses affaires dans peu de temps pourrait ajouter : « Les emmerdes ça volent en escadrille et aussi sous la pluie et la foudre. »

 

José Fort.

 

A propos d’emmerdes, je me surprends à fredonner la chanson « Mes emmerdes » interprétée par Charles Aznavour. Ecoute-le.

 

 

 

 

 

 

 

 

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