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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 14:08

Che et Fidel : deux frères de combat J’entends tellement d’âneries en ce moment sur les relations entre Fidel Castro et Che Guevara que je me permets de donner ma version. « J’ai toujours été fier de mon fils et je sais qu’il restera dans les mémoires comme un homme droit, courageux, défendant de nobles causes, des valeurs de justice et de liberté. Un vrai révolutionnaire. » Ainsi me parlait M. Guevara Lynch, le père de Ernesto Rafael Guevara de la Serna dit le « Che ». Au quinzième étage de l’Hôtel Habana Libre dans la capitale cubaine, nous avions pris l’habitude de prendre le café. Enfin, moi le café et lui le maté , l’infusion stimulante et diurétique traditionnelle argentine lors de nos « matinales » où nous échangions nos opinions sur un film, un bouquin, l’actualité internationale, l’orage de la veille et … la vie du « Che ». Aujourd’hui disparu, M. Guevara Lynch dont je conserve le souvenir d’un homme chaleureux m’a permis de découvrir la vie de son fils qui restera une figure emblématique du XX eme siècle. Ernesto Rafael Guevara de La Serna, né le jeudi 14 juin 1928 à Rosario, aurait pu vivre bourgeoisement dans son pays, l’Argentine. Fils de l’architecte Ernesto Guevara Lynch, de descendance espagnole et irlandaise, et de Celia de la Serna de la Llosa, fille de famille fortunée, le future Che, déjà asthmatique, a d’abord vécu dans les quartiers huppés de Buenos Aires puis dans la région de Cordoba, avant de s’installer à nouveau dans la capitale argentine. En 1947, il commence ses études et montre peu d’intérêt pour la politique, alors que ses parents affichent leur hostilité au régime péroniste. C’est une jeune communiste argentine, Berta Gilda Infante, connue sous le nom de Tita, qui lui propose ses premières lectures marxistes. Premier voyage au Chili, au Pérou, en Colombie en octobre 1950. A 23 ans, Il repart à la fin 1951 sillonner l’Amérique latine sur une Norton 500 cm3 baptisée « La Vigoureuse » avec son ami Alberto Granado qui vient de mourir à La Havane. La moto les lâche en cours de route et ils trouvent des petits boulots pour financer le voyage : marchands ambulants, dockers, plongeurs dans des restaurants et même entraîneurs de football. Ernesto rentre à Buenos Aires terminer ses études et devient médecin. Il reprend la route à la découverte du continent : Bolivie, Pérou, Equateur, Panama, Costa Rica, Honduras, Nicaragua, Salvador, pour finalement arriver au Guatemala. Il découvre la triste réalité du continent, la pauvreté, la surexploitation, la violence, l’arrogante colonisation nord-américaine. Plus tard, il déclara : « les conditions dans lesquelles j’avais voyagé m’avaient fait entrer en contact avec la misère, la faim et la maladie. J’ai eu sous les yeux la dégradation provoquée par la sous-alimentation et la répression. » Plus tard au Mexique, il rencontre Fidel Castro et décide de s’engager totalement dans le mouvement révolutionnaire aux côtés des rebelles cubains, qui lui donnent le surnom « El Che », che étant une interjection dans le langage parlé argentin (comme hé) dont Guevara usait souvent. « Je passais toute la nuit à parler avec Fidel », écrira Che, poursuivant : « A l’aube, j’étais le médecin de sa future expédition. Il est vrai que, depuis la dernière expérience vécue au cours de mes voyages à travers l’Amérique latine, et finalement au Guatemala, il ne fallait pas beaucoup pour m’inciter à entrer dans n’importe quelle révolution contre un tyran. Fidel m’a impressionné. Je fus gagné par son optimisme. Il fallait passer à l’action, combattre et concrétiser. » Che sera de tous les coups : le débarquement à Cuba du « Granma » en 1956, la guérilla dans la Sierra Maestra, la bataille de Santa Clara, la victoire de la révolution cubaine, l’entrée dans La Havane en janvier 1959. Un mois plus tard, pour service rendu à la patrie, Ernesto Guevara est déclaré citoyen cubain. Alors commence le deuxième chapitre de l’histoire. Guevara n’était pas un spécialiste de l’économie. Il effectue pourtant ses premiers déplacements à l’étranger pour traiter de ces questions puis occupe successivement les postes de président de la Banque nationale de Cuba et de ministre de l’Industrie. Etait-il le mieux placé pour occuper de telles fonctions ? A l’époque les candidats ne se pressaient pas au portillon. Quoi qu’il en en soit, l’attitude des gouvernants étatsuniens allait radicaliser la révolution. C’est ainsi que le Che notait qu’à « chaque coup de l’impérialisme US nous devions riposter. Chaque fois que les Yankees prenaient une mesure contre Cuba, nous devions immédiatement prendre une contre-mesure, et la révolution se radicalisait ainsi progressivement. » La construction du socialisme « ce drame étrange et passionnant », selon le Che, était à l’ordre du jour pour la première fois en Amérique latine. Entre 1963 et 1965, Guevara effectue de nombreux voyages dans le tiers-monde, en Chine et en URSS. Il critique « la bureaucratie du socialisme réel », affirmant que «la recherche marxiste avance sur une route dangereuse. Au dogmatisme intransigeant de l’époque de Staline a succédé un pragmatisme inconsistant ». En février 1965, lors d’un discours prononcé à Alger, il critique les pays dits socialistes « complices dans une certaine mesure de l’exploitation impérialiste. » La goutte qui fait déborder le vase de la colère des dirigeants soviétiques contre celui qui déclare : « Il faut fuir comme la peste la pensée mécanique. Le marxisme est un processus d’évolution. Le sectarisme à l’intérieur du marxisme crée un malaise, un refus de l’expérience. Le Che accepte aussi de reconnaître ses propres erreurs : l’excès de volontarisme, une politique souvent désastreuse en matière agricole, l’industrialisation à marche forcée ne prenant pas en compte les contraintes nationales et internationales fournissant une production de médiocre qualité à un prix élevé. Ernesto Guevara était médecin et révolutionnaire, pas économiste. Il en tirera les leçons. Une, particulièrement : il est impossible de construire le socialisme dans un seul pays, qui plus est dans une petite île dépourvue de matières premières et d’énergie et obligée de se soumettre aux lois du marché. La seule solution, selon lui, est dans l’extension de la révolution, permettant des échanges économiques justes, équitables et empêchant toute mainmise étrangère sur le pays et sur sa politique nationale et internationale. Le prélude à son célèbre mot d’ordre : « il faut créer un, deux, trois, plusieurs Vietnam », alors que ce pays d’Asie mène un terrible combat pour son indépendance contre la première puissance économique et militaire mondiale. Pour le Che, « nous ne pouvons rester indifférents devant ce qui se passe dans le monde. Une victoire ans n’importe quel pays contre l’impérialisme est notre victoire. Une défaite de n’importe quelle nation est notre défaite ». Le Che est toujours disponible. Il sillonne le pays, participe à la coupe de la canne à sucre, anime des débats là où on ne l’attend pas. On le voit dans les rues de la capitale jouer échecs. Pour lui, il s’agit d’un « jeu science » et s’inscrit fréquemment dans les tournois de classification. Il affirme que « le jeu d’échecs est un passe-temps, mais aussi un éducateur de raisonnement, et les pays qui ont des grandes équipe de joueurs d’échecs sont à la tête du monde dans d’autres domaines ». Le Che quitte les allées du pouvoir et Cuba en 1965. Le monde s’interroge : où est passé Guevara ? L’ancien ministre a repris son treillis vert olive – et des costumes-cravate pour franchir clandestinement les frontières – avec pour objectif l’élargissement du front anti-impérialiste, avec le total accord et soutien de Fidel Castro. Entre ces deux hommes aux qualités complémentaires, contrairement à une légende, l’entente était totale. Pour le père du Che « ils se partageaient les taches ». Ernesto Guevara part pour le Congo « venger » Patrice Lumumba assassiné et soutenir le mouvement révolutionnaire dans sa lutte contre Moïse Tschombé. La guérilla composée de Cubains et de Congolais s’enlise au fil des mois. Au manque de moyens et des dissensions entre les différents groupes rebelles congolais s’ajoutent les pressions venues de Moscou et de Pékin. Le Che devra constater que « nous ne pouvons pas libérer tout seul un pays qui ne veut pas se battre » et quittera l’Afrique, voyagera clandestinement, avant de lancer une guérilla en Bolivie. Son dernier combat à forte valeur symbolique et stratégique. Symbolique ? La Bolivie, dirigée à l’époque par le dictateur Barrientos, porte le nom de Simon Bolivar, leader des guerres d’indépendance contre la domination espagnole. Stratégique ? La Bolivie se trouve au cœur du continent et dispose de frontières avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, le Chili et le Pérou. Après plusieurs mois, la guérilla s’enfonce dans l’échec. Pour plusieurs raisons : le manque d’un soutien populaire, une armée bolivienne bénéficiant d’une aide massive des Etats-Unis, la mobilisation de la CIA sur le terrain, le mauvais choix du lieu d’installation de la guérilla, l’absence de relais avec les villes, le rejet par les organisations syndicales et progressistes et l’hostilité des communistes boliviens inspirés par Moscou. En ce début du mois d’octobre 1967, la plupart des compagnons du Che sont morts ou en fuite. Guevara tente d’échapper à la traque. En vain. Cerné, il est fait prisonnier au matin du 8 octobre à quelques kilomètres de La Higuera, une petite ville situé dans la précordillère andine. Blessé, il est installé sous bonne garde dans une classe d’une petite école. Les responsables de la CIA et les hommes du dictateur Barrientos consultent La Paz et Washington. Et c’est au colonel Zentana que revient l’ordre de tuer Guevara. Le Che aura le temps d’écrire : « c’est la dernière fois que je vois le soleil se coucher. » Neuf ans plus tard, le colonel Zentana sera abattu dans une rue de Paris. José Fort

28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 17:34

Les 4 axes prioritaires de la Révolution

 

 

Mon article dans « l’Humanité » de ce lundi

 

 

Lorsque les barbudos prennent le pouvoir à Cuba, le pays présente toutes les caractéristiques d’un pays colonisé, sous développé, une sorte de République bananière avec d’un côté la richesse et la corruption,  de l’autre  le dénuement.  

 

A La Havane, la mafia nord-américaine tient la capitale avec ses casinos, ses 10.000 prostituées, ses hôtels, ses réseaux de drogue, ses flics à la botte, ses élites véreux.

Dans les quartiers populaires des villes et surtout dans les campagnes,  les laissés pour compte survivent dans la misère et la violence. Le 1 er janvier 1959, tout est à construire. Tout est à penser.

 

A peine les révolutionnaires installés dans la capitale et dans toutes les villes du  pays, Fidel Castro convoque une réunion avec pour objectif  l’attribution des principaux ministères. Il fait chaud dans la salle enveloppée d’un épais nuage de fumée et Fidel a du mal à se faire entendre au milieu du brouhaha. Il demande «  qui a des dispositions pour diriger la banque nationale ? » Un doigt se lève, celui de Che Guevara.  Il ne s’attardera pas à ce poste même s’il aura le temps de signer des billets devenus collector.  Il expliquera plus tard qu’il avait confondu, croyant qu’il s’agissait du ministère de l’Economie. Un poste qu’il occupera aussi un bref moment. Che n’était pas fait pour ça.

 

Pour Fidel Castro, quatre axes d’action devaient être rapidement mis en chantier : l’éducation, la santé, la culture et le sport. 56 ans après, malgré le blocus et toutes les difficultés et erreurs, aucun pays de la région ne peut afficher un bilan comparable à celui de Cuba.

 

Education ? Il fallait d’abord alphabétiser surtout dans les campagnes. En 2016, le taux d’alphabétisation s’élève à 99,8%, l’illettrisme ayant pratiquement disparu. Le taux de scolarisation est le plus élevé de l’Amérique latine avec 99,7% des enfants disposant d’une éducation gratuite jusqu’à l’université. Résultat ? Cuba accouche de scientifiques de très haut niveau en ayant investi prioritairement dans la recherche avec des résultats spectaculaires en matière médicale notamment les cancers. Qui dit mieux ?

 

La santé ?  Les campagnes disposaient de très peu de médecins. Il fallait aller à la ville pour tenter de se faire soigner dans des structures médicales payantes. Aujourd’hui, l’île des Caraïbes est une référence mondiale dans ce domaine.

En 1959, Cuba ne comptait que 6 286 médecins. Parmi ces derniers, 3 000 ont choisi de quitter le pays, l’administration Eisenhower ayant décidé de vider la nation de son capital humain, au point de créer une grave crise sanitaire.

Face à cela, Cuba s’était engagée à investir massivement dans la médecine, en universalisant l’accès aux études supérieures et instaurant la gratuité dans tous les cursus. Ainsi, il existe aujourd’hui 24 facultés de médecine (contre une seule en 1959) dans treize des quinze provinces cubaines, et le pays dispose de plus de 43 000 professeurs de médecine. Avec un médecin pour 148 habitants, selon l’Organisation mondiale de la Santé, Cuba est la nation au monde la mieux pourvue dans ce secteur avec un réseau de 161 hôpitaux et 452 polycliniques. Les médecins cubains sont présents dans de nombreux pays et des centaines d’étudiants étrangers sont formés dans la Grande Ile. Qui fait mieux ?

 

 

La Culture  et les sports? Si à Cuba de tout temps, la musique et les danses populaires sont reines, aujourd’hui le cercle d’intérêt s’est élargi avec la musique classique et la danse. Sans compter sur une production littéraire et cinématographique internationalement reconnue. Quant au sport, des noms comme Juantorena ou Stevenson résonnent encore dans la mémoire collective. De nombreux jeunes champions suivent leur trace, alors que l’activité sportive est une matière pratiquée comme une autre dans les écoles. Quel autre pays de la région peut en dire autant ?

 

Voici un pays en développement où l’espérance de vie s’élève à 76 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs.  En matière de «  dictature », on fait mieux.

 

 

 

 

26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 06:45

Fidel Castro : un géant du XX ème siècle Un récit de José Fort Dans la chambre 212 de l’hôtel National à La Havane, Michael Mc Lanay, l’homme de main du chef de la mafia New-Yorkaise Meyer Lansky, s’inquiétait. Il était près de minuit ce 31 décembre 1958. Le gangster avait fait son tour de salle au Casino Parisien situé au rez-de-chaussée de l’établissement où les habitués de la haute société cubaine et nord-américaine ainsi que des diplomates et des touristes fortunés se pressaient autour des tables de jeux. Il s’étonnait d’une absence : celle de Santiago Rey Pernas, un ministre de Batista plein aux as, pour lequel un étage était aménagé avec roulette spéciale, filles et alcools à disposition. Michael Mc Lanay tenait de bonne source que les guérilleros conduits par Ernesto Che Guevara contrôlaient la ville de Santa Clara, les hommes de Fidel Castro encerclaient Santiago de Cuba, ceux de Camilo Cienfuegos s’approchaient de la capitale. Un employé de l’hôtel nettoyait sa chambre. « Dis-moi Jorge », lui dit Mc Lanay, « tu sais quelque chose » ? Jorge haussa les épaules, sans piper mot. Le gangster allait bientôt apprendre les raisons de l’absence du ministre, pourquoi serveurs et croupiers échangeaient des propos à voix basse. Un avion venait de décoller de l’aéroport Columbia dans la proche banlieue de la capitale avec à son bord Batista, sa famille, un groupe de ministres et d’officiers. Le dictateur s’enfuyait vers Saint Domingue avec des valises pleines de 45 millions de dollars. Quelques jours plus tard, les gangsters préparant leur départ convoquaient Jorge. « Nous avons mis le Casino et un compte de 250.000 dollars à ton nom. Garde-nous tout cela au chaud, nous reviendrons bientôt ». Mc Lanay ne savait pas que Jorge était le représentant du mouvement révolutionnaire à l’hôtel National. Il deviendra capitaine au Ministère cubain de l’Intérieur. La Havane vivait dans une frénésie de vie nocturne et de paillettes. Les cabarets faisaient le plein, on dépensait des fortunes à la roulette, 10.000 prostituées vantaient leurs charmes, les voitures de luxe sillonnaient la ville tandis qu’en province régnait la misère. Fidel Castro et ses compagnons préparaient leur entrée dans La Havane. Rarement un révolutionnaire, un homme d’Etat aura provoqué autant de réactions aussi passionnées que Fidel Castro. Certains l’ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d’autres ont d’abord pris leurs distances avant de se rapprocher de ce personnage hors du commun. Fidel Castro n’a pas de pareil. Il était « Fidel » ou le « Comandante » pour les Cubains et les latino-américains, pas le « leader maximo », une formule ânonnée par les adeptes européo-étatsuniens du raccourci facile. Quoi qu’ils en disent, Fidel Castro restera un géant du XX ème siècle. Le jeune Fidel, fils d’un aisé propriétaire terrien, né il y a 81 ans à Biran dans la province de Holguin, n’affiche pas au départ le profil d’un futur révolutionnaire. Premières études chez les Jésuites, puis à l’université de La Havane d’où il sort diplômé en droit en 1950. Il milite dans des associations d’étudiants, tape dur lors des affrontements musclés avec la police dans les rues de la capitale, puis se présente aux élections parlementaires sous la casaque du Parti orthodoxe, une formation se voulant « incorruptible » et dont le chef, Chivas, se suicida en direct à la radio. Un compagnon de toujours de Fidel, Alfredo Guevara, fils d’immigrés andalous et légendaire inspirateur du cinéma cubain, dira de lui : « Ou c’est un nouveau José Marti (le héros de l’indépendance), ou ce sera le pire des gangsters ». Le coup d’Etat du général Fulgencio Batista renverse le gouvernement de Carlos Prio Socarras et annule les élections. Voici le jeune Castro organisant l’attaque armée de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953. Un échec. Quatre-vingts combattants sont tués. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, Fidel rédige « l’Histoire m’acquittera », un plaidoyer expliquant son action et se projetant sur l’avenir de son pays. Libéré en 1955, il s’exile avec son frère Raul au Mexique d’où il organise la résistance à Batista. Son groupe porte le nom « Mouvement du 26 juillet ». Plusieurs opposants à la dictature rejoignent Fidel. Parmi eux, un jeune médecin argentin, Ernesto Rafael Guevara de la Serna. Son père me dira plus tard : « Au début, mon fils le Che était plus marxiste que Fidel ». Fidel communiste ? Fidel agent du KGB ? Fidel Castro à cette époque se définit comme un adversaire acharné de la dictature, un adepte de la philosophie chère à Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, et adhère au projet de Lincoln de coopération entre le capital et le travail. Raul et plusieurs de ses compagnons sont nettement plus marqués à gauche. Le 2 décembre 1956, Fidel monte une expédition avec 82 autres exilés. Venant du Mexique à bord d’un bateau de plaisance, le « Granma », ils débarquent après une traversée mouvementée dans la Province Orientale (sud-est de Cuba). La troupe de Batista les y attend. Seuls 12 combattants (parmi lesquels Ernesto Che Guevara, Raul Castro, Camilo Cienfuegos et Fidel) survivent aux combats et se réfugient dans la Sierra Maestra. Commence alors une lutte de guérilla avec le soutien de la population. Fidel Castro apparaît au grand jour dans les journaux nord-américains et européens, accorde des interviews, pose pour les photographes, parle sur les radios. A Washington, on ne s’en émeut guère lassés des frasques d’un Batista peu présentable. Après l’entrée de Fidel dans La Havane, le 9 janvier 1959, on observe avec intérêt ce « petit bourgeois qui viendra à la soupe comme tout le monde », ricane-t-on au département d’Etat. Même le vice-président Nixon mandaté pour le recevoir afin de vérifier s’il est communiste soufflera à Eisenhower : « C’est un grand naïf, nous en ferons notre affaire ». Tant que Fidel ne s’attaque pas à leurs intérêts économiques, les dirigeants étasuniens ne s’alarment pas. Lorsque la révolution commence à exproprier des industries nord-américaines, la United Fruit par exemple, la donne change brutalement. Le premier attentat dans le port de La Havane, le 4 mars 1960, sonne le prélude à une longue liste d’actes terroristes : le cargo battant pavillon tricolore, La Coubre, qui avait chargé des munitions à Hambourg, Brème et Anvers explose dans le port de La Havane faisant plus de cent morts, dont six marins français. Ulcéré, le général de Gaulle donne l’ordre d’accélérer la livraison des locomotives commandées du temps de Batista. Elles font l’objet d’étranges tentatives de sabotage. Les dockers CGT du port du Havre surveilleront le matériel jusqu’au départ des navires. Une opération de grande envergure se préparait du côté de Miami : le débarquement de la Baie des Cochons. En avril 1961, au lendemain de l’annonce par Fidel de l’orientation socialiste de la révolution, le gouvernement des Etats-Unis missionne la CIA pour encadrer 1400 exilés cubains et mercenaires latino-américains en espérant, en vain, un soulèvement populaire. Fidel en personne dirige la contre-attaque. La tentative d’invasion se solde par un fiasco. Les Etats-Unis signent là leur déclaration de guerre à la révolution cubaine. Pendant des dizaines d’années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d’assassiner Fidel, jusqu’à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, introduiront la peste porcine et des virus s’attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l’asphyxie économique de l’île en décrétant un embargo toujours en vigueur. « El Caballo » (le cheval) comme l’appelaient parfois les gens du peuple, ce que Fidel n’appréciait pas, aura survécu à Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Ford et assisté aux départs à la retraite de Carter, Bush père et Clinton. Il dira de Bush fils « celui là, il finira très mal. » Tant d’années d’agressions, tant d’années de dénigrement et de coups tordus, tant d’années de résistance d’un petit pays de douze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale. Qui fait mieux ? Lorsqu’on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d’abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l’épanouissement de la démocratie telle que nous la concevons en occident et que, à l’instar de George Bush, certains souhaiteraient calquer mécaniquement en d’autres endroits du monde, particulièrement dans le Tiers monde? Lorsque dans les salons douillets parisiens, on juge, tranche, condamne, sait-on au juste de quoi on parle ? La crise des fusées ? Lorsque l’URSS dirigée par Nikita Khrouchtchev décide en 1962 d’installer à Cuba des missiles afin, officiellement, de dissuader les Etats-Unis d’agresser l’île, la « patrie du socialisme » répond à une demande de Raul Castro mandaté par Fidel. La direction soviétique fournit déjà à Cuba le pétrole que lui refuse son proche voisin. Elle met deux fers au feu : dissuader les Etats-Unis d’agresser Cuba, afficher un clair avertissement à Washington sur l’air de « nous sommes désormais à proximité de vos côtes ». La tension atteint un point tel qu’un grave conflit mondial est évité de justesse. Les missiles soviétiques retirés, Fidel regrettera que le représentant de l’URSS à l’ONU n’ait pas reconnu la réalité des faits. « Il fallait dire la vérité », disait-il. Il fut bien obligé de se plier à la décision finale de Moscou même si dans les rues de La Havane des manifestants scandaient à l’adresse de Khrouchtchev : « Nikita, ce qui se donne ne se reprend pas. » Entre Moscou et La Havane, au-delà des rituels, les relations ont toujours été conflictuelles. Pas seulement, pure anecdote, parce que des « responsables » soviétiques ignorants faisaient livrer des chasse-neige à la place des tracteurs attendus. Les Soviétiques voyaient d’un mauvais œil le rôle croissant de Fidel dans le mouvement des non alignés, l’implication cubaine aux côtés des mouvements révolutionnaires latino-américains puis l’aide à l’Afrique. Ils ne supportaient pas la farouche volonté d’indépendance et de souveraineté de La Havane et ont été impliqués dans plusieurs tentatives dites « fractionnelles » reposant sur des prétendus « communiste purs et durs », en fait marionnettes de Moscou, pour tenter de déstabiliser Fidel. Une fois l’URSS disparue, les nouveaux dirigeants russes ont pratiqué avec le même cynisme abandonnant l’île, coupant du jour au lendemain les livraisons de pétrole et déchirant les contrats commerciaux. Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d’achat ? L’Espagne, ancienne puissance coloniale, a laissé à Cuba un héritage culturel, les Etats-Unis son influence historique et ses détonants goûts culinaires comme le mélange de fromage et de confiture. Mais la Russie ? Rien, même pas le nom d’un plat ou d’un cocktail. L’exportation de la révolution ? Fidel n’a jamais utilisé le mot « exportation ». Ernesto Che Guevara, non plus. Ils préféraient évoquer la « solidarité » avec ceux qui se levaient contre les régimes dictatoriaux, créatures des gouvernements nord-américains. Doit-on reprocher ou remercier Fidel d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl ? Doit-on lui reprocher ou le remercier d’avoir soutenu les insurrections armées au Nicaragua, au Salvador et d’avoir sauvé, face à l’indifférence des dirigeants soviétiques, l’Angola fraîchement indépendante encerclée par les mercenaires blancs sud-africains fuyant, effrayés, la puissance de feu et le courage des soldats cubains, noirs pour la plupart ? Dans la mémoire de millions d’hommes et de femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Fidel et le Che sont et resteront des héros des temps modernes. Les libertés ? Fidel, un tyran sanguinaire ? Il y eut d’abord l’expulsion des curés espagnols qui priaient le dimanche à la gloire de Franco. Complice de Batista, l’église catholique cubaine était et demeure la plus faible d’Amérique latine alors que la « santeria », survivance des croyances, des divinités des esclaves africains sur lesquels est venue se greffer la religion catholique, rassemble un grand nombre de noirs cubains. Les relations avec l’Eglise catholique furent complexes durant ces longues années jusqu’au séjour de Jean Paul II en 1998 annoncée trop rapidement comme l’extrême onction de la révolution. Ce n’est pas à Cuba que des évêques et des prêtres ont été assassinés, mais au Brésil, en Argentine, au Salvador, au Guatemala et au Mexique. Il y eut la fuite de la grande bourgeoisie, des officiers, des policiers qui formèrent, dès la première heure, l’ossature de la contre révolution encadrée et financée par la CIA. Il y eut ensuite les départs d’hommes et de femmes ne supportant pas les restrictions matérielles. Il y eut l’insupportable marginalisation des homosexuels. Il y eut les milliers de balseros qui croyaient pouvoir trouver à Miami la terre de toutes les illusions. Il y eut la froide exécution du général Ochoa étrangement tombé dans le trafic de drogue. Il y eut aussi ceux qui refusaient la pensée unique, la censure édictée par la Révolution comme « un acte de guerre en période de guerre », les contrôles irritants, la surveillance policière. Qu’il est dur de vivre le rationnement et les excès dits « révolutionnaires ». Excès? Je l’ai vécu, lorsque correspondant de « l’Humanité » à La Havane, l’écrivain Lisandro Otero, alors chef de la section chargée de la presse internationale au Ministère des Affaires étrangères, monta une cabale de pur jus stalinien pour tenter de me faire expulser du pays. Ceux qui osent émettre une version différente d’un « goulag tropical » seraient soit des « agents à la solde de La Havane », soit victimes de cécité. Que la révolution ait commis des erreurs, des stupidités, des crimes parfois n’est pas contestable. Mais comment, dans une situation de tension extrême, écarter les dérives autoritaires? A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée, comme le reconnaît Amnesty international. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Il n’y a jamais eu des dizaines de milliers de détenus politiques dans l’île mais un nombre trop important qui ont dû subir pour certains des violences inadmissibles. Mais n’est-ce pas curieux que tous les prisonniers sortant des geôles cubaines aient été libérés dans une bonne condition physique ? Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 75 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs. Où, dans cette région du monde, peut-on présenter un tel bilan ? Fidel aura tout vécu. La prison, la guérilla, l’enthousiasme révolutionnaire du début, la défense contre les agressions, l’aide internationaliste, l’abandon de l’URSS, une situation économique catastrophique lors de la « période spéciale », les effets de la mondialisation favorisant l’explosion du système D. Il aura (difficilement) accepté l’adaptation économique avec un tourisme de masse entraînant la dollarisation des esprits parmi la population au contact direct des visages pâles à la recherche de soleil, de mojito, de filles où de garçons. Comment ne pas comprendre les jeunes cubains, alléchés par l’écu ou le dollar, et regardant avec envie les visiteurs aisés venus de l’étranger ? Il aura, enfin, très mal supporté le retour de la prostitution même si dans n’importe quelle bourgade latino-américaine on trouve plus de prostituées que dans la 5 eme avenue de La Havane. Alors, demain quoi ? Fidel mort, la révolution va-t-elle s’éteindre ? Il ne se passera pas à Cuba ce qui s’est produit en Europe de l’Est car la soif d’indépendance et de souveraineté n’est pas tarie. Les adversaires de la révolution cubaine ne devraient pas prendre leurs désirs pour la réalité. Il y a dans cette île des millions d’hommes et de femmes – y compris de l’opposition – prêts à prendre les armes et à en découdre pour défendre la patrie. Fidel avait prévenu en déclarant : « Nous ne commettrons pas l’erreur de ne pas armer le peuple. » Le souvenir de la colonisation, malgré le fil du temps, reste dans tous les esprits, les progrès sociaux enregistrés, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, constituent désormais des acquis. Il y a plus. La révolution a accouché d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes refusant le retour au passé, des cadres « moyens » de trente à quarante ans très performants en province, des jeunes dirigeants nationaux aux talents confirmés. Une nouvelle époque va s’ouvrir et elle disposera d’atouts que Fidel n’avait pas. L’Amérique latine, ancienne arrière cour des Etats-Unis, choisit des chemins progressistes de développement, l’intégration régionale est en marche, les échanges économiques permettent le transfert de savoir faire contre des matières stratégiques, comme le pétrole avec le Venezuela notamment, le prestige de la révolution cubaine demeure intacte auprès des peuples latino-américains. Cuba, enfin, peut respirer. Il n’y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution. Obligatoire. Pour qu’elle puisse s’effectuer dans les meilleures conditions, il faudra que les vieux commandants de la Révolution rangent leurs treillis vert olive, prennent leur retraite et passent la main. Les atlantes du futur, de plus en plus métissés, sont prêts. Ne sont-ils pas les enfants de Fidel ? José Fort

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:54

 

 

Barack Obama, trop rapidement décoré du Prix Nobel de la Paix au tout début de son premier mandat, vient de faire une tournée d’adieu à l’Europe. Quelle capitale a-t-il choisi pour dire bye bye à ses collègues, certains d’entre eux en phase gouvernementale terminale ?  Berlin, et oui, Berlin.

 

Obama qui laisse le monde Trumporisé n’a pas choisi par hasard la capitale du pays qui gère l’Europe à la schlague austéritaire. Inutile de perdre son temps à Paris, Rome et Madrid. Il lui suffisait de siffler pour que ses affidés Hollande, Renzi et Rajoy  rappliquent vite fait chez la cheftaine berlinoise, d’autant que celle-ci s’apprêtait à annoncer son intention de briguer un quatrième mandat.

 

Obama, la semaine dernière, c’était comme un prêtre pressé qui dispense dans la même foulée le baptême et l’extrême onction. Fallait faire vite, à l’américaine, et ne pas s’encombrer de préalables inutiles. Quatre heures, repas compris, comme un autre président réglait l’affaire en dix minutes, douche comprise.

 

Autour de la table du déjeuner vendredi à Berlin, Hollande qui avait imprudemment soutenu la candidature de Mme Clinton a sans réserve approuvé les nouvelles « sanctions » contre la Russie tout en essayant d’en savoir un peu plus sur le prochain président des Etats-Unis. Car il se fait du mouron Flanby.  Trump qui se fiche comme  d’une guigne des amateurs d’escargots, de spaghettis et de paella, a déjà eu quelques amabilités amers pour fraise des bois, Hollande pour les non initiés. Le Trump a de la mémoire.

 

Bref, Obama est reparti chez lui en laissant les convives sur leur faim. Tous, sauf la chancelière avec qui il s’était entretenu les yeux dans les yeux. On dit que Babar a regagné Paris furieux. On le comprend. Etre moqué à Paris, il a l’habitude, être méprisé à Berlin, c’est plus dégradant.

 

L’image de l’Europe made in Germany s’est affichée en grand format vendredi à Berlin. La chancelière allemande aux commandes pour imposer une politique de restrictions sociales et un alignement sur les diktats austéritaires, bref tout ce dont les peuples ne veulent plus en le faisant savoir par des votes désespérés ou des abstentions. Pour une bonne part, la montée des extrêmes droites sur notre continent est la conséquence de cet édifice européen désastreux pour la vie des gens qu’il faut reconstruire de la cave au grenier. Au risque sinon de sombrer dans l’aventure dans laquelle nous conduit la prétendue élite qui se donne en spectacle comme dimanche soir avec la primaire de la droite reléguant Sarkozy aux oubliettes et privilégiant Fillon, le Thatcher sarthois. L’élite ?   « L’élite, celle qui dirige à sa convenance et pour les intérêts de la haute caste avec un saint mépris de ses contemporains courant comme des enfants après les hochets qu’on agite devant leurs yeux naïfs avides de rogatons », écrit Régis Jauffret dans son dernier ouvrage que je vous recommande «  Cannibales » chez Seuil.

 

Obama est rentré chez lui. Son entourage indique qu’il reviendra en Allemagne, plus précisément à Munich, lors de la prochaine fête de la bière. J’aime la bière, même si je lui préfère le vin. Avec, comme on dit hypocritement, modération. Je l’aime surtout en écoutant Jacques Brel la célébrer. Ecoutons-le.

 

(Ma chronique sur Radio Art Mada en direct à 19h15)

 

 

 

 

 

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:51

Obama, comme un prêtre pressé… Barack Obama, trop rapidement décoré du Prix Nobel de la Paix au tout début de son premier mandat, vient de faire une tournée d’adieu à l’Europe. Quelle capitale a-t-il choisi pour dire bye bye à ses collègues, certains d’entre eux en phase gouvernementale terminale ? Berlin, et oui, Berlin. Obama qui laisse le monde Trumporisé n’a pas choisi par hasard la capitale du pays qui gère l’Europe à la schlague austéritaire. Inutile de perdre son temps à Paris, Rome et Madrid. Il lui suffisait de siffler pour que ses affidés Hollande, Renzi et Rajoy rappliquent vite fait chez la cheftaine berlinoise, d’autant que celle-ci s’apprêtait à annoncer son intention de briguer un quatrième mandat. Obama, la semaine dernière, c’était comme un prêtre pressé qui dispense dans la même foulée le baptême et l’extrême onction. Fallait faire vite, à l’américaine, et ne pas s’encombrer de préalables inutiles. Quatre heures, repas compris, comme un autre président réglait l’affaire en dix minutes, douche comprise. Autour de la table du déjeuner vendredi à Berlin, Hollande qui avait imprudemment soutenu la candidature de Mme Clinton a sans réserve approuvé les nouvelles « sanctions » contre la Russie tout en essayant d’en savoir un peu plus sur le prochain président des Etats-Unis. Car il se fait du mouron Flanby. Trump qui se fiche comme d’une guigne des amateurs d’escargots, de spaghettis et de paella, a déjà eu quelques amabilités amers pour fraise des bois, Hollande pour les non initiés. Le Trump a de la mémoire. Bref, Obama est reparti chez lui en laissant les convives sur leur faim. Tous, sauf la chancelière avec qui il s’était entretenu les yeux dans les yeux. On dit que Babar a regagné Paris furieux. On le comprend. Etre moqué à Paris, il a l’habitude, être méprisé à Berlin, c’est plus dégradant. L’image de l’Europe made in Germany s’est affichée en grand format vendredi à Berlin. La chancelière allemande aux commandes pour imposer une politique de restrictions sociales et un alignement sur les diktats austéritaires, bref tout ce dont les peuples ne veulent plus en le faisant savoir par des votes désespérés ou des abstentions. Pour une bonne part, la montée des extrêmes droites sur notre continent est la conséquence de cet édifice européen désastreux pour la vie des gens qu’il faut reconstruire de la cave au grenier. Au risque sinon de sombrer dans l’aventure dans laquelle nous conduit la prétendue élite qui se donne en spectacle comme dimanche soir avec la primaire de la droite reléguant Sarkozy aux oubliettes et privilégiant Fillon, le Thatcher sarthois. L’élite ? « L’élite, celle qui dirige à sa convenance et pour les intérêts de la haute caste avec un saint mépris de ses contemporains courant comme des enfants après les hochets qu’on agite devant leurs yeux naïfs avides de rogatons », écrit Régis Jauffret dans son dernier ouvrage que je vous recommande « Cannibales » chez Seuil. Obama est rentré chez lui. Son entourage indique qu’il reviendra en Allemagne, plus précisément à Munich, lors de la prochaine fête de la bière. J’aime la bière, même si je lui préfère le vin. Avec, comme on dit hypocritement, modération. Je l’aime surtout en écoutant Jacques Brel la célébrer. Ecoutons-le. (Ma chronique sur Radio Art Mada en direct à 19h15)

14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 19:48

 

 

Ma chronique sur Radio Art-Mada (tous les lundi en direct à 19h15)

 

 

 

Tranquillisez-vous. Je ne vais pas vous faire le coup du monsieur je sais tout à propos du résultat des élections nord-américaines.   Quelques constatations, tout de même :

 

1/Tous les sondages et commentateurs se sont plantés magistralement prenant leurs désirs pour réalité.

 

2/ Hillary Clinton a recueilli 200.000 voix de plus que Donald Trump. C’est vrai et cela ne change rien compte tenu de l’ancestral système électoral en vigueur aux Etats-Unis. On oublie simplement de préciser qu’elle a perdu plusieurs millions de suffrages qui s’étaient portés, il y a quatre ans, sur Obama.

 

3/ Les électeurs qui avaient accompagné les propositions «  progressistes » de Bernie Sanders lors des primaires démocrates ont boudé en partie les urnes, les jeunes particulièrement. Il est absurde d’affirmer que Sanders aurait fait mieux que Clinton, le ventre mou du parti démocrate opposé à celui qui avait donné un véritable sens à la campagne électorale étatsunienne aurait à coup sûr fui les urnes.

 

4/ Enfin, si le milliardaire a réuni sur son nom une partie de la caste des nantis, Clinton s’en partageant l’autre moitié, le fait majeur est le très fort taux d’abstention (plus de 50%) et le ralliement au nouveau président de nombreux ouvriers, de la classe moyenne paupérisée, des chômeurs et les laissés pour compte de la société yankee.

 

Je m’arrête là. Sauf que je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement avec le récent vote britannique et la montée de l’extrême droite dans plusieurs pays européens. Les mêmes raisons entraînent les mêmes résultats. Mêmes causes, mêmes effets.  Et si nous n’y prenons garde, au printemps prochain, en France, nous n’aurons plus, comme on dit familièrement, que les yeux pour pleurer. Alors ? Alors ?

 

 

Il reste un peu moins de six mois pour construire un vaste rassemblement à gauche pour éviter le pire. Comme Aragon l’écrivait «  quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat ».

 

Ce n’est donc pas  l’alignement sur la désastreuse politique Hollande-Valls qui permettrait de résister à la menace brune. Ce n’est pas aussi le ralliement à un candidat autoproclamé, à l’égo démesuré et au programme inquiétant qui ouvrirait la voie pour battre la droite et son extrême, certain qu’il sera disqualifié pour le second tour de la présidentielle même s’il enregistrait un score important.

 

Pour combattre la menace, il faut voir autre chose, autre chose de plus grand, plus large, plus populaire, plus efficace. Cela se construit et nous n’avons plus que 6 mois pour le faire. Si nous y parvenons, les élections nord-américaines auront servi à quelque chose.

 

 - Avant de vous quitter, je veux rendre un hommage au poète, à l’écrivain, au chanteur Leonard Cohen. J’ai choisi ce soir son interprétation de The Partisan un hymne aux combattants en lutte en Espagne et aux Résistants. Ecoutons-le.

 

 

 

 

 

 

7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 20:42

 

 

 

Il y a quelques années, du temps de Georges Bush - un criminel de haut vol, un sot à brouter la carpette - mes amis de New York de passage à Paris m’avouaient leur honte de partager le même passeport que l’ancien président des Etats-Unis. « Ce type est un imbécile, un provocateur, un danger pour notre sécurité et celle du monde avec ses guerres à répétition. Il se complait aussi et surtout dans une bêtise crasse à nous faire passer pour des abrutis», me disaient mes copains yankees à l’époque.

 

Le temps s’est écoulé et ces mêmes amis toujours de passage à Paris me balançaient l’autre jour. « Nous avions honte. Avec Hollande, Valls, Sarkozy, Le Pen et les autres, t’as pas aussi un peu honte ? »

 

J’ai eu beau me démener en affirmant mes distances avec ces personnages et leurs politiques, rien n’y a fait : les quolibets me revenaient direct avec un brin de moquerie.

 

 

C’est vrai. Nous n’avons pas être fiers. Un président carbonisé, des sous-fifres fuyant le navire en perdition, une gauche en mal de rassemblement polluée par un nouveau Bonaparte aux allures de général Boulanger, des frondeurs couards, une droite et son extrême baignant dans le pétainisme nouvelle manière, pas de quoi donner des leçons. Il y a plus.

 

L’autre soir, j’ai entendu un commentaire affirmant, je cite, que « Hollande pouvait afficher à son actif une bonne politique étrangère ».

 

Une bonne politique étrangère alors qu’il s’est aligné sur la politique nord-américaine sauf lorsque cette dernière n’a pas voulu bombarder Damas ?

Une bonne politique celle consistant à mener des opérations militaires au Mali pour laisser, après, ce pays sans perspective politique?

 

Une bonne politique celle de vendre des armes aux pires régimes du Moyen-Orient ?

 

Une bonne politique étrangère, celle de refuser le dialogue avec la Russie, d’insulter ce grand pays, de rompre des relations commerciales comme si une véritable politique étrangère (quelle que soit l’opinion sur le régime en place) ne passait pas irrémédiablement par le dialogue et la négociation ?

 

Une bonne politique celle qui appuie l’actuel gouvernement criminel et fascisant israélien responsable du martyr du peuple palestinien ?

 

Une bonne politique, celle du deux poids deux mesures, celle qui fait preuve d’une grande réserve concernant le respect des droits de l’homme dans certains pays ?

 

Tenez, la Turquie par exemple, avec actuellement des rafles monstres, des prisons pleines, des journaux interdits, des élus embastillés.  Quelques réactions discrètes du côté de l’Elysée  et une complicité côté cour. J’exagère ? Voici un exemple de la duplicité des gens qui nous gouvernement.

 

La chaîne de télévision kurde Med Nûçe vient d’être fermée par le dictateur Erdogan. Il a suffi au despote de demander à Eutelstat, qui gère le satellite Hotbir, d’éteindre la chaîne. Eutelsat a accepté. Et qui est Eutelsat ? Un fournisseur français. Et quel est le principal actionnaire ? La Caisse des dépôts. Et qui dirige la Caisse ? Pierre-René Lemas, ex-secrétaire général de François Hollande à l’Elysée. Pas un mot dans les médias, pas une réaction officielle. Tout a été mené dans le secret total comme des malfrats impliqués dans une sordide affaire.

 

Il n’y a pas de quoi être fiers. La France, autrefois référence en matière de liberté, de respect des droits de l’homme, des lumières, en a pris un sacré coup pendant les cinq ans de Hollande.

 

Je ne sais pas si nous laisserons la France, au printemps prochain, dans un état pareil à ces toilettes qu’il est d’usage de quitter dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles nous les avons trouvées en arrivant, mais en attendant je mise sur l’espoir et… l’écoute de HK et les Saltabanks et leur chanson «  Citoyens du monde ». Ecoutons

10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:30

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h15)

Un conseil. Si vous avez les moyens d’investir, de spéculer, de faire de l’argent, un marché fait un tabac actuellement dans le monde : le barbelé et tout ce qui sert à construire des murs, barrières, clôtures qui pullulent depuis quelques années sur notre planète. Vous doutez ? Le bilan provisoire dans ce secteur économique de pointe s’établit à 65 murs s’étalant sur des dizaines de milliers de kilomètres. Au top de cette industrie performante, Israël et ses presque 1000 kilomètres de mur de la honte enfermant le peuple palestinien.

Toutes ces fortifications signalent un même phénomène : une logique de fortification de la frontière. Alors que les « vieux murs » servaient à éviter que les conflits ne dégénèrent (Chypre, Inde / Pakistan, les deux Corées...), aujourd'hui, il s'agit de blinder la frontière, d'en faire une « sur-frontière ». Mais ces murs sont-ils efficaces ?

Selon la revue « les enjeux internationaux », les murs ne servent à rien car ils induisent des logiques de transgression. On a dénombré 150 tunnels sous la frontière mexicano-américaine. Les trafiquants contournent les murs et barrières par la mer avec des sous-marins ou par les airs avec des drones... Ces stratégies de contournement sont multiples, de plus en plus sophistiquées et dangereuses à mesure que les murs se renforcent.

Toujours selon la revue « les enjeux internationaux », les murs viennent fracturer une zone transfrontalière, donc déstructurer une économie locale.

Alors que les passages de frontières pouvaient être pendulaires, saisonniers, temporaires - on pouvait revenir en arrière, retourner dans son pays d'origine, ces murs empêchent paradoxalement ceux qui les ont franchis de ressortir du pays où ils sont indésirables.

Les murs « invitent les mafias à la table de la frontière ». On ne peut plus franchir un mur sans faire appel à des structures criminelles. Une situation plus grave que le problème originel est ainsi créée.

Jeune, je me souviens avoir entendu des tonnes de commentaires sur le mur de Berlin, particulièrement la déclaration du président des Etats-Unis de l’époque, John Fitzgerald Kennedy, qui avait déclaré « Ich bin ein Berliner », je suis un Berlinois. C’était le temps de la guerre froide et on s’émouvait il y a peu encore de ce « mur de la honte ». L’eau coule toujours sous les ponts de la Spree dans la capitale allemande mais les principaux chefs d’Etat ne déclarent surtout pas « nous sommes citoyens du monde ».

La France disposera bientôt de son mur. Un mur « anti immigrant » à Calais. Mais attention, il sera végétalisé. On n’arrête pas le progrès.

Pour terminer je vous propose d’écouter la chanson « Des ponts à la place des murs » interprétée par le groupe rap Cercle fermé.

4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 09:17

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h15)

Quel spectacle affligeant donne à voir cette droite extrême et cette extrême droite!

Avez-vous entendu Marion Maréchal le Pen, plus kapo que jamais, qualifier les réfugiés de « poussières » ?

Avez-vous entendu Copé, à la rage presqu’animale, faisant référence à la double facturation de la campagne de 2012, affirmer que Sarkozy se présentait à l’élection présidentielle « pour éviter les tribunaux » ?

Avez-vous entendu parler des « révélations » de Patrick Buisson, l’ancien directeur du journal fasciste « Minute », ex-éminence grise de Sarkozy pendant cinq ans et spécialiste des enregistrements clandestins, furieux d’avoir été balancé dans les oubliettes, déballer les dérives de son ancien patron. Avec en prime des gentillesses dispensées par l’agité de Neuilly sur ses proches notamment Christian Estrosi qui aurait « un petit pois à la place du cerveau ». Ce qui n’est pas faux.

Avez-vous entendu Sarkozy qualifier Juppé de « vieux », le maire de Bordeaux lui retournant son « inconsistance » et non comme j’ai lu quelque part son « incontinence ».

Avez-vous lu ou entendu le perfide Fillon, pourtant cinq ans Premier ministre, disqualifiant Sarkozy en rappelant ses « affaires judiciaires », Le Maire dit Bruno, oui le premier de la classe-lèche bottes, regrettant « les mauvaises idées » de son ancien leader ?

Cette droite est gangrenée, grave. J’en reste là ?

Non, parce que j’ai gardé une sucrerie. Elle porte un nom : Laurent Wauquiez. Lui, on pourrait le marier avec Marion le Pen tellement le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, président par intérim de l’UMP, pardon de LR ,maire et député, bonjour le cumul, fait dans le sordide.

Il refuse purement et simplement d’accueillir un seul réfugié dans sa région. Ce qui lui a valu une lettre du cinéaste et homme de culture Jacques Livchine. Je le cite :

« Je voudrais vous rappeler, écrit-il à Wauquiez, que le village du Chambon sur Lignon en Auvergne est le seul à avoir sa plaque de village des justes au mémorial Yad Vashem de Jerusalem. Je dois ma vie à ce village qui a accepté d’accueillir mes parents pourchassés par le nazisme et le pétainisme. Et vous, dont la mère Eliane est maire de ce village vous refusez d’accueillir dans votre immense Région, 1700 réfugiés ! A lui tout seul, le Chambon a accueilli 5000 réfugiés. J’avoue que je suis à ce point navré que le mot pour qualifier votre attitude est à inventer tant elle est empreinte d’inhumanité, d’égoïsme et de calcul électoral. Si la déchéance de nationalité existait, c’est à vous que je l’appliquerais. »

Laurent Wauquiez se distingue aussi par des petits arrangements avec l'histoire en réécrivant son parcours.

Lorsqu'il s'agit de parler de lui, le député de Haute-Loire aime mettre en valeur ses origines « modestes », le parcours d'un pur enfant du plateau de Chambon-sur-Lignon, alors qu'il a fait ses études à Paris, dans le prestigieux lycée Victor-Duruy.

Même déviation lorsque qu’il raconte qu'il est le fils d'un « employé de banque ». Son père, Philippe Wauquiez, en réalité, est l'un des dirigeants d'Indosuez. Et, grandiose, lorsqu’il raconte son histoire avec soeur Emmanuelle en Egypte. « Je m'étais engagé, disait-il, dans un quartier du Caire. Quand soeur Emmanuelle me voyait, elle me regardait droit dans les yeux et me disait: "Mon petit Laurent, qu'as tu fait de bon depuis que je t'ai vu ?" Le journal Le Monde et l’entourage de sœur Emmanuelle répliquent qu’il s’agit d’un mensonge.

Voilà un exemple type de la nouvelle génération de la droite française. Pas joli, joli, n’est-ce pas ?

Allez, une dernière pour la route. Celle-là, elle est racontée par un haut fonctionnaire de la préfecture de Haute Corse. Je le cite :

« Le jeune Wauquiez terminait son stage de jeune diplômé de l’ENA à la préfecture de Haute Corse. A la fin du stage, il nous invite deux chefs de service et moi dans un restaurant du marché de Bastia pour nous remercier de notre accueil. Nous en étions au café, lorsqu’il a pris l’addition et en a divisé le montant par quatre. »

On savait que les voyous et autres pilleurs de fonds publics embouteillent la droite. On sait désormais qu’au plus haut niveau, ils sont aussi radins, sauf quand ils tapent dans la caisse.

A propos de radinerie, je dédie à ce sinistre Wauquiez la chanson « Les radins » interprétée par Stéphane Richez. Ecoutons-le.

29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 18:26

Un article publié dans « Vie Nouvelle », le magazine des retraités CGT. Numéro du mois d’octobre.

700.000 manifestants en juillet. Plus d’un million le 21 août. Immenses manifestations à Santiago, Antofagasta, Valparaiso et dans de nombreuses villes du pays pour le retour au système public de retraite qui existait avant la dictature.

Le Chili n’avait pas connu de manifestations aussi importantes depuis les grands défilés étudiants de 2011. Cette fois ce sont les salariés et les retraités qui sont descendus dans les rues des principales villes chiliennes au beau milieu de l’hiver austral, pour dénoncer le système privé de retraite mis en place du temps de la dictature Pinochet. Plus d’un million de Chiliens, le 21 août, ont demandé la suppression des « AFP », les « Administratrices des Fonds de Pension ». Ce système, hérité de la dictature, fonctionne sur le principe de la capitalisation individuelle. Six grands fonds d'investissement gèrent ainsi les pensions des Chiliens.

« Quelque 90 % des retraités touchent moins de 156.000 pesos (215 euros) par mois, leur situation est très précaire », expliquait récemment aux « Echos » Recaredo Galvez, chercheur à la Fundación Sol, un institut d'études en sciences sociales. Les entreprises qui gèrent ces fonds font partie des plus riches du Chili, leur rentabilité atteignant en moyenne 26 % chaque année. Au total, les fonds de pension gèrent 150 milliards d'euros, ce qui représente 70 % du PIB du pays. « Il y a un ras-le-bol au sein de la population devant tant d'inégalités », poursuivait le chercheur.

Le mouvement social, qui a pris pour nom « No más AFP » (nous ne voulons plus des AFP), a été au départ assez peu relayé par la presse chilienne. C'est à travers les réseaux sociaux qu'il a gagné en ampleur, précise « Les Echos ».

Michelle Bachelet, la présidente chilienne a annoncé une réforme du système des « AFP ». « Tous les Chiliens méritent d'avoir une retraite qui leur permette de vivre dignement après des années de travail », a-t-elle déclaré. Le gouvernement propose de renforcer les aides de l'Etat aux retraités les plus pauvres, d'augmenter la cotisation des entreprises. La présidente souhaite également créer une « AFP » publique, « pour introduire davantage de concurrence et offrir une alternative aux travailleurs. ». Des mesures jugées comme « un pas en avant » par Luis Mesina, porte-parole du mouvement « No más AFP ». Ce leader syndicaliste, jusqu'ici inconnu du grand public, estime que « le gouvernement évite d'aborder nos principales revendications. Nous avions dit que nous ne voulions plus d'AFP, et on nous en propose une de plus. »

Alors que droite et patronat mènent une campagne sur le thème « changer le système des retraites serait une bombe atomique contre notre modèle économique et la paix sociale », des dirigeants syndicaux et politiques indiquent de leur côté que les premières mesures proposées par le gouvernement ne sont pas suffisantes mais pourraient être « une transition » avant une réforme de plus grande ampleur.

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