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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 18:54

Le sinistre Karadzic vient d'être condamné à 40 années de prison par le Tribunal International de La Haye pour la boucherie de Sarajevo. 40 ans pour plusieurs milliers de victimes. A ce compte là, à combien d'années devraient être condamnés les Bush père et fils pour leurs guerres en Irak?

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 08:21

Un article de mon copain Gérard le Puill

Loi El Khomri : Quand la rédaction du Point va au turbin, c’est pour le MEDEF qu’elle fait le tapin...

Les salariés, les retraités, les étudiants et les lycéens oseront-ils encore manifester le jeudi 24 mars s’ils prennent connaissance de la ringardise de leur combat contre le projet de loi El Khomri ? La question se pose quand on lit dans Le Point de la semaine dernière les propos de Franz-Olivier Giesbert et de Pierre-Antoine Delhommais, sur l’imbécilité, selon eux, des millions de gens qui s’opposent à ce texte que le gouvernement doit adopter jeudi. Analyse des raisons d’une haine de classe recuite.

Dans son éditorial Giesbert affirme que « la tragédie de la jeunesse, ce sont souvent les jeunes ». Surtout « quand ils se définissent comme une « génération sacrifiée » alors que, dans le même temps, ils font tout pour rester encloués dans chômage, comme l’a montré leur mobilisation contre la loi El Khomri, qui, dans sa version initiale, leur aurait donnée de l’air et du travail». Ben voyons !

Mais la charge la plus haineuse de l’éditorialiste du Point est pour la CGT et ses millions de militants qui depuis plus de 120 ans ont lutté pied à pied - et ont souvent été sanctionnés par la perte de leur emploi- pour avoir été au premier rang dans la défense l’emploi et les droits sociaux pour tous. Giesbert, une semaine après avoir insulté Philippe Martinez dans un précédent édito, dénonce cette fois « les oukases de la CGT, le syndicat le plus archaïque du monde, qu’il faudrait rebaptiser Confédération contre la généralisation du travail ».

Dans la même veine et dans le même journal, Pierre-Antoine Delhommais cible les étudiants en particulier et les Français en général. « Il est assez décourageant de voir tous ces étudiants pseudo-rebelles, en réalité ultraconservateurs, oser, avec une bonne dose d’indécence, prétendre manifester au nom de toute la jeunesse contre une réforme qui vise précisément à aider ceux qui n’ont pas la chance d’aller à l’université de trouver enfin du travail » écrit ce larbin du patronat titulaire d’une carte de presse.

Sa haine de classe ne s’arrêtant pas aux étudiants, tous les salariés de France sont visés par ses propos vindicatifs. Qu’on en juge : « Il est enfin et surtout totalement désespérant de lire ces sondages qui indiquent que les Français, tout en plaçant le chômage au premier rang de leurs préoccupations, se montrent aux deux tiers hostiles à une loi qui, pour la première fois, entend s’attaquer vraiment aux causes structurelles de ce chômage de masse qui frappe la France depuis des décennies comme aucun autre grand pays industrialisé » . Voilà pour l’affirmation, sans la moindre argumentation un tant soi peu crédible !

A lire la suite de cet article haineux, on se dit que William Martinet, président de l’UNEF devrait s’entourer de gardes du corps lors de la manifestation du 24 mars. Qu’on en juge : «Il est même carrément effrayant de constater qu’une majorité de Français apporte son soutien aux analyses, très faiblement éclairées du président de l’UNEF, William Martinet, titulaire à 27 ans d’une licence en biologie, porte-parole auto proclamé et auto-satisfait de la jeunesse en colère, mais qu’elle rejette les recommandations du Prix Nobel d’économie Jean Tirole ». Et de recommander au président de l’UNEF la lecture de Jean Tirole et de quelques autres auteurs comme Augustin Landier dont s’inspire Delhommais pour réciter son catéchisme aux lecteurs du Point.

Mais ce même Delhommais n’a pas du lire ce que disait Augustin Landier quand Le Monde du 17 mars dernier lui a posé la question suivante à propos de la réforme du code du travail : «Cette réforme n’était-elle pas destinée à inverser la courbe du chômage?». Réponse de Landier : « Il y a eu un malentendu. La principale vertu de ce texte, ce n’est pas de faire baisser le taux ce chômage global à court terme, mais d’augmenter la probabilité pour chacun d’obtenir en un temps raisonnable un emploi stable. Dans le contexte de croissance molle que nous connaissons, cela passe par la réduction des incertitudes des chefs d’entreprise en matière d’embauche. En effet, le taux de chômage en soi n’est pas un bon indicateur de la santé d’une économie. On peut avoir 10% de chômeurs si les gens, si les gens retrouvent un emploi en trois mois, il n’y a pas de sujet grave!».

Voilà qui mérite une petite analyse. Landier nous dit que la réforme ne fera pas tomber le taux de chômage sous les 10% mais que les gens retrouveront peut-être du boulot en 90 jours suite à un licenciement. Sachant que la durée moyenne de l’inscription d’un chômeur à Pôle emploi est actuellement de 590 jours, le temps que mettrait un travailleur licencié pour retrouver un nouvel emploi serait divisé par sept environ. À supposer que ce soit vrai alors que nous en resterions malgré tout à 10% de chômeurs de l‘aveu même de Landier, il faut en déduire que la loi El Khomri permettrait aussi de multiplier par sept le nombre de licenciements tous les mois.

On imagine alors comment se ferait le tri sélectif, si les parlementaires votaient cette réforme du Code du travail. La moindre baisse d’activité servirait de prétexte pour licencier des groupes de salariés. Les nouvelles embauches seraient ensuite soumise à un tri sélectif comme on trie les déchets qui vont au recyclage et ceux qui vont à la décharge. Les hommes et les femmes de plus de 50 ans usés sur des postes difficiles iraient à la décharge comme de vulgaires ordures. Les jeunes sans diplômes auraient encore autant de mal à trouver du travail dans la mesure les mieux formés seraient embauchés en priorité dans une réserve de travailleurs disponibles égale à 10% de la population active selon le raisonnement d’Augustin Landier.

Voilà la réalité du projet de loi que Hollande et Valls ont fait porter par Myriam El Khomri en tablant sur son inexpérience afin que l’Elysée et Matignon tirent les ficelles de la manipulation. Mais l’opposition au texte devient massive et intergénérationnelle. D’où cette rage haineuse à la rédaction du Point que l’on peut faire rimer ainsi :

Quand Giesbert et Delhommais vont au turbin, c’est pour servir le MEDEF qu’ils font le tapin. Décidément, nous valons mieux que ça !

Gérard Le Puill

Journaliste et auteur, collaborateur de Vie Nouvelle. Ouvrier d’usine de 1965 à 1983, délégué du personnel CGT pendant 16 années consécutives. Licencié pour fermeture d’usine et sans proposition de reclassement pour cause d’activité syndicale.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 16:52

Je rentre d’Espagne où l’Alliance française a bien voulu m’inviter pour deux conférences-présentation de mon livre « Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » (1). A Oviedo et à Llanes, les débats ont porté sur la liberté d’expression, le pluralisme et le terrorisme qui s’est abattu sur Paris au mois de novembre dernier. Un public attentif, de nombreuses personnalités locales rencontrées et une « couverture » médiatique radio et presse écrite au delà de toute espérance. Merci à tous pour leur accueil.

Nous venions à peine de franchir la frontière à Irun que la radio crachait l’annonce des ignobles attentats de Bruxelles. Ana, ma jeune guide-hôtesse de ces jours délicieux, dans le civil cantatrice de talent, femme espagnole jusqu’au bout de gentillesse, d’intelligence, de culture, d’humour et d’engagement social a repris sur Facebook une de mes phrases prononcées la veille : « les terroristes sont des monstres mais ce sont nos (l’occident) monstres. »

Je persiste et je signe : les guerres organisées par la famille Bush en Irak, celle du sinistre BHL reconverti en ministre de la guerre de Sarkozy en Libye, les aventures militaires occidentales menées ici et là, particulièrement en Syrie sous la houlette de Hollande, toutes menées au nom de la prétendue « démocratie » par les héritiers des croisés qui ont sali l’histoire lors des Croisades ou plus près de nous pendant les guerres coloniales, ont provoqué la totale déstabilisation du Moyen-Orient et alimenté l’irruption du fanatisme.

S’en tenir à la compassion ne suffit pas. Il faut désigner les véritables coupables : les gouvernants nord-américains et leurs fidèles caniches membres de l’Otan sont à l’origine de ce déferlement de violences, de peur et de haine.

Et puis voilà que sur mon ordinateur orphelin depuis quatre jours apparaissent des textes, des appels de communistes en errance à la recherche de signatures pour une pétition, celle voulant le retour au franc, celle plus « bolcho que moi tu meurs », celle affirmant que Mélenchon est « notre candidat », celle souhaitant un Front de gauche ragaillardi et cachant son candidat choisi, le précité. Ou encore celle qui veut et qui en même temps ne veut pas. Une série de calembredaines qui, si elles n’émanaient pas en partie d’anciens responsables du PCF ou de leurs porte-plumes à tout faire qu’on n’a pas connu aussi vifs du temps de la mutation-désagrégation de M. Hue alors qu’ils étaient aux affaires, ne pèseraient pour rien. La vision communiste ne se construit avec d’anciens membres de l’appareil. La nouvelle génération de militants et de dirigeants communistes peut s’appuyer sur l’expérience des plus anciens. S’appuyer, sans plus. Ce ne sont pas les anciens dirigeants qui feront l’histoire de demain. A eux de rester discrets et humbles, leur bilan ne relevant pas de l’exploit.

José Fort

  1. info.arcane17@orange.fr

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 07:50

A l’invitation de l’Alliance française, je signe mon livre « Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » ce soir à 19h à Oviedo, Auditorium Prince Felipe. Vendredi à 19h30, ce sera au centre culturel de Llanes.

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 13:59

Ce qui s'est passé hier soir à l'université Dauphine à Paris (manifestation grossière et violente des riches du coin contre l'installation d'habitations provisoires pour les SDF dans le 16e) montre la cruauté de ces nantis. Chez ces gens là, après la messe du dimanche, la haine de l'autre et du plus pauvre occupe toute la semaine. Cet événement confirme aussi autre chose: l'utilité des élus communistes comme ultime rempart face à l'injustice sociale. Souvenez-vous combien certains, notamment les mélenchonnistes, insultaient nos camarades parisiens lors des dernières municipales au nom de la "pureté révolutionnaire". L'action courageuse et déterminée de Ian Brossat pour construire des logements sociaux à Paris est un exemple dont nous pouvons être fiers.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 13:01

A Monsieur Barack H. Obama,

Président des États-Unis d’Amérique.

Reçois un fraternel salut de Paix et Justice.

Nous avons appris récemment que vous allez faire un voyage historique à Cuba et que bientôt vous viendrez en Argentine pour resserrer des liens étroits de coopération avec le gouvernement récemment élu.

Nous suivons attentivement les avancées positives qui, grâce à l’intervention du Pape François, ont permis d’ouvrir les portes à l’espérance et au dialogue entre le peuple de Cuba et celui des États-Unis.

Vous savez très bien qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour parvenir à la levée du blocus de Cuba et à la fermeture de la base militaire que votre pays maintient à Guantanamo où l’on viole les droits humains des prisonniers, sans jugement et sans qu’il leur soit possible d’accéder à la liberté. Nous savons que des progrès ont été faits, malgré la forte opposition que vous rencontrez dans le Congrès de votre pays.

Dans la lettre que vous m'avez envoyée l’an dernier, vous avez reconnu, à la différence de tous vos prédécesseurs, que votre pays viole les droits humains et vous avez fait mention de votre volonté “d’en terminer avec ce chapitre de l’histoire des États-Unis”.

Il est important que vous sachiez que vous ne viendrez pas en Argentine à n’importe quel moment. En1976, vous n'aviez que 14 ans et votre pays fêtait les deux siècles de son indépendance; c’est alors qu’a commencé chez nous la période la plus tragique de toute notre histoire avec l’instauration d’un terrorisme d’état qui a soumis notre peuple à la persécution, à la torture, à la mort et aux disparitions forcées en lui enlevant son droit à la liberté, à l’indépendance et à la souveraineté.

C’est en tant que survivant de cette période d’horreur que je vous écris car, comme beaucoup d’autres, nous avons tous été victimes de persécutions, et condamnés à la prison et aux tortures, alors que nous défendions les droits humains face aux dictatures latino-américaines qu’avait imposées la “Doctrine de la Sécurité Nationale” et “l’Opération Condor”, toutes deux organisées et financées sous la Coordination des États-Unis.

C’est pour cette lutte collective qu’on m’a attribué le Prix Nobel de la Paix que j’ai accepté au nom de tous les peuples d’Amérique Latine.

Tout ceci a eu lieu pendant que les États-Unis formaient les Forces Armées latino-américaines dans les “Écoles des Amériques” en leur enseignant les techniques de torture et de séquestration.

C’est alors qu’avec l’aide des élites locales, on pratiquait des politiques néo-libérales qui ont détruit les capacités productives du pays et ont imposé l’idée de la dette extérieure illégale et illégitime. Nous avons dénoncé cette façon d’agir tout en reconnaissant la solidarité du peuple des États-Unis et de quelques rares exceptions comme celle de l’ex-président Jimmy Carter et celle de Patricia Derian qui ont dénoncé cette façon d’agir de la dictature.

Vous viendrez dans mon pays juste pour “le Jour National de la Mémoire pour la Vérité et la Justice”, le jour même des 40 ans du début de la dernière dictature génocidaire en Argentine et de l’année des 200 ans de notre indépendance nationale. Vous ne pouvez certainement pas ignorer que votre pays a encore beaucoup de dettes envers le nôtre ainsi d’ailleurs qu’envers beaucoup d’autres.

Si votre intention est de venir ici pour reconnaître au nom des États-Unis d’Amérique que votre pays a été complice des coups d’état du passé et du présent dans la région et pour annoncer qu’il va signer et ratifier le “Statut de Rome” et se soumettre à “la Cour Pénale Internationale”, votre pays ne sera plus le dernier pays d’Amérique à ne pas avoir encore ratifié la “Convention Américaine des Droits Humains”.

Si vous nous annoncez que votre pays va fermer “l’Institut de Coopération pour la Sécurité Hémisphérique” (WHINSEC) et “l’Académie Internationale pour l’Accomplissement de la Loi” (ILEA), ces deux organismes imposés par l’École des Amériques, et si vous nous dites que vous allez fermer les bases militaires US en Amérique Latine, alors, vous serez toujours le bienvenu en Argentine le jour où vous viendrez.

Mais si vous venez avec l’intention de nous imposer les “Traités de Libre Commerce” pour défendre les privilèges des entreprises internationales qui dépouillent nos peuples ainsi que la Terre Mère, ou si vous venez pour avaliser les illégitimes réclamations des pays internationaux avec leurs “Fonds Vautour” ou “buitres” comme on les appelle ici, et qui prétendent nous spolier à travers la justice de ton pays. Ou si vous avez l’intention de nous recommander la recette désastreuse de l’intervention des Forces Armées dans les affaires de sécurité intérieure sous le prétexte de la lutte contre le narcotrafic, tout en réprimant les mouvements populaires. Si c’est le cas, je ne peux que vous rappeler les paroles du libérateur Simon Bolivar qui déjà nous alertait ainsi : “Les États-Unis paraissent destinés par la providence à infliger des misères à toute l’Amérique Latine au nom de la liberté”.

La puissance mondiale que vous représentez a toujours été et est encore derrière tous les essais de déstabilisation des gouvernements populaires de notre continent, particulièrement au Vénézuela, en Équateur, en Bolivie, au Honduras et dans bien d’autres pays. A 200 ans de notre indépendance, je dois vous dire que nous n’accepterons plus ni les anciens, ni les nouveaux colonialismes et que nous n’accepterons pas les nouveaux “Consensus de Washington” avec leurs réformes qui provoquent la faim et les exclusions.

Nous, les peuples latino-américains, avons déjà mis en déroute le projet impérial de l’ALCA et nous affronterons aussi tous les nouveaux essais de semblables impositions.

Si votre intention n’est pas d’annoncer des réparations, pour éviter de nouvelles souffrances, alors, malheureusement ta visite sera reçue par la plus grande partie du peuple argentin comme un geste de provocation contre un axe central de notre identité nationale : la défense des droits humains et des droits des peuples.

Nous avons pour beaucoup d’entre nous, fait très attention au communiqué officiel de ta visite qui annonce que vous viendrez reconnaitre les contributions de Mauricio Macri (le président de l’Argentine) à la défense des droits humains dans la région. La première fois que Macri a défendu publiquement les droits humains, c’était en se référant à un autre pays qu’il ne connaissait pas, il parlait alors d’une manipulation contre le Vénézuela qui banalisait les politiques des Droits Humains.

Nous espérons que cette précédente reconnaissance n’était pas une offensive déstabilisatrice de notre sœur la République Bolivarienne (proclamée par Chavez, l’ancien président du Vénézuela) .

Récemment le Vénézuela a approuvé la “Loi Spéciale pour Prévenir et Sanctionner la Torture et les autres Traitements Cruels, Inhumains ou Dégradants” en augmentant les peines de ceux qui appliquent ces pratiques.

En Argentine nous sommes préoccupés par le fait que dans la seule année 2014, nous avons eu 6 843 cas de tortures dans les prisons et que Macri, qui est actuellement notre président n’en a pas dit un seul mot. Ni avant, ni maintenant.

Les USA possèdent la plus grande quantité de prisonniers au monde (un prisonnier sur quatre est nord-américain) et de plus, ils ont des centres de détention et de torture dans bien d’autres pays comme l’a démontré l’information complète du “Programme de Détention et d’Interrogatoires de la CIA” du Congrès Nord-américain pour l’année 2014. Il est urgent pour nous de lutter contre ces pratiques dans le monde entier.

“La Paix est le fruit de la Justice” (c’est la devise du SERPAJ) et pour que cela devienne réalité, nous continuons tout au long de notre chemin, à nous engager auprès de ceux qui ont faim et soif de Justice pour garantir la pleine application des Droits des Personnes et des droits des Peuples, hier comme aujourd’hui. Ceci nous a permis en Argentine de juger et de faire condamner ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité

Pour cela, il est important que vous sachiez que tous les 24 mars,(date du début de la dictature) aucun président ni aucune personnalité ne peut représenter le peuple argentin qui avec toute sa diversité s’est toujours représenté lui-même à travers ses consignes et sa mobilisation pacifique dans toutes les rues et dans toutes les places du pays.

Comme l’a si bien fait remarquer le Pape François dans la “Rencontre des Mouvements Sociaux en Bolivie” : “Le futur de l’humanité n’est pas seulement entre les mains des grands dirigeants, des grandes puissances et des élites. Il est fondamentalement entre les mains des Peuples”.

Je vous réitère le salut de Paix et de Justice.

Adolfo Pérez Esquivel
Prix Nobel de la Paix
Service Paix et Justice (SERPAJ).

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:43

Quand je vois ce que je vois, je lis ce que lis, je me dis plus que jamais: ni primaires, ni Mélenchon, ni pétitions de la division. Un parti communiste ouvert, moderne, combatif travaillant avec toutes les forces honnêtes de progrès résolument opposées à l'ultra libéralisme.

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 16:45

Par Jean Ortiz

Nous n’allons pas bouder notre plaisir. Avec ou sans mea culpa de la part du sieur président Obama, la visite obamesque à Cuba, hier encore « Etat voyou », «portion de l’ empire du mal », « menace terroriste », île satanisée, constitue pour le petit POUCET une énorme victoire diplomatique et politique. D’autant plus, paraît-il, que « tout sera mis sur la table » à l’occasion du voyage en terre rouge. A n’en pas douter, le président finissant, n’ayant plus rien à perdre, profitera de cette opportunité historique... Il annoncera au monde entier la levée du blocus (promise du bout des lèvres en 2007), ce cordon sanitaire qui étouffe l’île depuis 55 ans (depuis les sanctions économiques de juillet 1960, l’opération Mangosta du bon président Kennedy en 1961, etc.). Ce reste de « guerre froide » a coûté plus de 100 milliards de dollars à l’économie cubaine. Au bas mot, le président Obama annoncera urbi et orbi, n’en doutons pas, la restitution à Cuba du territoire cubain de Guantanano, occupé par une base militaire exogène depuis plus d’un siècle. Le brave Obama présentera donc des excuses, au nom de Dieu et de tous ses prédécesseurs, pour tentative d’affamer un peuple afin de le mettre à genoux (crime contre l’humanité), pour violation de pays-domicile, propagation permanente de mensonges à l’égard d’un pays minuscule géographiquement, mais grand par sa dignité. Les Etats-Unis, eux, sont grands géographiquement, mais... Obama devra se souvenir de Bush fils qui, en octobre 2007, clamait, « vatenguerre » : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Ce que les impérialistes n’ont en réalité jamais pardonné à Cuba la rebelle, c’est son existence... Aujourd’hui les tartuffes se bousculent pour aller y « faire des affaires ». Le gouvernement cubain, averti, joue le jeu (à risques assumés), sans brader l’indépendance ni la souveraineté du pays.

Ce cher Barak nous réhabilitera aussi, en quelque sorte, nous les amis de Cuba qui en avons pris plein la figure depuis des décennies, pour défendre un « goulag tropical », une « dictature castriste », devenus aujourd’hui « l’endroit où il faut être vu ». Nous qui depuis 1959 répétons : Cuba n’est pas une situation virtuelle, ni un petit morceau de l’URSS qui s’obstine à survivre sous le soleil caribéen. Et il est impossible de comprendre sa révolution en contournant le contexte, le bras de fer historique entre La Havane et Washington (qui a toujours rêvé d’annexer Cuba).

La révolution cubaine, surdimensionnée internationalement par Fidel Castro, fruit d’une histoire autochtone, prolongement nécessaire des Guerres d’Indépendance, issue du nationalisme révolutionnaire, d’un processus endogène de libération nationale, n’a pas débarqué des cuirassés de l’Armée rouge. Peu de pays ont payé aussi cher leur liberté (trois Guerres d’Indépendance au 19ième siècle contre les Espagnols, une victoire frustrée), peu de pays ont résisté à 55 ans de siège, de déstabilisations multiples, de sabotages, d’attentats, d’étranglement renforcé par les lois Torricelli en 1992 et Helms-Burton en 1995.

Si les 21 et 22 mars 2016 « tout est mis sur la table » à La Havane, attention elle va craquer. Et à charge contre « l’empire ». Les Etats-Unis devront dédommager une révolution qui, à cause des ingérences et agressions innombrables, n’est sans doute pas tout à fait ce qu’elle aurait souhaité être. Elle a dû composer avec, et compter, sur l’Union Soviétique (« que nous avions déifiée » confia Fidel Castro en 1991 après la chute du Mur de Berlin) pour tenir et afficher un bilan social, éducatif, culturel... à faire pâlir les voleurs de peuples.

Aujourd’hui en crise sévère, la révolution cubaine, engagée dans un processus complexe, difficile, « d’actualisation du modèle », vit, dans un climat de tension sociale, le changement le plus important depuis 1959. Il faut remédier à une économie peu productive, un modèle trop centralisé, trop étatisé, inefficient, une crise de valeurs préoccupante, un égalitarisme excessif, le sous-développement comme forme d’insertion dans l’économie mondiale, des déformations structurelles dues en partie à l’ex-dépendance du « camp socialiste » (réserve sucrière, carence de démocratie...), un dynamisme et des contre-pouvoirs émoussés... Raul Castro et son équipe mettent en place une nouvelle donne économique , une désétatisation de secteurs non stratégiques, des mécanismes d’offre et de demande, stimulent l’initiative individuelle, privée, dans le cadre moins contraignant qu’hier d’une planification souhaitée plus participative, moins bureaucratique. Désormais chacun peut vendre (s’il en a un, une !) son appartement, sa voiture, créer sa petite entreprise, embaucher, les paysans reçoivent la terre en usufruit, vendent directement leur production...Le secteur d’Etat (la quasi totalité des salariés), a été ramené à des proportions plus raisonnables, sans « thérapie de choc ». Le salaires sont désormais calculés en fonction de la quantité et de la qualité de travail fourni... Près de la moitié de la population a accès au dollar, l’autre non... Cela créée des inégalités mal supportées dans une révolution égalitaire en diable, qui les avait bannies. Aux commandes depuis février 2008, le cadet des CASTRO œuvre à une réactivation politique et économique devenue absolument indispensable; elle passe par l’introduction de réformes structurelles, de mécanismes de marché (à surveiller, notamment par l’implication des travailleurs). Pas à pas, Raul Castro jette les bases d’un socialisme « non de marché », mais avec des mécanismes de marché ; il accélère la transition générationnelle (tardive) en cours.

Miguel Díaz Canel (55 ans), premier vice-Président, politique et expert, ancien dirigeant du parti en province (Holguin), ancien ministre de l’Enseignement supérieur, devrait prendre le relais pour deux mandats de cinq ans.

Les mêmes en « occident » qui hier critiquaient « l’immobilisme » castriste... et castrateur, se réjouissent aujourd’hui du « retour au capitalisme », souhaité par l’Europe et les Etats-Unis... mais les changements en cours ne sont pas tout à fait ceux que voudraient F.Hollande et B. Obama. Cuba « s’ouvre » parce qu’elle a besoin d’investissements étrangers, de capitaux, d’entreprises mixtes à capital extérieur (mais à participation majoritaire cubaine et qui embauchent aux conditions négociées avec Cuba), besoin d’accéder à des financements normaux de la part des pays et organismes financiers internationaux (le blocus les rend encore très limités et coûteux)

Comme le reconnaissait Hillary Clinton il y a deux ans environ : « la politique cubaine des Etats-Unis a échoué ». Seul 25% des Nord-Américains considèrent Cuba comme une menace ; la grande majorité souhaite que les familles séparées puissent se retrouver ; les jeunes, hostiles au blocus, veulent « voir Cuba », se bronzer au soleil, se doper à la musique... Dans ce contexte, contraint de lâcher du lest, de rétablir les relations diplomatiques, le président Obama a déclaré : si la politique de Washington a changé, l’objectif final reste le même : avaler, liquider, la révolution cubaine. Et le marché, le dollar, l’ « invasion » de touristes, les vols désormais quotidiens des compagnies aériennes « gringas » entre Cuba et quelques grandes villes nord-américaines, le concert des Stones à La Havane, l’apologie du consumérisme, lui paraissent plus efficaces que GI’s et Marines d’antan.

Le président Obama veut donner l’impression que le conflit cubain est réglé... alors que le blocus reste toujours en place... mais :« je n’y peux rien !!», « c’est la faute aux Républicains », « au congrès ». Eh camarade, tu es président ou débardeur aux halles ? Coquin va ! Pour aller bombarder des peuples tu as plus de pouvoirs ! L’heure est à se réjouir des reculs de « l’empire », tout en surveillant ses manœuvres, jamais gratuites. On connaît la fable du renard libre dans le poulailler libre.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 13:41

Donc, Barack Obama séjournera à Cuba le 21 et 22 mars. Les affirmations des officiels US selon lesquelles « tout sera mis sur la table » nous ont permis d’évoquer sur ce blog le blocus, Guantanamo, les tentatives d’assassinat contre Fidel Castro, le sort des prisonniers politique aux Etats-Unis et même le baseball. Barack Obama acceptera-t-il aussi d’évoquer les multiples actes de terrorisme contre Cuba inspirés, commandités et organisés depuis le sol nord-américain ?

Rappel.

L’universtaire et spécialiste de Cuba, Salim Lamrani a établi un bilan des activités terroristes à partir des documents officiels des États-Unis désormais déclassifiés. En voici quelques extraits.

« Entre octobre 1960 et avril 1961, la CIA a introduit à Cuba 75 tonnes d’explosifs lors de 30 missions aériennes clandestines, et 45 tonnes d’armes et d’explosifs lors de 31 infiltrations maritimes. La CIA a réalisé durant cette courte période de 7 mois 110 attentats à la dynamite, a placé 200 bombes, a fait dérailler 6 trains, a brûlé 150 usines et a déclenché 800 incendies dans des plantations.

Entre 1959 et 1997, les États-Unis ont réalisé 5780 actions terroristes contre Cuba. 804 sont des actes terroristes d’envergure, dont 78 bombardements provoquant des milliers de victimes.

Les attentats terroristes contre Cuba ont coûté la vie à 3478 Cubains et ont paralysé à vie 2099 personnes. Entre 1959 et 2003, il y a eu 61 détournements d’avions et de bateaux. Entre 1961 et 1996, 58 attaques à partir d’embarcations maritimes ont touché 67 objectifs économiques et la population.

La CIA a dirigé et soutenu 299 groupes paramilitaires constitués de 4000 individus. Ils sont responsables de 549 assassinats et ont fait des milliers de blessés.

En 1971, l’agression biologique a causé la destruction d’un demi million de porcs. En 1981, l’introduction de la dengue hémorragique a fait 344 203 victimes, 158 décès dont 101 enfants. Le 6 juillet 1982, 11 400 personnes ont été touchées en un seul jour.

La grande majorité de ces agressions étaient préparées en Floride par l’extrême droite d’origine cubaine organisée et financée par la CIA. »

Ces actes terroristes – d’autres plus récents ne figurent pas sur cette liste - vont-ils être enfin condamnés par le président des Etats-Unis ?

JF

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 18:08

Donc, le président des Etats-Unis séjournera à Cuba les 21 et 22 mars. On va "tout mettre sur la table" », affirme son secrétaire d’Etat. Parfait. Barack Obama pourra ainsi évoquer le sort des prisonniers politiques aux Etats-Unis, la restitution de Guantanamo, formuler des excuses pour les centaines de tentatives d’assassinat contre Fidel Castro, et surtout la levée du blocus économique. En passant, puisqu’il assistera à La Havane à un match de baseball entre les Tampa Bay Rays et l'équipe nationale de Cuba, il pourrait mettre fin aux discriminations frappant les joueurs cubains.

Rappel.

Le département du trésor des États-Unis interdit aux sportifs cubains de signer un contrat avec un club nord-américain s’il conserve sa résidence dans l’Ile et s’il ne rompt pas ses relations avec l’Institut des Sports de Cuba. Imaginez une même situation en France avec nos footballeurs évoluant à l’étranger.

Des joueurs de baseball cubains s’illustrent dans la ligue professionnelle du Japon. Ils perçoivent des salaires élevés, reversent un pourcentage à l’État cubain qui les a formés, ces fonds étant destinés aux écoles de sports.

Le système de recrutement des grandes ligues de baseball des Etats-Unis est organisé sur la base de trois groupes de joueurs.

Le premier est composé par les citoyens nord-américains évoluant au sein d’équipes universitaires dans le cadre d’un système de recrutement (Draft) et de rémunération établi par les clubs. Après quatre saisons, les joueurs peuvent se dégager du « draft » et évoluer librement, les meilleurs négociant des contrats parfois vertigineux.

Le second groupe rassemble des joueurs latino-américains formés dans des structures financées par les grands clubs US et répartis dans toute l’Amérique latine. Ils sont repérés encore enfants, les meilleurs rejoignant plus tard les équipes professionnelles des États- Unis.

Le troisième groupe concerne les joueurs cubains. Il leur est interdit, comme écrit plus haut, de jouer aux États-Unis s’ils résident à Cuba et s’ils maintiennent des liens avec le système sportif de l’Ile. Un mécanisme a été mis au point : le joueur quitte Cuba pour un autre pays sauf les États Unis et le Canada.

Installés en Haïti, en République Dominicaine ou au Mexique, des agents souvent liés à la mafia négocient au nom des joueurs avec les équipes US. Une fois le montant de la transaction fixé, il suffit de déterminer le bon moment pour organiser la "fuite vers la liberté" puis le transfert vers le club.

Les joueurs cubains candidats au départ ne fuient pas l’Ile. Ils courent après les dollars, en laissant un bon paquet aux intermédiaires. Quant aux clubs US, ils remportent le jack pot n’ayant pas dépensés un centime pour la formation assurée durant des années par l’Institut des Sports de Cuba.

Barack Obama et ses interlocuteurs cubains auront des thèmes bien plus importants que le baseball à discuter lors de leur rencontre. Mais après le match auquel assistera à La Havane le président des Etats-Unis, celui-ci pourrait annuler les restrictions visant les joueurs cubains découlant du blocus, éliminant ainsi les intermédiaires et permettant de négocier honnêtement ce qui revient aux uns et aux autres.

JF

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