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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 13:05

Je dois marcher à côté de mes pompes, peut-être. Ce qui se passe en Grèce et en Espagne me réjouit comme tous les gens de "gauche". Mais cette tendance à dire " nous sommes tous Siriza ou Podemos" me gêne pour deux raisons: les modèles c'est fini, et ne sommes nous pas capables, nous Français, d'inventer l'alternative à la crise, à l'austérité, au PS libéral, à la droite et son extrême fascisante?

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 09:56

Hollande se précipite en Arabie Saoudite où une femme vient d'être décapitée en public et un jeune homme condamné à 1000 coups de fouet pour délit d'expression, aucune réaction dans les médias et les officiels "je suis charlie". Mme Lagarde salue dans le roi Abdallah "un défenseur des droits de la femme", aucune réaction des "féministes" françaises et autres défenseurs des "droits de l'homme". Chez ces gens-là, l'indignation est sélective.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 13:46

Après avoir prononcé le mot « apartheid» pour qualifier la situation dans certains quartiers de France, les comparant de fait avec Soweto en Afrique du Sud, voici le Premier ministre Vals déclarer ce vendredi matin dans deux lycées de Seine-et-Marne :

« Les jeunes Français doivent s'habituer à vivre durablement avec la menace d'attentats» (…) «Votre génération, votre classe d'âge, doit s'habituer à vivre avec ce danger pendant un certain nombre d'années». Il n’a pas appelé à vivre ensemble dans la paix et le respect de l’autre. Il n’a pas souligné les causes réelles de la crise culturelle et sociale. Il n’a pas évoqué la liberté d’expression conquise de longue lutte par le peuple de France. Non, il a préféré annoncer des jours noirs aux jeunes de France. On fusillait pour moins que ça par temps de guerre.

José Fort

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 12:19

Nathalie Saint Criq sur France 2 a lancé un appel à "repérer tous ceux qui ne sont pas Charlie". Il s'agit ni plus ni moins que d'une invitation à la délation. Ainsi opéraient les fascistes, ainsi opèrent les régimes dictatoriaux. Il s'agit là d'une attitude punie par la loi et qui doit être appliquée avec la même vigueur que celle exercée ces derniers jours à l'encontre d'imbéciles dangereux se déchaînant sur internet. Une première mesure s'impose pour la direction de France 2: la mise à pied de cette journaliste qui confond l'information, le commentaire et les procès verbaux policiers.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 14:50

Je respecte toutes les religions. J’estime juste et nécessaire de protéger les lieux de cultes. Simplement, une question : comme je suis athée comme des millions d’autres Français, quelles mesures comptent prendre le gouvernement pour nous protéger des opiums des peuples ?

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 14:21

Nous irons marcher dimanche en souvenir de nos copains, nos camarades, pour défendre la République et la démocratie face aux assassins. Nous marcherons conscients que les géniteurs des monstres sont quelque part dans la foule et comptent nous duper en récupérant une immense douleur frappant chacun d'entre nous. Lorsque le temps de la réflexion viendra, il faudra dire toutes les vérités.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 15:29

Franchement, croyez-vous normal que télés et radios en boucle donnent des informations sur la préparation matérielle (notamment à Vincennes) des forces de police pour une intervention éventuelle? Est-ce normal que policiers et "experts" s'installent sur les plateaux pour dispenser des détails sur les méthodes employées contre les preneurs d'otages? Est-ce cela la liberté d'expression? Pour éviter d'autres morts le gouvernement ne devrait-il pas demander le silence total sur les deux opérations en cours privant ainsi les criminels des informations qu'ils suivent eux aussi sur leurs postes."

José Fort

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:01

Après le massacre, l’émotion est immense. A un point tel que le tapis rouge est dressé pour les hypocrites de tous poils. Quelques exemples ? Cohn-Bendit s’insurge contre le coup porté "au droit à la critique » alors qu’en 2012 il qualifiait Charb et ses copains de « cons » et de « masos". Le Journal du Dimanche « pleure » Wolinski alors que ce même hebdomadaire a licencié Georges il y a près de deux mois. Philippe Val pleurniche à la télé et sur France Inter alors que ses relations avec l’équipe de Charlie étaient exécrables. Les radios et télés citent abondamment ce matin tous les titres de la presse quotidienne et du bout des lèvres "l’Humanité » alors que c’est dans ce journal que Charb, Luz, Tignous et quelques autres publiaient régulièrement. L’émotion ne doit pas cacher une triste réalité : les hypocrites sont de sortie.

José Fort

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:00

Un article publié dans l'Humanité Dimanche

« Et si on allait déjeuner ? ». Wolinski, en pleine promotion d’un livre et d’une expo (1), n’en peut plus des interviews, des radios, des télés, des magazines. Il ne crache pas dans la soupe (faut bien vivre) mais un type de « l’Huma » qu’il connaît depuis trente ans ne va pas lui faire le coup : « Alors M. Wolinski, vous aimez toujours les femmes, alors M. Wolinski, vous êtes de droite, de gauche, du centre. C’est quoi l’humour, vous vieillissez comment… ?» Georges invite.

Généralement, c’est le mec ou la fille de la télé, du journal qui règle la note pour passer une heure avec l’artiste. Georges sort sa carte bleue et file quelques dessins à son pote de "l'Humanité". « Faut aider les pauvres », rigole-t-il. Bref, si on déjeunait.

« Mon gendre m’a conseillé un restaurant original. Je ne me souviens pas de l’adresse ». Nous voilà mal parti sauf que Georges sort son téléphone portable et active le numéro de son gendre. Depuis le désert éthiopien, le compagnon de sa fille, gentil garçon en plein raid, glisse: « rue de Belleville au numéro… » Sympa, le gendre.

Nous voilà démarrant le déjeuner avec celui qui écrit dans son bouquin « un humoriste, c’est quelqu’un qui, après avoir bien réfléchi, s’arrête de réfléchir », qui affirme que « la justesse du trait est le fruit d’un long travail et d’une longue maturité, comme l’écriture » et qui « à cinquante ans a décidé d’arrêter de vieillir ».

Dans son bouquin, Wolinski publie de nombreux dessins. Certains sont connus, d’autres moins. Le plus est dans le texte. Georges, cette fois, se raconte : sa jeunesse, ses amis, ses amours, ses copains (les vrais), ses voyages, sa femme, Hara-Kiri, Charly mensuel, ses ronchonnements, ses émotions… ses adieux. Comme un testament. Il en rajoute le Georges au moment où se tient à la bibliothèque nationale de France (BnF) et jusqu’au 2 septembre une rétrospective de son œuvre à travers, précise l’organisateur, « un choix de plusieurs centaines de pièces, l’occasion de parcourir 50 ans de carrière d’un artiste réputé pour son humour tendre et provocateur ». L’auteur aurait pu ajouter (mais le connaît-il suffisamment ?) un artiste d’une sensibilité extrême, d’une générosité discrète, d’un humoriste à la pensée aigue, dessinant les femmes qu’il ne se contente pas d’aimer mais dont il défend bec et ongles tous les droits restant à conquérir.

Un peu cabot, quand même, le Georges. Près de notre table une jeune femme lui adresse un grand sourire. « Je suis une de vos fidèles », lui lance-t-elle, avant d’obtenir un autographe ciblé et quelques amabilités. « T’es célèbre », lui dis-je. « Quelqu’un de connu », réplique-t-il, « c’est quelqu’un dont on remarque la présence, quelqu’un de célèbre, c’est quelqu’un dont on remarque l’absence. » Fermez le ban.

Wolinski vient de loin. Fils de juif tunisien. Rapatrié vers le Nord froid et gris au moment de la décolonisation. Service militaire à Reggane, le centre d’essai de la bombe atomique française. Il aurait pu succéder à son beau-père et à sa boutique celui que son instituteur notait « d’intelligence moyenne mais d’un esprit vif » et qui rêvait de devenir « architecte ou médecin de marine. » Il a suivi – heureusement – un autre chemin. Après deux ans aux Beaux Arts et alors que Cavana affirme que « Wolinski, on croit que tu es con, parce que tu fais le con, mais c’est faux : tu es vraiment con», Wolinski décoré par Chirac de la Légion d’honneur laisse passer son regard sur les évolutions de la société. Dans son bouquin, il y a les pensées du « maître », comme le qualifiait Sarkozy un jour de remise de médailles ajoutant doucement à son oreille : « C’est mieux maintenant, n’est-ce pas ? »

Cet été, on peut lire et redécouvrir Wolinski. « Jeune, j’aimais dessiner. Je ne savais pas que c’était un métier. »

José Fort

(1) Le pire a de l’avenir. Editions Cherche Midi.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 16:10

Mais que nous fait-il Georges? Une petite déprime, un moment de nostalgie ? Voilà qu’en refermant son dernier ouvrage « Pitié pour Wolinski » (1) on verserait presqu’une larme. Le petit juif de Tunis raconte sa jeunesse, sa famille, ses amours, ses drames, ses copains avec sa patte talentueuse de dessinateur et son humour décapant. Mais il prévient ses juges : « Je préfère mourir idiot que mourir odieux » réplique-t-il dans une bulle destinée à son éditeur qui lui demande « moins de cul » et plus « d’insultant, d’obscène, de méchant, de cruel, de malsain… »

Wolinski met en scène sa vie familiale, amoureuse (ses parents, sa première femme disparue dans un accident, Maryse sa compagne dont il reste follement amoureux) son parcours professionnel. Avec, comme à son habitude, des seins nus et des scènes cocasses. Il y a aussi une certaine tristesse lorsqu’il fait dire à son héros – lui même à vingt ans - : « Je n’aime pas cette époque, son indécence, son immoralité, sa littérature écrite à la va vite, l’escroquerie de l’art contemporain, les chansons sans romantisme, le rire sans humour. »

Ses vieux copains de Hara-Kiri, Cavanna, Cabu et les disparus Reiser et Choron en prennent une louche, toujours avec une forte amitié et une complicité sans faille. Quant aux lecteurs de « l’Humanité », ils en sauront un peu plus sur son entrée au journal (1976) et les réactions qu’elle a suscitées puis son départ vers d’autres aventures. « Es-tu libre de faire ce que tu veux chez les cocos » lui demande un de ses interlocuteurs. « Je t’assure on ne me censure jamais », répond Wolinski qui s’attire cette réplique : « Alors, ils sont plus malins que je le pensais ces fumiers ! »

Georges Wolinski n’a jamais été communiste et encore moins membre du PCF. Cet homme que j’ai approché lors de voyages ou au cours de dîners est un humaniste, un révolté par toutes les injustices d’où qu’elles viennent. On connaît son talent (un jour ouvrira-t-il son atelier secret et ses toiles?), on connaît moins sa sensibilité, son sens de l’écoute, sa générosité. Deux personnages à « l’Humanité » l’ont marqué à jamais : René Andrieu et Roland Leroy à qui il voue une grande amitié. D’autres n’auraient certainement pas convaincu l’ami Georges de dessiner à la « une » de « l’Huma ».

Il ne loupe aucune fête du journal, hier à la Courneuve, aujourd’hui au Bourget. Pour une simple raison : « J’y suis chez moi et je rencontre de vrais gens, des gens qui ne trichent pas. »

Wolinski est un type bien. Plongez-vous dans son dernier ouvrage. Pour rire, bien entendu. Mais pas seulement : découvrez l’autre facette du personnage, celle d’une célébrité qui a su rester un honnête homme et qui en rigole encore et encore.

José Fort

Un article publié dans "l'Humanité" du 23/2/2010


Mais que nous fait-il Georges? Une petite déprime, un moment de nostalgie ? Voilà qu’en refermant son dernier ouvrage « Pitié pour Wolinski » (1) on verserait presqu’une larme. Le petit juif de Tunis raconte sa jeunesse, sa famille, ses amours, ses drames, ses copains avec sa patte talentueuse de dessinateur et son humour décapant. Mais il prévient ses juges : « Je préfère mourir idiot que mourir odieux » réplique-t-il dans une bulle destinée à son éditeur qui lui demande « moins de cul » et plus « d’insultant, d’obscène, de méchant, de cruel, de malsain… »

Wolinski met en scène sa vie familiale, amoureuse (ses parents, sa première femme disparue dans un accident, Maryse sa compagne dont il reste follement amoureux) son parcours professionnel. Avec, comme à son habitude, des seins nus et des scènes cocasses. Il y a aussi une certaine tristesse lorsqu’il fait dire à son héros – lui même à vingt ans - : « Je n’aime pas cette époque, son indécence, son immoralité, sa littérature écrite à la va vite, l’escroquerie de l’art contemporain, les chansons sans romantisme, le rire sans humour. »

Ses vieux copains de Hara-Kiri, Cavanna, Cabu et les disparus Reiser et Choron en prennent une louche, toujours avec une forte amitié et une complicité sans faille. Quant aux lecteurs de « l’Humanité », ils en sauront un peu plus sur son entrée au journal (1976) et les réactions qu’elle a suscitées puis son départ vers d’autres aventures. « Es-tu libre de faire ce que tu veux chez les cocos » lui demande un de ses interlocuteurs. « Je t’assure on ne me censure jamais », répond Wolinski qui s’attire cette réplique : « Alors, ils sont plus malins que je le pensais ces fumiers ! »

Georges Wolinski n’a jamais été communiste et encore moins membre du PCF. Cet homme que j’ai approché lors de voyages ou au cours de dîners est un humaniste, un révolté par toutes les injustices d’où qu’elles viennent. On connaît son talent (un jour ouvrira-t-il son atelier secret et ses toiles?), on connaît moins sa sensibilité, son sens de l’écoute, sa générosité. Deux personnages à « l’Humanité » l’ont marqué à jamais : René Andrieu et Roland Leroy à qui il voue une grande amitié. D’autres n’auraient certainement pas convaincu l’ami Georges de dessiner à la « une » de « l’Huma ».

Il ne loupe aucune fête du journal, hier à la Courneuve, aujourd’hui au Bourget. Pour une simple raison : « J’y suis chez moi et je rencontre de vrais gens, des gens qui ne trichent pas. »

Wolinski est un type bien. Plongez-vous dans son dernier ouvrage. Pour rire, bien entendu. Mais pas seulement : découvrez l’autre facette du personnage, celle d’une célébrité qui a su rester un honnête homme et qui en rigole encore et encore.

José Fort

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